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A QUOI SERT LE LE PERE ? bonne question..... (02/fin)

Publié le 06 octobre 2008 par Osmose

LE PERE PRESENT

Le père est le premier étranger que l’enfant rencontre en-dehors du ventre de sa mère. Il devient le troisième élément dans cette histoire d’amour.
Par sa simple présence le père impose un premier élément de différenciation. Il introduit un facteur de séparation entre la mère et l’enfant. Le deuxième élément de différenciation est lié à la sexualité.

En désirant sa femme le père redevient homme et met une limite à la symbiose mère-enfant. Et la mère de l’enfant est aussi la femme d’un homme.

Donc en regardant de plus près on s’aperçoit que çe n’est pas le père en tant que tel qui est l’élément différenciateur mais le DESIR

Le désir de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme. 
Et c’est pour cela que la présence du père est essentielle car c’est par sa présence que le désir peut s’exprimer.

Cette intervention du désir est déterminante dans la structuration de l’enfant. Le père et la mère en redevenant homme et femme ensemble provoquent la fin de la fusion entre la mère et son enfant et cassent ainsi l’identification entre le désir et l’objet du désir.

Cela signifie que l’enfant pourra prendre conscience de l’existence du désir comme un fait en soi, une existence indépendante du fait que ce désir trouve ou non satisfaction dans la réalité extérieure.
A ce propos, une coutume encore pratiquée aujourd’hui mais dont le sens s’est perdu faisait offrir par l’homme une bague à sa femme après une naissance.

Celà signifiait qu’il était toujours son homme et elle sa femme, et que cette naissance n’allait pas faire d’eux uniquement des parents.
Cette fin de la fusion engendre une frustration pour l’enfant et libère un espace intérieur. Il va donner naissance à l’intériorité du fils.

La fusion entre le moi et l’inconscient se trouve défaite et ceci est capital pour la structuration de la psyché. Le père va aider l’enfant dans la constitution d’une structure interne.
Il va lui permettre d’avoir accès à son agressivité : affirmation de soi et aptitude à se défendre, accès à la sexualité, au sens de l’exploration ainsi que l’aptitude à l’abstraction et à l’objectivation. Il facilitera également son passage du monde de la famille au monde de la société.

Les hommes restent souvent aux prises avec un modèle dont ils n’arrivent pas à satisfaire les exigences. Ce modèle consiste en une représentation idéale du père qui nous tyrannise de l’intérieur. Il s’agit en fait d’une image inconsciente à laquelle nous tentons de répondre sans nous en rendre compte.
Cette absence du père va inciter l’homme à rechercher satisfaction dans sa soumission aux exigences collectives.
Ces exigences ne sont rien moins qu’une intériorisation du besoin infantile de plaire à une mère toute puissante pour obtenir d’elle l’assurance d’une sécurité existentielle. Mais qu’est ce qui nous pousse à nous comporter ainsi ?

Le besoin de père est fondamental pour l’espèce humaine. C’est un besoin archétypal. Quand il n’est pas personnalisé par la présence paternelle, ce besoin demeure archaïque c’est à dire attaché à des images culturelles du père allant du diable au bon dieu.


Plus le père sera manquant, moins il aura de chances d’être humanisé par l’enfant, et plus le besoin inconscient se traduira en images primitives. 
Ces images exercent une pression très importante sur l’individu à partir de l’inconscient. Elles peuvent prendre alors l’allure d’images mythiques comme Superman, Rambo, ou encore celle d’un « prophète ».

Cela signifie que tant qu’un archétype n’a pas été humanisé il demeure divisé en une paire d’opposés conflictuels qui tyrannise le moi :
Une image idéalisée donc distante et inaccessible suggère le père « fort », et une rencontre avec des substituts partiels jamais satisfaisants... parce que pas idéaux... suggère un père « fragile ».

C’est la présence du père qui permet à l’enfant de réunir les opposés qui composent sa psyché. L’humanisation du père permet au fils de concevoir un monde dans lequel tout

n’est pas en noir et blanc. Quand les opposés peuvent se côtoyer on peut également voir toutes les couleurs de la vie. La présence effective du père permet au jeune garçon d’expérimenter son corps.
L’assise d’une identité, pour un individu commence dans le corps qui est semblable au sien.

C’est pour cela que les relations entre père et fils où le père s’occupe corporellement de son fils, et cela dès le plus jeune âge, favorisent l’éclosion de l’identité sexuelle.
Il découvrira par les jeux, les odeurs de son père, le son de sa voix, la manière qu’il aura de le porter une DIFFERENCE avec les attitudes de sa mère.

Ces pères ne sont pas des « pères-mères ». Ils sont justement des pères à part entière et donnent enfin une réalité à un terme qui jusque là était vide de sens. Il est absolument vital que les hommes cajolent leurs enfants et particulièrement leurs fils.
Ainsi ils apportent la découverte d’une sensibilité masculine, tout en la déployant pour eux-mêmes.

L’estime de soi ira croissante pour le garçon qui admire son père, mais à la condition que celui-ci admire également son fils. Cela signifie que la sensualité ne sera plus interdite aux hommes, car les hommes ont aussi des corps et ont besoin tout comme les femmes d’être touchés pour garder leur équilibre et sentir qu’ils existent.
N’ayant plus peur de leur sensualité les hommes n’auront plus peur de celle des femmes. Les hommes ont peur de devenir des pères car ils n’ont pas envie de faire revivre à leurs fils les tourments qu’ils ont vécus, c’est à dire être forcés au devoir et être coupés de leurs sens. 

