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Peut-on encore parler des dessous de la grande distribution ?

Publié le 06 octobre 2008 par Pierre71

Lorsqu'un média souhaite aborder les dessous de la grande distribution, il doit savoir que de possibles rétorsions seront prises à son encontre. Je l'ai dit plusieurs fois ici, ce secteur économique a remplacé l'industrie de grand-papa en matière de groupe de pression. En clair : trop d'articles "malveillants" et la manne publicitaire est supprimée. On peut d'ailleurs penser que tout cela s'arrangera avec une FranceTélévision sans publicité. Oui, mais c'est oublier combien le monde politique et celui de la grande distribution sont subtilement imbriqués. Qu'ils soient de gauche ou de droite, les hommes politiques sont influencés par les agents recruteurs de ce secteur économique qui pourvoit, comme chacun le sait, énormément d'emplois de très bonne qualité. Et dans la mesure où le monde politique et celui des médias sont tout aussi liés...

Alors me direz-vous, il y a pourtant d'excellents reportages régulièrement diffusés sur toutes les chaines. Oui, mais je prétends que ces reportages s'arrêtent à la surface des choses. Voire même, favorisent-ils le discours des grandes enseignes. Qui a fait un reportage sur le vol pur et simple perpétré par les centrales d'achat sur les petites enseignes de proximité affiliées ? Pourtant, le Conseil de la concurrence a été saisi, c'est de notoriété publique. Qui possède suffisamment d'entregent pour imposer à Jérôme Bédier un face-à-face avec Christian Jacquiau ? Personne. Monsieur Bédier n'était pas disponible, ou n'a pas souhaité débattre, etc.

Par ailleurs, écrire un livre sur un grand du secteur de la grande distribution est devenu problématique lorsqu'il s'agit de le mettre en vente. Les grandes enseignes sont devenues des vendeurs de livres incontournables, les dirigeants des grandes librairies commerciales et ceux de la grande distribution fréquentent les mêmes microcosmes, voirent possèdent sinon des liens capitalistiques, au moins des échanges de postes d'administrateurs.

Il y a donc fort peu d'hommes et de femmes de média qui prennent le risque de créer une maison d'édition pour que cela soit souligné. Vous connaissez tous Bertrand Gobin qui, après avoir écrit L'Empire des Mulliez et ouvert un blog éponyme, a vu le premier retiré de la vente et le second fermé par voie judiciaire. A la différence de Denis Robert, il n'a pas eu la folie meurtrière de se battre contre les moulins. D'autant plus, et il le souligne lui-même dans un article de son nouveau blog, qu'il n'est pas prouvé formellement que les Mulliez soient derrière cette manoeuvre judiciare. Je suis intimement convaincu que ce journaliste possède une haute idée de la déontologie du journalisme et j'ose espérer qu'il n'aura que du succès. C'est tout le mal que je lui souhaite. La prochaine enquête, que j'attends avec impatience et que j'achèterai dans une petite librairie de proximité avant qu'elle ne soit interdite de distribution (rire jaune), s'intitulera Leclerc, enquête sur un système. La présentation de cet ouvrage est assez énigmatique : avec quelles méthode cette enseigne est devenue numéro un en France ? Une organisation à bien des égards déroutante... Pour l'instant, cela ne fait pas monter l'adrénaline, mais je ne pourrai pas passer à côté en tant que professionnel du secteur ! L'auteur, qui aura le privilège d'être débarqué du magazine Linéaire avec un parachute en plomb (pure fiction de ma part) est Frédéric Carluer-Lossouarn. Souhaitons-lui un grand succès !


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