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Croissance négative

Publié le 06 octobre 2008 par Malesherbes
Lorsque l’on souhaite se rendre quelque part, il importe d’avoir à tout moment la connaissance de l’endroit où l’on se trouve. C’est ainsi que procédaient nos Anciens lorsqu’ils sillonnaient les mers du globe et c’est ce que chacun d’entre nous est capable de faire de nos jours avec un GPS. En outre, dans ce monde merveilleux où Big Brother étend chaque jour davantage son emprise, les autorités peuvent à notre insu suivre nos déplacements, grâce à nos téléphones mobiles ou bien, à Paris par exemple, avec la carte Navigo.
Ce constat s'impose pour le budget d’un ménage, la situation d’une entreprise ou les comptes de l’État. Certaines grandeurs sont plus difficiles à mesurer que d’autres. On a alors recours à des indicateurs. Pour qualifier la situation d’un pays, on utilise, entre autres, la PIB, la production intérieure brute. Naturellement, il faut aussi déterminer avec quelle fréquence on effectue cette appréciation. Dans nombre d’entreprises, où les gens sont payés aux résultats, on remarque une tendance à raccourcir la durée séparant deux estimations. On est ainsi passé de points de passage trimestriels à des observations mensuelles quand ce n’est pas hebdomadaires, avec cette croyance inepte que compter les œufs les faisait grossir.
Dans le cas d’un pays, on a été plus raisonnable en privilégiant un indicateur trimestriel. Pour éviter des effets d’accordéon, avec une alternance de trimestres positifs et négatifs qui déclencherait des réactions toujours à contretemps, on a choisi de ne considérer le pays en récession qu'après survenance de deux trimestres consécutifs avec une PIB en décroissance. On aurait pu décider de ne le faire qu’après trois trimestres négatifs consécutifs. Mais étant donné le délai de disponibilité de cet indicateur trimestriel, on se serait alors exposé à ne pouvoir réagir que pratiquement un an après le début de ce ralentissement, retardant ainsi l'application de mesures correctrices.
Les arguties dans lesquelles s’enferrent actuellement nos gouvernants, François Fillon en tête, sont lamentables. Dire qu’il n’y a de récession que sur un plan technique ou statistique, c’est se moquer du monde. Lorsque j’aperçois un animal avec deux pattes, un bec et des plumes, je suis fondé à supposer qu’il s’agit d’un oiseau. Et quand un pays présente sur deux trimestres consécutifs une PIB en décroissance, il est en récession, un point c’est tout.
L’important, ce ne sont pas les mots, mais les faits. Et puisque ces incapables voient une différence entre une décroissance et une croissance négative, comme nos actionnaires affectionnent les rentabilités à deux chiffres, je suggère d’appliquer aux rémunérations de ces excellences une croissance négative à deux chiffres.

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