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Royal, de Madone à Marie-Madeleine…

Publié le 03 octobre 2008 par Argoul

Le krach financier l’a fait passer à la trappe. Mais c’était un étonnant show que celui du Zénith à Paris. Pour répondre en Guignol au Zénith de Toulon de l’Adversaire Guignol ? L’un se la jouait sérieux avec mouvement des épaules et air convaincu ; l’autre se la jouait Debouze, grande Comique de scène. Marie-la-Madone-des-meetings est devenue Marie-Madeleine, Royale « vierge folle ». Relisez donc les « Délires » de la vierge folle du sieur Arthur dans « Une saison en Enfer ». C’est tout à fait ça. Cheveux dénoués, sourire enjôleur, voix de gorge appelant au décolleté de la tunique de scène, délires sur prompteurs lus comme au théâtre. Bleue la tunique, fini le tailleur blanc qui faisait trop raide, faussement angélique. Le bleu est bleu de France, celui de Jeanne d’Arc sur les images et de Zidane lors de ses matchs de foot. Un bleu qui rappelle le ciel, mais version nationale, azur et apaisant comme il se doit. Tout un symbole.

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J’ai été intrigué par la métamorphose. Les vieux caciques du PS grognent, ce qui est toujours bon signe : comment les éléphants pourraient-ils jamais se mettre à danser ? Car il faut les voir, les zélus du socialisme, joues roses et rebondies à la télé, les bedaines en avant. Ne manquent plus que les hauts de forme et l’on se croirait sous la Troisième République où les notables banquetaient entre eux. Il y a donc quelque chose à comprendre puisque ça dérange.

On a parlé de télévangélisme – évidemment « à l’américaine » puisque tout ce qui vient de « là-bas » est automatiquement dévalorisé dans la pensée rose. On a parlé de « prompteur (« à l’américaine » aussi) pour faire monter la sauce. On a parlé de « show » (en français dans le texte, puisque la langue ne sait pas ce que c’est). Bon – et si c’était la modernité ?

Oh, je sais bien que les Prrrincîp et le Prrroggrrrrrâââm importent plus que tout aux habitués des congrès, cellules et autres prises de tête. Si jamais cela avait débouché sur quelque chose de concret, depuis des années, cela aurait fini par se voir. Les cerveaux roses accouchent toujours des mêmes souris : p’tête ben, p’tête pas. Le marché ? L’Europe des partenaires capitalistes ? La réforme du mammouth ? L’État moins gaspilleur ? Des services publics moins bureaucratiques et mieux gérés ? C’est toujours « p’tête ben, p’tête pas » ; comme socialiste, on est toujours d’accord, sait-on jamais avec qui on va s’allier ? - Que faut-il faire de concret pour réaliser tout cela ? Ah ça, on ne sait pas ! Faut rien exagérer : en tout cas pas ci, ni ça – peut-être créer une commission ? Donc les congrès, les motions, les cellules, les machins d’été, la majorité de ceux qui ont un jour voté socialiste s’en foutent. Royalement.

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Formés depuis tout petit aux images télé, au zapping permanent, aux désirs sont des ordres, pour les jeunes le socialisme est un air vague. Plutôt proche des gens, plutôt droâdelôm, une vague fraternité. Du moment qu’on les écoute, les fait rire et les charme, pourquoi pas ? L’Autre (l’Adversaire) agite le fouet et la discipline, bouh ! Est-ce une nouvelle technique pour séduire les non politisés, la jeunesse pas sérieuse, les teufeurs girovagues et autres accros des bandes vidéo et du clip de pub ? Ce serait une façon de contourner les caciques figés dans l’appareil, les faces de carême restés profs dans le civil, les bureaucrates besogneux du politique. Une façon de refaire ces néo-militants à 20 balles qui ont permis – ô délice ! – de violer les vieux militants les plus machos (qui a gardé les enfants, hein ?). Ségolène essaye, pourquoi pas ?

Mais tomber du rang éminent de Madone symbolique au rang plus sulfureux dans l’imaginaire d’une Marie-Madeleine échevelée est un peu fort pour les citoyens(ennes) de plus de 40 ans.

A-t-on compris, chez les communicants branchés, que la France vieillit et que ce n’est plus « la jeunesse » qui fait les gros bataillons électoraux ? A moins qu’on abaisse la majorité à 16 ans, comme en Autriche, mais vous avez vu comment les jeunes votent ? - Quoi, pas les nôtres ? Oh, on sait bien que le nuage de Tchernobyl s’arrête toujours sur la ligne bleue des Vosges et que – au grand jamais – la « récession » ne peut toucher la France, tout comme les banques sont blanches comme neige des divers produits risqués inventés… en Amérique – mais.

Donc je doute que le show soit un essai transformé en but. Trop chaud. Et la référence à Nathalie Baye sonne comme son dernier film : « Cliente ». La nouvelle Royale, Marie-Madeleine, va-telle payer les gigolos pour qu’ils votent pour elle ? J’attends cependant avec appétit et curiosité la suite. On rigole toujours autant à Péesseland, les animations donnent le grand frisson. Et si c’était “ça”, la nouvelle politique de la modernité ?

Les vidéos Royal au Zénith de septembre
Evidemment Bayrou et son grain de sel
L’ex-icône du temps qu’elle était Madone
La couleur bleue et la symbolique
Ségolène symbolise un changement de génération
Le grand écart des petit-bourgeois du PS
Ségolène, « être sympathique » désespérément
Ségolène hier sage mais toujours « sans idées »
Le film « Cliente »


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