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Les Urgentistes en mocassins

Publié le 06 octobre 2008 par Jlhuss

…  parce qu’il n’y a pas de lacets! Un progrès par rapport au “Mandarin aux pieds nus “.

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La médecine d’urgence, en particulier dans le cadre du SAMU et des SMUR, s’exerce très souvent au grand jour, dans la rue, dans des lieux publics, sous les yeux des passants, des badauds, des voisins, dans un salon de coiffure, au restaurant…

Vous faites les « bons » gestes. Votre patient(e) est sans doute décédé(e) à votre arrivée, mais vous tentez avec foi tous les gestes de réanimation pendant le temps qu’il faut, le temps recommandé, celui qui fait « consensus » comme on dit, et si ça ne repart pas, ce temps est aussi nécessaire pour que les proches puissent accepter  : ” tout a été tenté”, c’est aussi un temps de respect pour la vie, qui peut d’un moment à l’autre vouloir affluer de nouveau. Malheureusement, ça ne repart pas toujours un cœur de plus de 80 ans … Ni avant d’ailleurs…

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Alors, vous retirez les « outils » de la réanimation, vous « débranchez » comme on dit. Sinon attention! Vous risquez la garde à vue pour “acharnement” ! On en dit tellement !

Mais comme vous avez apporté de l’oxygène, que vous avez assuré un minimum de circulation par un massage efficace … enfin “bref” comme  vous avez fait correctement votre métier, certaines structures “bulbaires”, vous savez des structures cérébrales enfouies profondément, pas “nobles” comme on dit … mais profondes … expriment quelques automatismes, des “gasps”. euh comment dire… Vous avez déjà vu quelqu’un mourir ? Enfin des gasps quoi ! Bon. Et puis vous observez les “réflexes primitifs”, pour vous assurez de la réalité de la mort  chez une personne dont le cœur est déjà en arrêt depuis plus de 50 minutes. Tout cela devant tout le monde, “en direct”, sans paravent !

Banal, courant, quotidien, terrible. Au fait, vous avez déjà vu quelqu’un mourir ?

Le problème, c’est que sur cette chaussée, dans ce restaurant, sous ce casque de salon de coiffure, tout prêt de vous parfois, se tient un  “bref”, un grossier, il y en a toujours un, qui ne comprend de la médecine que ce qu’il a vu dans “Urgences”, son policier du lundi, ou un polycopié mal digéré. Moins il connaît, moins il sait, plus il parle le “bref”. Il prend vos gestes précis, motivés par l’expérience, vos gestes les plus professionnels pour des tentatives “d’étouffement” ! “Le bref” aura signé peut-être, par ailleurs, une pétition contre l’acharnement thérapeutique et la pratique des “réanimations abusives”. Y mélange tout : il est “bref”. On ne peut pas lui en vouloir, il est “bref”. Un “bref” ça cause … ça cause … mais si ça en reste là … PÔ Grave!

C’est sans compter les jaloux chroniques, les envieux, ou ceux qui n’ont de cesse de vouloir abattre le “pouvoir médical” … Eux, ils écoutent le “bref”, ils le reçoivent 5/5, le “bref” ! Quelle aubaine ! “On va s’en faire un !” “Et puis on l’aime pas Na”. Ils l’encouragent le “bref” : “Ecrivez-moi donc ça noir sur blanc, Monsieur.” Le grossier, le “bref”, n’en revient pas : il est devenu quelqu’un d’important ! Il écrit plutôt deux fois qu’une.

Le jaloux chronique, ou l’envieux, tenant son “bref” d’une main, se précipite chez le Proc. Faut dire que celui-là n’aime pas trop grand monde : “Tous coupables M.Mattéi !”. Ces médecins et leur “secret médical”! Leurs réticences à “coopérer” sans réfléchir : “Une petite garde à vue, ça lui fera du bien à c’p'tit con !”

- “On va justifier ça comment ?”

-“homicide!” : “Gestes tout à fait bizarres au regard de la pratique médicale normale” … Ça c’est du solide, du sérieux, de l’incontestable. “Gestes bizarres” : ça sent Outreaux ou le suicide d’un enseignant, ce truc là! Ça fait péter un audimat au 20h chez Chazal!

Enfin, pour faire bonne mesure, la presse de s’em”presser” de préciser que le médecin en question a sans doute un diplôme “étranger”… Tous les jours, partout, des médecins “étrangers” et “compétents” font vivre l’hôpital public français en général, la médecine d’urgence en particulier, qui sans eux n’est plus qu’un vague souvenir. Tout faux là encore, la Capacité de Médecine d’Urgence, “CAMU”, est nécessaire pour exercer aux urgences. Le directeur de l’hôpital, à défaut de connaître quoi que ce soit en réanimation, se doit de vérifier la validité des diplômes de ceux qui exercent dans son établissement, pour le coup sa responsabilité est engagée. Mince! le toubib est né à D….. il a fait ses études à G……. Mince ! Encore tout faux!

J’ôte ma ceinture, la cravate que je ne  mets plus depuis longtemps, je prends mes mocassins … Demain c’est mon tour …

[NDLR : A l’image du feuilleton “Urgences”, cette fiction est fortuite. Il est bien évident que toute analogie avec des faits réels ne serait qu’une pure coïncidence]

Ah ! J’oubliais … Prélevez bien l’ADN !

éé

éé


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