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Migration et langue

Publié le 06 octobre 2008 par Anonymeses

Cécile Van den Avenne, « Le bambara dans la migration : identité et véhicularité », Faits de langues, 1998, n° 11, pp. 129-134.

A partir d’entretiens réalisés avec treize familles bambarophones représentatives de la communauté malienne de Marseille, Cécile Van den Avenne s’intéresse à l'usage et au statut du bambara. Les entretiens sont orientés sur les langues pratiquées dans leurs milieux de vie successifs, par les enquêtés, leur époux/se, par leurs enfants, de façon à faire émerger les "histoires linguistiques de migration" de chacun.

Certains enquêtés, qui pratiquaient peu le bambara au Mali, en usent davantage en France. Quelle que soit leur première langue, c'est le bambara qu'ils ont transmis à leurs enfants au détriment éventuellement de leur langue d'appartenance ethnique, sénoufo, minyanka, etc. « Les parents ont généralement commencé à parler bambara à l'aîné de leurs enfants. Puis, lorsqu'il a eu l'âge d'aller à l'école maternelle, et sous la pression des instituteurs, ils ne lui ont plus parlé qu'en français. Avec les cadets, ils n'ont plus parlé que français. Les enfants, jusqu'à l'âge de la pré-adolescence n'ont donc bien souvent qu'une connaissance passive du bambara. A partir de cet âge, douze à quatorze ans, un changement s'opère. A la suite d'une sorte de prise de conscience chez les enfants (source?) comme chez les parents de l'altérité à laquelle les renvoient les comportements et les discours français en dépit d'une enfance et d'une scolarisation françaises, on assiste à un réapprentissage du bambara, que facilitent et renforcent des séjours, jusque là très rares, au Mali : avant cet âge en effet, l'enfant bien souvent n'y est allé qu'une seule fois, en bas âge, pour être présenté à la famille. »

L’étude montre que le bambara dans la migration en France devient une catégorie d'appartenance nationale. Cécile Van den Avenne l’interprète comme un processus de construction identitaire "contre" l'identité française. Investi d’un grand pouvoir symbolique, il permet, en France, aux enquêtés de se définir comme Bambara. Il constitue à ce titre une ressource identitaire. Ce qui m’intéresse dans cet article, c’est la réflexion autour des usages de la langue d’origine des migrants. Est-elle ou non parlée à la maison ? Est-elle enseignée aux enfants ? Fait-elle l’objet d’une valorisation ou bien est-elle au contraire bannie des échanges verbaux ?

par Frédérique

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