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La troisième voie que proposait Vincent Bénard au lieu du plan Paulson

Publié le 06 octobre 2008 par Francisrichard

La troisième voie que proposait Vincent Bénard au lieu du plan PaulsonVincent Bénard, sur son site Objectif liberté ( ici ), a écrit ces derniers temps un certain nombre d'articles sur la crise financière, dite des subprimes, que je recommande vivement de lire, parce qu'ils l'éclairent d'un jour tout différent de ce que nous pouvons lire hélas ici ou là.
L'auteur, qui dirige l'Institut Hayek, connaît bien son sujet. J'avais déjà pu m'en rendre compte quand j'avais fait part à mes lecteurs, le 10 septembre dernier, des révélations qu'il avait faites sur Fanny Mae et Freddie Mac dans Le Figaro du 9 septembre (voir mon article
Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme ).
C'est ainsi que les causes immobilières de la crise des subprimes sont explicitées par Vincent Bénard dans le détail. Est à lire l'article ( 
ici ) qui montre que la bulle immobilière s'est enflée en raison des réglementations d'urbanisme sévissant dans un certain nombre de grandes villes américaines.
Le surpaiement cumulé des acquéreurs de logement y est de l'ordre de 3'400 à 4'000 milliards de dollars sur un total de biens valorisé à 10'500 milliards de dollars . Lorsque cette bulle a éclaté, il n'est donc pas étonnant qu'elle ait provoqué d'énormes dégâts.
Quand, le 25 septembre, je citais Frédéric Sautet de la George Mason University dans mon article sur le Prix unique des calamités interventionnistes: 700 milliards de dollars  , je faisais mienne l'idée de laisser le marché sanctionner les banques qui s'étaient prêtées, si j'ose dire, au jeu des crédits immobiliers pourris.
A ce moment-là j'ignorais l'existence du Glass Steagall act de 1933. C'est en lisant un article du 22 septembre de Vincent Bénard ( ici ) étudiant le plan Paulson que je l'ai découvert aujourd'hui. Cette réglementation rooselvetienne obligeait, et oblige toujours, les banques à adhérer au FDIC. Nouvel interventionnisme calamiteux.
Le FDIC ( Federal Insurance Deposit Corp.), qui est le fond d'assurance étatique des comptes bancaires, garantit "tous les comptes bancaires individuels jusqu'à 100'000 dollars, la garantie montant à 250'000 dollars pour les comptes d'épargne retraite". Résultat : en cas "d'un écroulement de grande ampleur des banques de dépôts", le FDIC peut être obligé de "puiser bien au-delà de ses fonds propres, avec le risque que le contribuable ne soit amené à éponger des pertes plus importantes que dans le cadre du plan Paulson".
Est-ce à dire que le plan Paulson est la moins mauvaise solution ? Compte tenu de la réaction des bourses aujourd'hui il semble que non. Et d'ailleurs Vincent Bénard le 22 septembre n'y croit déjà plus après y avoir cru dans les heures qui ont suivi son élaboration. C'est en réfléchissant au mode de règlement des faillites, qu'il imagine une solution différente de celles qui consistent soit à trouver un repreneur soit à liquider.
Cette alternative "consiste à mettre les actionnaires et les créanciers autour d'une table, et à convertir une partie de la dette en actions, les anciens actionnaires supportant par la dilution de leurs parts le prix des mauvais choix passés de l'entreprise, l'ayant rendu insolvable. Les créanciers acceptent une cessation partielle ou totale des remboursements dans l'espoir de pouvoir revendre les actions et récupérer leur mise une fois l'entreprise redressée."
Cette solution, qui est en quelque sorte une "titrisation des dettes", avait pour avantages "d'éloigner le spectre de la cessation de paiement" et d'améliorer le ratio dette sur fonds propres, de quoi "redonner confiance à des investisseurs nouveaux" ou "de rééchelonner la dette restante". Elle avait toutefois l'inconvénient d'être longue à mettre en oeuvre.
Pour qu'elle soit mise en oeuvre rapidement, d'après l'économiste Luigi Zingales de l'université de Chicago, il aurait fallu que le gouvernement forçât "créanciers et actionnaires à accepter des accords de titrisation rapides". Cette mise en cause du droit de propriété était certainement moins grave que celle résultant du plan Paulson qui conduit les contribuables à mettre la main au porte-monnaie.
Cette solution autoritaire aurait été possible s'il n'avait pas fallu compter avec les lobbys financiers puissants à Washington. Le plan Paulson ne pouvait que les séduire davantage puisque le sauvetage était aux frais de la multitude au lieu d'être, comme de juste, à leurs frais.
Le plan Paulson, qui n'a pas évité la volatilité des marchés financiers, mais l'a même peut-être provoquée avec son annonce il y a deux semaines, est lourd de conséquences quoi qu'il arrive. Il pérennise l'immoralité qui consiste à privatiser les bénéfices et à socialiser les pertes. Il donne une image détestable du capitalisme, qui déteint malheureusement sur celle de la libre économie, auquel elle est confusément assimilée.

Le principe des calamités de Michel de Poncins se vérifie, hélas, une nouvelle fois.
Francis Richard  


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