Magazine Politique

Taupe or not taupe ?

Publié le 25 septembre 2008 par Alain Hubler

Taupe or not taupe ?Je m'étais déjà exprimé sur un problème de temps à propos d'un article de 24 Heures, mais voilà-t-y pas que je dois à nouveau pianoter sur mon ordinateur pour signaler une "vérité vraie" qui se transforme petit à petit en suspicion de paranoïa.

Précisons un peu.

Hier, le quotidien vaudois affichait sur sa première page le gros titre suivant : " L'espionne de Securitas infiltrait les animalistes ".

À la lecture de ce titre, on se disait que ça y est, c'est sûr, voilà un nouveau cas d'infiltration. Si on en avait le temps et l'envie, on se rendait à la page 21 de La Julie et, là, on lisait un nouveau titre : " Les animalistes affirment avoir été infiltrés par la taupe de Securitas ".

Tiens, tout à coup le canard se fait un peu plus prudent. L'infiltration n'est plus avérée, elle est juste affirmée par les infiltrés.

Rien de tel pour exciter la curiosité, entamer et poursuivre la lecture de l' article jusqu'au bout.

À la lecture du chapeau de l'article, signé Mehdi Atmani, la nouvelle affaire d'infiltration - voir aussi la manchette - devient conditionnelle et virtuelle dans le sens informatique du terme : " Shanti Muller, la taupe mandatée par Securitas, aurait infiltré virtuellement, [...]"

La suite de l'article nous apprend que la taupe de la société de sécurité aurait agit essentiellement en participant à des forums de discussion sur internet, mais qu'elle a tout de même fait une apparition physique lors d'une manifestation des spécistes antispécistes (erreur stupide corrigée après coup) devant l'entreprise Serono.

L'article se termine sur le fait que le mouvement LausAnimaliste ne va pas porter plainte et sur l'interrogation suivante : " cas avéré d'espionnage ou paranoïa ? "

Personnellement, je n'ai pas la moindre idée de la réponse à la question que pose le journaliste. Par contre la différence de ton entre la manchette où le titre de la une, dans lesquels la nouvelle affaire d'espionnage est affirmée, et l'article, dans lequel le journaliste est beaucoup plus prudent voir même dubitatif sur la réalité de l'infiltration, me laisse songeur.

Passer de l'affirmation d'un nouveau cas d'espionnage à la suspicion de paranoïa constitue un grand-écart à la limite de la déontologie qui prévoit le respect du lecteur. Un lecteur bien malmené qui, de la manchette et de la une à la conclusion de l'article, passe de la certitude au doute le plus total.

Une question se pose : comment une telle incohérence entre les gros titres et le corps de l'article est-elle possible ?

C'est très simple : ce ne sont pas les journalistes rédacteurs des articles qui choisissent les placards et la titraille. Un peu comme ce ne sont pas les ingénieurs développant son moteur qui choisissent comment une voiture sera présentée dans un salon automobile.

Les conséquences sont évidentes : les unes et les manchettes ne sont pas toujours en adéquation avec le contenu des articles auxquels elles font référence. La raison à cela est toute simple : le placard et la une sont là pour faire vendre, pas pour informer.

Mais quand même, un petit point d'interrogation ne coûte rien :

" Une espionne chez les amis des animaux ? " Ça va aussi, non ?


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Alain Hubler 199 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines