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Il existe au dessus de Menton

Publié le 06 septembre 2008 par Unepageparjour

Il existe au dessus de Menton un tout petit village médiéval, caché dans les hauteurs des montagnes, si bien caché que les pirates sarrasins qui longeaient les côtes ne pouvaient le voir.

Depuis plus de mille ans, ce sont ces mêmes pierres qui s’offrent aux sandales des visiteurs. On sent les siècles qui murmurent au travers des ruelles. Grandiose et intime, en même temps. Au dessus du village, quelques vestiges d’un vieux fort monte encore la garde, démonté pierre par pierre par les habitants, quand la menace sarrasine s’est fait plus douce, pour construire les maisons du contrebas.

Le bleu de la méditerranée brille huit cent mètres plus bas, mais ici, c’est le jeu de la brume et du soleil, qui courent comme des enfants entre les montagne, s’affrontant sans cesse en partie délurée.

Lorsque je montai la petite allée qui mène au cimetière, la brume, sans doute, avait gagnée, et se reposait, amenant soudain une grande fraîcheur. Je sentis qu’on m’appelait. Pourtant je n’entendais rien. Plutôt une intuition, un sentiment, quelque chose d’un peu vague qui toquait doucement à la porte de mon cœur. Je me retournais, sans vraiment savoir de quel côté regarder. Mais il n’y avait personne. Des couples et des familles grimpaient plus haut, vers les ruines du château, mais j’étais seul, dans cette petite allée d’où s’envolent les âmes.

Un frisson. La brume, ou l’étonnement. Je repris quelque pas. Mais je m’arrêtai encore. Non, pas de doute, on m’appelait, on voulait me dire quelque chose. Alors je me retournai vraiment, faisant face au chemin que je venais de parcourir.

Je ne le vis pas tout de suite. Un papillon virevoltait vers moi. Un grand papillon aux ailes brunes, comme nous n’en voyons plus depuis des siècles dans nos villes surpeuplées. Il vint vers moi et se posa sur ma poitrine. C’était lui, c’était lui qui m’appelait. Bizarre d’en être aussi sûr, mais je le comprenais. Ce n’était pas des phrases, pas des mots sonnant dans ma tête. Non, un autre style de communication. Impossible à décrire. Comme un sentiment fugace. Quelque chose de simple et de léger.


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