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La musique adoucit-elle les moeurs ?

Publié le 12 octobre 2008 par L'Impertinente

C'est la question qu'on peut se poser compte tenu de la teneur du débat politico-financier qui agite actuellement le paysage démocratique européen et français. En marge de tout ce tapage peu reluisant, des initiatives intéressantes et durement malmenées par les majors ont vu le jour, et parmi elles l'incroyable DEEZER.COM

Les droits d'auteurs, l'industrie du disque, la promotion de l'art sont autant de bonnes raisons qui ont fini par donner des idées farfelues aux grandes maison de disques, ou comment arriver par de bonnes idées à de mauvaises conclusions.
Ainsi, les innovations technologiques, de la radiocassette Philipps au lecteur MP3 en passant par le CD réinscriptible et le miniDisc, ont été autant d'échardes dans le sacro-saint circuit de distribution de la musique, fermement tenu et très largement taxé par ces éditeurs (j'ose à peine vous dire combien touche un auteur sur la vente de son CD à 15 euros...).
Alors on attaque de droite à gauche, tous partis confondus. Finis les sites de peer-to-peer, c'est bien connu vous êtes tous des voleurs, et tant pis si la technologie est utilisée pour diffuser des contenus libres. On fait pression sur les gouvernements grâce au très juteux métiers de lobbyiste. On peut aussi menacer d'installer ses entreprises ailleurs (ah la menace à l'emploi...), et enfin on invente des procédés plus idiots les uns que les autres (DRM pour l'audio et HDCP pour la vidéo) et tout cela à grands renforts de communication. Le message est simple: les industriels sont là pour sauver les pauvres auteurs que tout le monde veut spolier...

Le législateur a plus ou moins régulé jusqu'à présent. D'une part en instaurant le "droit à la copie privé" appelée aussi "exception de la copie privée" par ses détracteurs et futurs fossoyeurs, qui prévaut depuis qu'il est inscrit au code de la propriété intellectuelle (article 122.5 pour les curieux). Il dispose que vous pouvez a) copier les "phonogrammes" et les "vidéogrammes" (le législateur a le terme triste, c'est sa nature) que vous avez acheté, pour votre usage familial. b) copier les mêmes œuvres qui ont été diffusé publiquement (radio, télé, etc.) toujours pour votre usage privé. Vous êtes donc toujours présumés innocents, c'est rassurant.
Par ailleurs différentes taxes ont émaillé la commercialisation des nouvelles technologies comme par exemple la taxe sur les CD Vierge instaurée par la loi de Juillet 2001 (0,56 centimes de franc par CDR acheté), afin de compenser la perte des auteurs (non non, vous ne voyez pas de sourire narquois sur mon visage !) face à l'accroissement inévitable de la copie grâce à cette technologie. Au final, pourquoi pas, la taxe est faible et d'une certaine façon en effet plus la copie est facile plus il est probable qu'on copiera les morceaux à la radio plutôt que d'acheter des albums.

Le vaudeville commence quand le consommateur silencieux fait entendre son ras-le-bol face à l'archaïsme des éditeurs (Sony, Universal, etc.). En 2008 on dispose de systèmes incroyablement souples, simples et puissants pour écouter la musique dans des conditions proches du studio ou du concert, mais pour les utiliser on est obligé soit :

  • d'acheter des morceaux un par un sur internet à 1€ pièce (soit 15 à 20€ le CD, plus cher qu'en magasin...)
  • de passer par des plateformes verrouillées d'achat et d'écoute (ceux qui ont testé iTunes et un iPod savent de quoi je parle, les autres sauvez vous !)
  • d'acheter des morceaux verrouillés par un système inique limitant le nombre d'écoute ou le nombre d'appareils où je peux écouter
  • et j'en passe...

C'est alors que commencent les errements actuels du législateur qui invente une nouvelle autorité (cherchez "HANOPI" sur Google si vous avez envie de rire, jaune bien sur) qui va vous couper votre connexion internet dès que vous aurez téléchargé des morceaux sur internet que vous n'aurez pas achetés (ah, pas de chance, là vous cessez d'être présumés innocent, c'est moins drôle)... Dommage, le débat se situe ailleurs (si ça vous intéresse, cherchez "licence globale" sur Google).

Aussi, je ne résiste pas à l'envie de vous parler de DEEZER.COM, un site David contre les nombreux Goliath qui ont tenté (et réussi du reste) à plusieurs reprises de le faire fermer. Mais DEEZER.COM est là et il fonctionne. Ca n'a pas été facile : il lui a fallu négocier des accords de diffusion avec les sociétés de droit d'auteur, comme la SACEM, qui perçoit les redevances sur les diffusions d'œuvre et reverse les royalties aux auteurs (qui a dit 12 mois plus tard ?! c'est mal de faire du mauvais esprit), et les majors (Warner, Universal Music, Sony, etc.). Pas facile puisque pour que le concept fonctionne il faut pouvoir diffuser tous les morceaux de musique sans exception, et si un éditeur s'y oppose, c'est filtrage ou procès... imaginez.
Bref, après de nombreuses péripéties DEEZER.COM est en ligne et c'est un véritable Jukebox que vous avez sous la main : Recherchez n'importe quel artiste, chanson, album, tout y est. Constituez vos playlists, vos albums favoris, préparez vos soirées et branchez votre PC ou votre Mac sur la sono 1000Watts pour faire danser tout le monde !
Vous pouvez même, grâce à ce petit lecteur exportable, jouer de la musique sur vos sites web ou sur votre blog, c'est magique...

Allez un petit morceau de Juanes, chanteur de mon pays d'origine, pour détendre l'atmosphère :


En tous les cas, il faut saluer l'innovateur, le vrai. Celui qui fait triompher son idée contre l'obscurantisme: les fondateurs de DEEZER.COM nous ont rappelé que la terre tourne autour du soleil, et pas le contraire et dans un monde où la loi du plus fort est souvent la meilleure, ça fait vraiment du bien!


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