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Bayrou dans Le Monde

Publié le 05 août 2008 par Pguillery

Il y a quelques jours, un article intéressant sous la plume de Patrick Roger, dans Le Monde. A lire ici ou plus bas. Intéressant par son contenu, par son timing et (surtout à mon avis) par les réactions des lecteurs.

A propos de positionnement : "L'équation est simple. Les déçus du sarkozysme (ils existent : j'en ai rencontrés) se rallieront le moment venu à un homme de la droite modérée, Bayrou en l'occurrence. Une partie de la gauche lasse des querelles byzantines et d'absence de leader (elle en a trop mais pas un hors du commun) se ralliera elle aussi à cette espérance. Restent les troupes du Modem : combien de divisions ?" (Serge B.)

A propos de "recrutement" (car on est aussi dans le marketing politique, ne l'oublions pas): "Devant le vide laissé par le PS (nullissime en ce moment), Bayrou devient indispensable et la seule voix intelligible et cohérente en opposition. Aux prochaines élections il pourrait bien avoir mon bulletin !" (GD)

A propos de perception : "Houlà ! Beaucoup de réactions enragées à son encontre : je comprends qu'il fasse peur. Sarkozy a essayé de l'éliminer politiquement mais sans succès. Beaucoup de personnes se retrouvent en lui et non dans le "style" Sarkozy (indépendamment des actions, bonnes ou mauvaises, que peut réaliser ce dernier). Bayrou est là et bien là, c'est donc un 'plus' pour la vie politique française et il faudra s'y faire. Moi j'apprécie, sans être encore bayrouiste..." (f)

François Bayrou a choisi sa route après la présidentielle. A lire les 65 commentaires de l'article, cette stratégie est en train de fonctionner. Bien...

François Bayrou persévère dans son rôle d'opposant     LE MONDE | 30.07.08 | 14h11  •  Mis à jour le 30.07.08 | 14h11

Bayrou dans Le Monde

ombreux sont ceux qui, après l'élection présidentielle de 2007, avaient prédit la "mort politique" de
François Bayrou. Le président du Mouvement démocrate (MoDem) a été abandonné par la plupart de ses élus, pris en tenaille lors des élections municipales et "ciblé" par l'Elysée, qui n'a eu de cesse de l'isoler. Il reste pourtant, selon toutes les enquêtes réalisées depuis un an, une des figures les plus populaires aux yeux de l'opinion et sa voix, aussi isolée soit-elle dans l'Hémicycle du Palais-Bourbon, continue à se faire entendre avec force.

Ainsi le député des Pyrénées-Atlantiques a-t-il été le plus prompt à réagir à la décision du tribunal arbitral en faveur de Bernard Tapie, contribuant ainsi à en faire émerger les enjeux politiques. "Ce qui m'étonne, c'est l'étrange fascination qu'exerce Sarkozy sur une partie de la gauche elle-même, qui semble comme tétanisée, juge-t-il. Mais imaginez ce qu'aurait dit la droite française si c'était Mitterrand qui avait agi ainsi avec Tapie !"

"ACTIVISME DÉMOCRATE"

Le moins paradoxal n'est pas que l'ancien dirigeant de la droite centriste soit ainsi identifié comme un des opposants les plus actifs au pouvoir incarné par Nicolas Sarkozy. "Les raisons pour lesquelles j'avais indiqué que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy, qui reposaient sur un conflit de valeurs et non des antagonismes de personnes comme on a voulu le faire croire, ne peuvent plus aujourd'hui être ignorées par personne", affirme M. Bayrou. "Il y a aujourd'hui très peu de gens qui résistent à cette réalité, admet le président du MoDem. Les syndicats ont été désarmés, mis à terre et moqués. Et il ne faut pas oublier que beaucoup de gens ont peur. C'est pourquoi j'ai un devoir de rassemblement pour construire une opposition démocratique et républicaine."

Depuis quelques semaines, des figures venues d'horizons divers prennent ou reprennent contact avec l'ancien candidat à l'élection présidentielle afin de rejoindre des cercles de réflexion qui ont été réactivés. "Vous êtes le seul à avoir dit depuis le premier jour ce qui se passe à présent, et on ne voulait pas vous croire", lui confiait, à Versailles, lors de la réunion du Congrès, un sénateur de la majorité.

Le MoDem, créé à Villepinte à l'automne 2007, a réussi, non sans essuyer de nouvelles pertes, à franchir l'écueil des élections municipales - où ses listes ont recueilli en moyenne 15 % des suffrages là où elles étaient présentes - et à faire émerger une génération militante. Celle-ci, tournant le dos aux pratiques d'une UDF "parti de notables", entend s'approprier "une nouvelle manière de faire de la politique". Les réseaux constitués à l'occasion de la campagne présidentielle continuent à fonctionner et la "blogosphère" démocrate est en activité permanente. Plus nouveau, on a vu récemment, à l'occasion de mobilisations sur le droit au logement, les droits civiques ou les droits des résidents étrangers, se développer une forme d'"activisme démocrate".

M. Bayrou lui-même n'est pas en reste et se fait un devoir d'alerter sur les "graves dérives" qui, selon lui, menacent les droits élémentaires des citoyens. Ainsi entend-il prendre sa part pour obtenir le retrait du fichier Edvige, issu de la réforme du renseignement et reprenant une partie de l'ancien fichier des RG. Edvige recense ainsi des données informatisées non seulement sur les mineurs de 13 ans mais sur les élus politiques, candidats aux élections, responsables politiques, syndicaux ou religieux. "Où va-t-on ?, s'indigne le président du MoDem. Quel régime est-on en train de mettre en place ? Quelle société est-on en train de construire ?"

"Jamais personne n'avait entraîné la France là où Nicolas Sarkozy l'entraîne aujourd'hui, affirme M. Bayrou. Il transgresse tout ce qui était l'essentiel du consensus républicain." Cette stature d'opposant résolu, il va lui falloir à présent l'appuyer sur un mouvement qui peine cependant à se structurer. Les sites de la blogosphère relaient les multiples impatiences des adhérents démocrates déçus ou frustrés de ne pouvoir s'impliquer de manière plus active.

La première université du MoDem, du 5 au 7 septembre, au Cap Esterel, devrait être l'occasion de vérifier la vitalité du mouvement mais aussi de franchir un pas supplémentaire dans son organisation. Viendra ensuite ce qui constituera pour lui une échéance majeure : les élections européennes de juin 2009, à l'occasion desquelles M. Bayrou annonce d'ores et déjà des "surprises".


Patrick Roger

Les scores du MoDem

Election présidentielle. Avec une moyenne nationale de 18,5 % des voix, François Bayrou était arrivé en troisième position derrière Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Entre les deux tours, le centriste avait refusé de donner une consigne de vote.

Elections législatives. Au premier tour des élections législatives de juin 2007, le MoDem, en cours de création, enregistre une forte baisse par rapport au score de M. Bayrou à la présidentielle avec une moyenne nationale de 7,5 % des suffrages exprimés. Au final, le MoDem ne peut pas constituer de groupe à l'Assemblée nationale, n'ayant que trois députés, siégeant avec les non inscrits.

Elections municipales. Le MoDem ne conquiert qu'une ville (Mont-de-Marsan) et en gère quinze au total. Dans son fief de Pau, François Bayrou échoue de 342 voix contre la socialiste Martine Lignières-Cassou.


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