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L'Europe veut mutualiser ses efforts de défense

Publié le 02 octobre 2008 par Theatrum Belli @TheatrumBelli

La France a tenté de mobiliser mercredi ses partenaires de l'Union européenne pour donner un nouvel élan à une Europe de la défense qu'elle juge d'autant plus nécessaire que le monde est plongé dans une crise financière.

"Cette crise financière et bancaire est l'expression d'un nouvel ordre mondial", a fait valoir le ministre français de la Défense Hervé Morin qui préside mercredi et jeudi à Deauville (ouest) une réunion informelle de ses homologues européens, au titre de la présidence française de l'UE.

Rappelant "le défi lancé à l'hyper-puissance américaine par les attentats du 11 septembre 2001" ou le "renchérissement considérable du coût des matières premières", M. Morin a jugé "évident" qu'il fallait "en tirer une conséquence : la nécessité pour l'Europe de prendre en main sa propre sécurité".

Il s'est cependant refusé à confirmer que les progrès accomplis à Deauville suffisaient à justifier le retour plein et entier de la France dans les structures militaires de l'Otan.

"Nous ferons le bilan le moment venu, c'est-à-dire au mois de décembre", à l'issue de la présidence française de l'UE, a précisé M. Morin.

La France a lié son retour éventuel dans le commandement militaire intégré de l'Otan lors du sommet de l'alliance à Strasbourg/Kehl, en avril 2009, à des progrès substantiels sur l'Europe de la défense.

A l'issue d'une session de travail sur les "capacités militaires" de l'Europe, M. Morin a évoqué une série de projets comme la "mutualisation" de la future flotte d'avions de transport militaires A400M, la rénovation de la flotte d'hélicoptères des pays d'Europe orientale, ou encore la prochaine génération de satellites d'observation.

La participation des 27 à ces projets se fera sur une base volontaire et selon "les priorités" de chacun, avait souligné M. Morin dans la matinée.

La France vise à faire adopter le 10 novembre lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense à Bruxelles une "déclaration" engageant les pays européens qui se seront entre temps mis d'accord sur ces projets.

Sur un autre dossier, les ministres de la Défense se sont prononcés dans leur majorité mercredi pour un retrait "progressif" des soldats européens de Bosnie, et le lancement d'une autre opération civile ou militaire pour parer à tout retour de l'instabilité dans l'ancienne république yougoslave.

L'opération Eufor Althea en Bosnie, lancée en 2004 avec 7.000 soldats pour prendre le relais de l'Otan, avait déjà vu ses effectifs réduits à 2.500 hommes l'an dernier en raison de l'amélioration de la situation politique.

Autre opération de l'UE à avoir fait l'objet de discussions, Eufor Tchad/RCA chargée de sécuriser les camps de réfugiés et de déplacés à la frontière avec le Soudan, qui doit s'achever le 15 mars. Selon le ministre français, les 27 devaient examiner les conditions du passage de relais à l'ONU à cette date.

L'Irlande, la Suède, les Pays-Bas et la France notamment devraient maintenir au moins une partie de leurs troupes sous pavillon des Nations unies, qui réclament quelque 6.000 soldats pour relever les 3.300 de l'UE.

Les ministres ont également discuté du lancement éventuel d'une opération navale de l'UE fin 2008 face aux pirates somaliens. "Dix ont donné leur accord pour y participer", a-t-il précisé, citant, outre la France, l'Espagne, la Suède, le Portugal, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Lituanie et, éventuellement, la Grande-Bretagne.


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