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"Maisons passives"

Par Marc Chartier

Face à la crise énergétique et à la détérioration de notre environnement, il est urgentissime non seulement de palabrer, mais d'agir. À commencer dans le domaine des techniques de construction et de réhabilitation de notre habitat en basant notre utilisation de l'énergie sur trois critères devenus impératifs : la sobriété, l'efficacité et la "renouvelabilité".

D'où, entre autres concepts éco-constructifs, celui de maison passive qui a commencé, avec plusieurs longueurs de retard sur l'Allemagne et la Suisse, à avoir pignon sur rue dans d'autres pays européens (Belgique, France...). Ce concept, est-il besoin de le rappeler ? « est considéré comme un saut spectaculaire dans l'évolution des normes en matière d'économie d'énergie. En effet, l'efficacité énergétique est extraordinaire puisqu'une économie de 75 % est réalisée sur l'énergie de chauffage! »

Dans cet ouvrage, l'auteur (une jeune architecte qui travaille notamment à la Plate-Forme Maison Passive en Belgique) définit ce type de maison tout d'abord sous l'angle de ses principes techniques et normatifs, l'objectif recherché étant de construire des bâtiments « qui assurent une température intérieure confortable en été comme en hiver sans avoir recours à un système conventionnel de chauffage ou de refroidissement ». Puis elle développe la mise en application de ces principes : isolation de l'enveloppe et apports solaires passifs, isolation thermique interne, étanchéité à l'air, ventilation, chauffage d'appoint et production d'eau chaude sanitaire.

La plus grande partie de l'ouvrage est alors consacrée à la présentation détaillée de bâtiments qui, sans être labellisés "maisons passives" (pour cause de procédure de certification très tardive ou manquante), ont été construits selon le "standard passif". Douze de ces réalisations sont situées en Belgique et trois, en France. Elles représentent globalement des maisons individuelles (dont une en rénovation), mais également deux écoles et deux immeubles de bureaux.

Chacune de ces réalisations est examinée sous ses aspects techniques (structure, matériaux utilisés, énergies utilisées) et sous l'angle de son "vécu" (déroulement du chantier, performances énergétiques du bâtiment, impressions et réactions des habitants), illustrant de façon singulière une même "norme". Il apparaît en effet que si les critères du standard "maison passive" sont d'ores et déjà définis pour certains pays, ils laissent place au "plus" ou au "moins" dans le catalogue des solutions techniques possibles (telle réalisation intégrera l'éolien ; telle autre, un puits canadien ; telle autre encore, les deux systèmes...), tout comme ils sont un champ d'exploration particulièrement propice pour l'inventivité des architectes.

Quant à l'aspect rentabilité et économie en termes d'espèces sonnantes et trébuchantes, l'auteur le résume ainsi : « [...] dans l'état actuel des choses et au vu de leurs avantages en confort et pour l'environnement, le surcoût des maisons passives est acceptable. On peut supposer que ce surcoût de départ sera moins important à l'avenir puisque le marché s'élargit et que la demande continue d'augmenter. »

"Maisons passives", par Adeline Guerriat, éditions L'inédite, 2008, 180 pages.


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