Magazine Moyen Orient

La Mosquée des Omeyyades

Publié le 01 octobre 2008 par Tanialoue

Suite et fin de mon périple syrien. Et oui, toutes bonnes choses ont une fin !Après m’être totalement perdue la veille au soir dans le vieux Damas. Je décide d’y aller la journée, et je constate avec un plaisir, pas très dissimulé (grand sourire scotché au visage) que je suis une vraie pro des ruelles damascènes. La raison de mon enthousiasme ? Je voulais retourner acheter des tissus aux vendeurs qui m’ont proposer l’iftar la veille et je ne me suis pas perdue. Toujours est-il que me voilà dans le magasin à devoir choisir entre je ne sais combien de colories toutes plus jolies les unes que les autres. Une fois mon choix de fait, arrivent les négociations du prix. Et là, ce n’est pas gagné ! Je ne suis pas très douée. Avant de partir un ami m’avait donné un conseil : le prix qu’ils vont te proposer et toujours beaucoup mais alors beaucoup trop élevé. Tu lui fais comprendre que ça ne te convient pas et que tu veux qu’il descende le prix. Il va descendre et tu ne réagis pas, puis viendra le moment où il va te demander ton prix. Dis un truc assez bas, mais qui reste quand même correct (reste à savoir ce qu’est le correct). Il va te dire non, puis tu t’en vas. C’est alors qu’il va te rattraper dans la rue, et te proposer juste au dessus de ce que tu as dit, rendez-vous au milieu ! Dis comme ça, cela ne m’avez pas l’air très compliqué. Simplement, moi, je ne connais pas les prix damascènes. Et quand il m’a annoncé 1500 livres syriennes (environ 30 dollars) pour un dessus de lit, je me disais déjà que ce n’était pas très cher, alors comme faire descendre ?? Et comme je ne voulais pas avoir l’air “trop touriste”, j’ai quand même négocié, sans grande difficulté étant donné que dès que j’ai donné mon prix, il a directement dit oui : les 2 dessus de lit à 2000 livres syriennes (40 dollars). En repartant, je me suis doutée que sa réaction n’était pas très normale et j’en ai déduis qu’il m’avait bien arnaquée ! Du coup, j’ai décidé d’essayer d’appliquer à la lettre les conseils de mon ami. Mon après-midi a donc été ponctuée de négociations, pas très réussies, même s’il faut reconnaître qu’à la fin je n’étais pas très mauvaise. J’ai même eu des cadeaux de la part des commerçants, sans compter le nombre de thés et de sodas que j’ai bu.

En effet, même si c’était le ramadan, pratiquement tous le commerçants de la partie du souk où j’étais, même si je ne souhaitais rien acheter, m’ont invité à prendre le thé. Au début, j’étais un peu gênée et n’osais boire devant eux. Ce qui, il faut bien le dire, en a fait rire plus d’un. Je suis étrangère, je ne suis pas tenue de me plier à leur règle. C’est alors que je suis passée d’échoppes en échoppes. En discutant avec l’un d’eux, je lui manifeste mon envie de visiter la mosquée, mais n’ose y aller, par pudeur. Et c’est alors que l’on se moque une nouvelle fois de moi. Il décide de fermer son magasin de bijoux en avance pour m’accompagner dans la mosquée des Omeyyades.

Pour y entrer, j’ai dû porter une burka gris souris, très moche. Non vraiment, les femmes en noir ont beaucoup de style, moi je ressemblais à un sac à patates. Où ai-je trouvé la burka ? Elle est à louer pour une somme totalement dérisoire à l’entrée à droite de la mosquée. Pour pénétrer dans cette mosquée absolument gigantesque, construite entre 705 et 715, il faut enlever ses chaussures. Donc me voilà, vêtue en Mickey Mouse, avec ma capuche qui ne cesse de s’envoler, mes chaussures dans une main, mes sacs dans une autre (et oui, j’ai négocié tout l’après-midi), au milieu d’une cour qui fait plus de 100 mètres de longueurs, où les enfants cours, des groupes de jeunes se retrouvent et des femmes se reposent à l’ombre. Je ne m’attendais pas à trouver cette ambiance. Pas du tout une ambiance religieuse, mais plutôt un lieu de socialisation. Mon « guide » me dit de prendre des photos. Je peux ? Re-rire. Mais bien sûr. Ok. Pendant qu’il va « se laver » pour sa prière, moi je mitraille les alentours.

C’est alors qu’il revient et me dit de rentrer dans la mosquée. Les femmes et les enfants sont séparés des hommes par des colonnes et une légère barrière. Là, même ambiance. Des petites filles et petits garçons jouent, des femmes lisent, d’autres discutent, certaines prient. Mon « guide » me dit, le sourire en coin, que je peux également prendre des photos. Je lui réponds que je ne le ferai pas par respect pour ceux qui prient. A côté de nous se trouve un gardien, il entend  la conversation, et me dit que oui, je peux prendre des photos. Il semblait presque offensé que je veuille pas le faire. Ok. J’en prendrai. Je me dirige donc vers le fond de la mosquée pendant mon « guide » prie sur le tapi rouge. La hauteur sous plafond doit être facilement de plus de 10 mètres. D’immenses lustres sont suspendus à des poutres teintes dans un vert aquarelle. Dans une petite bibliothèque, des corans sont disponibles. Non loin de là, une jeune fille le lit assidûment pendant que sa soeur (je suppose) joue à côté d’elle. Etrangement, je ne sens pas étrangère. Certes, les femmes me regardent et me sourient, mais une marque de respect et d’acceptation s’est installée.

Une fois qu’il a terminé sa prière, nous ressortons. Moi le sourire jusqu’aux oreilles, j’en oublie même d’enlever ma burka. L’homme de la sécurité a été obligé de me rattraper pour me la demander, mort de rire, en me disant :  « je crois que c’est la première fois que je vois une occidentale ne pas l’enlever à toute vitesse ». Je souris, ne sachant quoi répondre. Je m’excuse d’être partie avec. Il rigole. Je remercie mon « guide » ; et pars rejoindre des amis pour diner. Le lendemain, direction Beyrouth. Mais je retournerais plus souvent à Damas où j’ai passé un bon séjour et où la vie est beaucoup moins superficielle (et surtout beaucoup plus pauvre) que dans la capitale libanaise.


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