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550] Carla Bruni ne va pas déloger Bernadette Chirac

Publié le 22 septembre 2008 par Florine

CHRONIQUE DE STEPHANE BERN

Carla Bruni ne va pas déloger Bernadette Chirac

Il y a sans doute une part de malice à la direction de la Fondation Claude Pompidou (dont Bernadette Chirac est la présidente depuis le décès de sa fondatrice en 2007) lorsqu’il s’agit de choisir le film qui sera projeté en avant-première de la soirée de gala.


Il y a sans doute une part de malice à la direction de la Fondation Claude Pompidou (dont Bernadette Chirac est la présidente depuis le décès de sa fondatrice en 2007) lorsqu’il s’agit de choisir le film qui sera projeté en avant-première de la soirée de gala au cinéma UGC Normandie, sur les Champs-Elysées. Pour un public ô combien gâté, composé de personnalités du Tout-Paris mondain et du gratin des affaires, de la politique et de l’aristocratie, les organisateurs se doivent d’avoir la main heureuse, au risque d’un télescopage saisissant. Mercredi dernier, ces généreux donateurs ne furent pas déçus du voyage dans le temps qui leur était proposé grâce au nouveau film de Christophe Barratier, Faubourg 36 , ou l’histoire d’un music-hall sous le Front Populaire.

Hormis le tapis rouge et les photographes cravatés, le cordon de forces de l’ordre retenant une marée populaire laissait deviner une manifestation. Ni occupation d’usine, ni grève revendicative, juste une manifestation… mondaine. Pas de quoi effrayer l’ancien patron des patrons, le baron Ernest-Antoine Seillière, qui s’est remis depuis longtemps des notions désormais sacrées de «congés payés» ou «Accords de Grenelle». En voyant arriver l’équipe du film, dont certains arborent encore une moustache frémissante qui fleure bon ces années trente, on se surprenait à espérer la présence de Léon Blum et de ses ministres Daladier, Zay, Salengro, Auriol ou Chautemps, même si les flashes crépitaient de plaisir autour de Bernadette Chirac recevant les hommages de la ministre de la Culture, Christine Albanel, de celle de la Santé, Roselyne Bachelot, et du ministre du budget, Eric Woerth.

Le temps est comme suspendu: Bernadette Chirac préside chaque année le gala et la nouvelle locataire de l’Elysée, Carla, ne semble guère pressée de la déloger, ayant déclaré récemment à la télévision «que le soir, elle restait avec son mari». Commentaire de l’indétrônable ex-Première Dame: «c’est normal, c’est un couple de jeunes mariés». Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a tenu pourtant à adresser un message de soutien à la Fondation qui aide les malades, les personnes âgées et handicapées. Aussitôt après, les acteurs se taillent un tonnerre d’applaudissements: Gérard Jugnot, Clovis Cornillac, Kad Mérad et l’étonnante Nora Arnezeder.

Les spectateurs ont apporté des mouchoirs: Les Choristes ont laissé des traces dans les cœurs. Les capitalistes les plus emblématiques comme Alain Minc, Liliane Bettencourt, Maryvonne Pinault, Antoine Arnault, Michel David-Weill ou Laurent Dassault reniflent discrètement pendant la projection. L’impératrice Farah Pahlavi, accompagnée de sa belle-fille Yasmine, pactise avec les «camarades» acteurs tandis qu’une infime partie de la salle se pince le nez: auraient-ils confondu le Faubourg 36 avec l’aristocratique faubourg Saint-Germain? Par chance, tout s’achève par une fraternisation sociale autour du souper fin dans les salons du Four Seasons George V. En France, les revendications achoppent à l’heure de la soupe… toujours populaire.

source : www.tdg.ch du 23.09.08

Par Stéphane Bern




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