Quand cette humanisation de l’image paternelle n’a pas lieu le fils est condamné à demeurer un « fils éternel ». Il doutera de sa virilité jusqu’à ce qu’il prenne conscience de ce qui lui arrive. Ce manque d’humanisation engendre le fait que l’homme reste identifié à sa mère. Il demeure fusionné à son propre inconscient.
Il EST ses désirs, ses impulsions, et ne peut les ressentir comme des objets intérieurs auxquels il n’aurait pas nécessairement à obéir.

Cette séparation permet aussi la séparation entre nature et culture, car un homme qui vit fusionné à son intérieur vit aussi fusionné au monde extérieur. Il devient la culture et se trouve identifié aux stéréotypes en place. Si pour avoir l’air d’un homme il faut avoir l’air d’un macho, il aura l’air macho.
A l’inverse si une nouvelle mode « d’être homme » demande de manifester de la douceur il en manifestera. Cela veut dire qu’un homme qui demeure principalement identifié à la mère n’a pas accès à sa propre individualité ; il demeure le jouet de son inconscient DONC des modes sociales.

Intérieurement il sera dominé par un complexe maternel. Comme la mère est restée un point de référence pratiquement unique pour le fils, dans la psyché elle prendra aussi beaucoup de place.

COMMENT  CHANGER ?

Quand un homme a moins d’énergie pour affronter le monde extérieur il devient moins susceptible devant ce que les autres pensent de lui ou alors il s’effondre complètement.
Dans les deux cas il est prêt au changement. Dans un cas il va oser tenter ce qu’il n’a jamais osé : S’AFFIRMER en tant qu’homme et non plus en tant que rôle social.

Et là il va découvrir que ce qu’il gardait si bien caché au fond de lui par peur d’être rejeté va lui permettre d’être respecté.
En montrant ses côtés sombres il sort lui-même de l’ombre. Il n’a plus honte de son enfance pauvre ou d’avoir eu un père alcoolique. Il commence à comprendre son histoire, prend conscience de ses motivations profondes. S’il n’est pas responsable de son destin objectif, il devient responsable d’en tirer un sens pour sa vie A LUI.

Quand ce n’est plus la faute des autres un monde nouveau s’ouvre.  Cette prise de conscience de nos côtés sombres vient briser à tout jamais notre idéal de perfection. On réalise qu’on ne sera jamais parfait. Qu’on n’aura pas assez de sa vie pour changer tout ce qu’on n’aime pas en nous-mêmes.


Du même coup on réalise que le changement ne peut être conçu comme une progression linéaire. Est-il si important d’être ceci ou cela, d’avoir ceci ou cela ?

N’est il pas préférable de cultiver une attitude d’acceptation globale de ce que l’on est ? Paradoxalement, le changement devient possible lorsqu’on n’y tient plus.
Le détachement de soi permet à une personne de goûter profondément à l’existence. Le détachement ne crée pas une distanciation de la vie, le détachement permet de s’y engouffrer profondément.

Dans le cas où il s’effondre il va tenter de communiquer sa douleur à d’autres hommes, il va essayer de se faire accepter, il va peut être retrouver l’enfant en lui pour arriver enfin à renaître en tant qu’homme individualisé.

LA  THERAPIE

La psychothérapie est un des moyens les plus en vogue pour régler des problèmes psychologiques. Cela dit qu’il s’agisse de psychanalyse jungienne, de psychanalyse tout court ou de tout autre méthode thérapeutique : il n’y a pas de méthode magique. Il n’y a pas de maturation psychologique sans un long et lent travail sur soi.
Si une thérapie brève peut colmater une crise, il ne faut pas oublier que le but à long terme de toute thérapie qui se respecte est le développement chez l’individu d’une capacité de relation spontanée avec lui-même et avec les autres.


Il est donc illusoire de penser que l’on peut corriger en quelques mois ce qui a pris des années à se cristalliser. Mais quel thérapeute choisir ? un homme ou une femme ?

Dans notre cas, puisque c’est de l’identité masculine qu’il s’agit je dirais un homme. Mais il se peut que le rapport d’un homme avec son père soit tellement endommagé qu’il nourrisse une méfiance telle envers l’homme qu’il soit préférable qu’il commence avec une femme.
Par ailleurs pour être efficace une thérapie doit toucher pendant un temps le monde des émotions.

Elle doit donc déranger dans un sens agréable ou désagréable. Si elle ne dérange pas, changer de thérapeute ! Souvent les gens me demandent ce qu’ils doivent faire. Il ne s’agit pas de cela.

On doit se laisser travailler par les différentes figures qui nous habitent. En laissant monter ce qu’il y a en soi, en s’y abandonnant de plus en plus on retrouve l’essence de ce qui fait notre existence dans ce qu’elle a d’unique.
La thérapie vise l’exploration du monde psychique et cette exploration a pour but l’établissement d’un rapport vivant avec soi-même.

ELLE N’A PAS POUR BUT LA PERFECTION

La plus grande des améliorations est celle qui permet de s’aimer tel que l’on est. Il s’agit donc d’un changement d’attitude intérieure plutôt qu’un changement de comportement.


La thérapie doit permettre d’atténuer la subjectivité exercée vis à vis de soi-même. Eclaircir suffisamment sa vie personnelle et ses mobiles propres pour en réaliser la structure commune et universelle.
Le détachement par rapport à soi-même permet à un individu d’être libre de lui-même. Il peut donc s’engouffrer dans toutes les réalités de sa vie et prendre plaisir à être humain


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