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"Félix, LE ROI - POETE, Anthologie poétique", Collection Sajat, 2008.

Par Ananda
Ainsi que son titre l'indique,cette petite anthologie poétique, publiée dans la "Collection Sajat " et en partenariat avec l'association Rencontres Européennes, regroupe des poètes Français et des poètes Québecois autour du souvenir du chanteur-poète québecois Félix Leclerc.
Fort rafrîchissante, illustrée par un pastel de Marianne Shaker, peintre québecoise et, à l'intérieur du livre, par de très belles photos en noir et blanc de Jean-Jacques Kelner, elle regroupe 19 auteurs, dont Joël Conte, Thierry Sajat, Nora Attala et Diane Descôteaux.
"Felix", en latin, signifie "heureux" et c'est bien de bonheur, plus exactement du "ptit bonheur" sans cesse cité et recité au détour des vers des différents poètes qu'il s'agit.
Ici, tout est simple, clair comme un matin nordique du Québec. La froidure appelle, sans nul doute, la profondeur de l'âtre, la chaleur crépitante d'un bon feu de bois...et la "voix chaude", "profonde", la guitare "gitane" du troubadour Félix Leclerc qui avait l'art de nous réchauffer.
Poète humain, fraternel, aussi dense et aussi noueux que l'arbre, ce "barde" (l'un des derniers sans doute) fut aimé de toute la francophonie et, après sa mort, voici vingt ans, est devenu une légende, un véritable mythe. C'est ce qui ressort au travers de ces écritures variées, de ces vers divers (d'hiver ?) qui cependant se rejoignent tous dans la même ferveur admirative - et justifiée.
Félix l'Heureux, le vagabond était l'image même du poète : homme de voyage qui ne rompait jamais le  contact avec la nature. Il chantait les choses authentiques, profondes, pures de son pays de neige, de son terroir à la nature aussi somptueuse que rude, grandiose. Il fut et demeure dans les coeurs (dans les vrais coeurs) celui qui a "invité / L'enfance / Les branches vertes / une odeur de soleil" (Mireille Disdero), celui qui "chante" avec chaleur, ferveur "le sentiment poétique du monde, la terre, les fleurs, les papillons, l'abeille, les pierres de fées, les ours, les lacs et les forêts" (Rome Deguergue), ce n'est pas plus compliqué que ça.
Avec cet "amoureux" viscéral du Québec, Québecois comme Français ont le sentiment (et communient dans le sentiment) de renouer avec l'équilibre qui préside à la Vie, avec le charme enraciné dans la Nature des autrefois oubliés et des choses bienheureusement essentielles.
Marie-Andrée Balbastre, avec raison, le qualifie de "flamme chantante" et de "regard lucide" et Philippe Barbier attire l'attention sur sa capacité à manier "des mots simples de tous les jours" de façon enchanteresse.
Félix Leclerc rendait heureux. Il restituait aïeux, jadis. On l'aimait parce qu'il abolissait la coupure entre nos générations et les plus anciennes. Ce faisant, il restaurait une sorte de continuité bienvenue.
Ce qui ne l'empêchait pas, avec sa sincérité revigorante d'homme droit, direct,aussi limpide que la glace qui festonne parfois les branches d' arbres et les cables électriques de son pays, de s'engager, et de s'engager de manière résolue, vigoureuse en criant, "hurlant" :"Le Québec est à nous".
La poésie de Félix Leclerc a l'au combien précieux pouvoir de réveiller le souvenir des "jours délicieux d'enfance et de fougères" (G.Leblanc-Gilbert).
Pudique, le poète " disparut sans bruit sans même dire adieu".
Mais, au fait, cela peut-il dire adieu, un homme comme celui-ci, touché par la grâce ?


P.Laranco.

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