Magazine Moyen Orient

A la frontière syrienne…

Publié le 24 septembre 2008 par Tanialoue

Je suis allée en Syrie il y a quelques jours de ça (une des explications de mon absence prolongée). Que dire de la Syrie ?? J’ai beaucoup aimé. Mais avant d’arriver, il a fallu passer la douane et obtenir un visa… nous n’avons plus ce genre de problème en France avec les pays voisins et il est vrai que l’on s’habitue très vite à ce petit confort.Alors me voilà à la gare routière de Beyrouth, Charles Helou. Là, on me saute dessus :  « souria » (Syrie) « Na’am » (oui). C’est alors que deux gars se disputent ma petite valise rouge, celui qui l’a, à gagner le droit de m’emmener !! Et oui, que voulez-vous, on se dispute pour m’avoir  ici !! hahahaha.. Trêve de plaisanterie. Donc me voilà assise à l’arrière d’une voiture blanche avec des sièges très rebondis, couleur bleu vieilli. Ma petite valise rouge est dans le coffre qui ne ferme même pas!! Mais l’on m’assure que tout ira bien.

J’attends. Nous devons être cinq pour partir (trois à l’arrière, et deux sur le siège avant, si si). Je suis la première. Au bout de 15 minutes, un père et sa fille me rejoignent. Quinze minutes plus tard, un autre libanais se joint à nous. « Cham Cham Cham », ne cesse de crier le chauffeur. Il essaie de racoler une cinquième personne. Au bout de 10 minutes d’attente (depuis l’arrivée du dernier) nous décidons de se partager la part de l’occupant manquant. Et zou, direction la Syrie.

Ma fenêtre est grande ouverte, le taxi traverse la plaine de la Bekaa à toute allure. Le vent  me fouette le visage, pendant que les paysages défilent sous mes yeux que je peux difficilement garder ouverts. J’ai l’impression que mes lunettes de soleil vont se briser. Je souhaite remonter un peu la vitre, mais elle est bloquée. Tant pis. Je reste comme ça. En moins de deux heures nous arrivons au poste frontière libanais. Il me faut une extension de visa pour pouvoir sortir du territoire. Allons bon, je fais comment moi. Le monsieur du guichet m’envoie dans un autre bâtiment. Là, des guichets et des bureaux partout. Mais où dois-je aller ? La taxi va-t-il m’attendre ? J’espère qu’ils laisseront au moins ma valise ! C’est alors que je vois le chauffeur arriver. « Que fais-tu ? » me crie-t-il en arabe. Aïe, comment je vais lui expliquer. Pouf pouf deux-trois mots, des explications à l’aide de mes petites mimines… et il comprend. Je pense surtout qu’il est habitué aux étrangers. Et le voilà, qui me dit : suis moi !

Et c’est parti ! Un premier bureau où je croise un premier général ou commandant (je suis désolée, je ne connais pas les dénominations des militaires). Puis un deuxième bureau, où un autre monsieur en treillis me demande des photocopies de mon passeport. Mais où trouver une photocopieuse ? Heureusement, super chauffeur de taxi est là. Et hop, on sort du bâtiment, direction un troisième immeuble. La photocopie est faite en deux minutes. Nous retournons voir le deuxième militaire, qui me fait mon extension de visa. Hop, retour au premier bureau, du premier bâtiment. Faire la queue ? Mon chauffeur de taxi est syrien, il ne sait pas faire la queue. Il se met à côté des gens (des Jordaniens) qui font faire leur papier, me crie dessus parce que je me mets derrière les cinq personnes qui attendent devant moi. Me prend mon passeport. Le passe par-dessus la vitre. Le donne à un autre monsieur que celui qui est assis. En deux minutes chrono, je suis dans le taxi… direction la Syrie.

Avant d’arriver au poste frontière syrien, il faut bien rouler pendant 15  minutes. Le paysage est désertique. Au milieu de cette route située nulle part (ben oui, ni au Liban, ni en Syrie), un magasin Duty free. Le chauffeur s’arrête, descend et va acheter… de l’eau. Il revient avec un caddie remplie de bouteilles d’eau. Mais où va-t-il les mettre ? Pas de problème. Tiens ma petite, tu en garderas deux. Et puis vous, monsieur, devant, vous aurez deux packs de six à vos pieds. Le coffre ne fermait déjà pas, ce n’est pas grave, il fermera encore moins avec les cinq ou six packs de six que je vais mettre sur vos valises!

Une fois la voiture pleine à craquer, nous reprenons notre route. Le passage de la frontière syrienne a été plus simple, en même temps, le chauffeur et les passagers ont tout fait avec moi. Donc il est vrai que c’était plus simple. Un premier guichet où monsieur le chauffeur a grillé la priorité à tout le monde. Un deuxième guichet pour payer le visa. Et retour au premier guichet où on regrille la priorité (on n’est plus à une fois près maintenant).

Une fois arrivée à Damas, ils m’ont mis dans un taxi avec toutes les consignes possibles et imaginables. C’est alors que je réalise que j’ai faim et soif. Le soleil est encore bien présent. Il est 16h… encore 3 heures, je me dis. Et oui, c’est le ramadan. Je regarde par la fenêtre, nous entrons dans Damas. Puis, le chauffeur de taxi me demande si « j’en veux ». Mais de quoi me parle-t-il ? Je me retourne : il me tend des Pringles ! Des jaunes en plus, j’adore ! Je le regarde et je dis non par politesse : je ne voulais pas manger devant lui. Par respect. C’est alors qu’il se sert, enfourne trois biscuits salés dans sa bouche et me redemande la bouche pleine si j’en veux. Surprise, mais en même temps soulagée de voir que même en plein jour je vais pouvoir manger, je lui demande si ce n’est pas le ramadan. Il rigole et me répond : « pas de ramadan pour les chauffeurs de taxi », et me tend le paquet de Pringles. J’en prends deux avant de descendre et de rejoindre mon hôtel…

A suivre…


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