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Arbeit!

Par Crapulax
interieurIl nous aura fallu un peu plus d'une semaine pour être prêts à partir. Cela n'aura pas été sans effort. Préparer une transat en aussi peu de temps, sur un bateau inconnu, avec des équipiers aussi inexpérimentés et un skipper, guère plus pour un trajet aussi long et, sensiblement plus compliqué qu'une transat des alizés classique, n'est pas anodin.
D'abord, Jim et moi faisons le tri de plus de 20 ans de vie de Jo à bord : Habitudes, bidouilles, matériel stocké hors d'âge. Sur les quelques mètres cubes que nous mettons à la benne, nous avons peut-être été un peu vite en besogne concernant quelques pièces. Peut-être aurais-je du garder les anciennes barres de flèches ainsi qu'une ancienne pièce de l'enrouleur. Mais bon.
Ensuite, vérifier ce qui doit nous assurer un minimum de sécurité : démontage / nettoyage des pompes à main et electriques, branchements des feux, vérification des vannes et passe coque, branchements des rares instruments, vérification du gréement, rachat de quelques éléments de sécurité manquants, révision complète du moteur....
Puis, l'avitaillement enfin : 1000 litres de flotte dans les tanks, 600l de gas-oil et une quinzaine de caddies au supermarché du coin complétés par un stock de pièces et outillage dans les ferreterillas mal achalandées de Colon, afin de pouvoir nous dépatouiller des avaries et réparations essentielles à effectuer en mer.
Nous ne sommes pas prêts, c'est une évidence, mais on ne l'est jamais vraiment. Nous avons fait l'impasse sur beaucoup de choses. En vrac : la date de révision de la survie est passée, la vanne des chiottes reste désespérement bloquée en position fermée, le matériel de sécurité est des plus rudimentaire,  le sondeur fonctionne vaguement moteur et bateau arrêté, le silicon supplémentaire passé sur les hublots n'assure qu'une étanchéité limitée, le presse étoupe est douteux etc....  On y va.
Jérôme, mon petit cousin et troisième larron nous a rejoint l'avant veille du départ et a permet d'accélerer une cadence déjà soutenue. Nous avons peu chômé. Arbeit! Arbeit schnell! Du lever du jour au crépuscule en journée continue, sans guère de pose avant le Half pound burger quotidien du bar qui commence à nous sortir par les yeux, soulagés néanmoins par l'excellente Balboa pression glacée que nous éclusons par pintes le soir. Ce n'est pas la population américaine rupinte dotée de bateaux flambant neufs qui nous a détourné de notre tâche d'ailleurs. A peine si nous avons murgé (fort quand même)  un soir avec un équipage franco-belge de passage, en provenance directe de Capetown, qui nous a régalé de l'excellent vin qu'ils produisent dans leur vignoble d'Afrique du Sud, avant leur passage du Canal vers le Pacifique. 
Je consulte une dernière fois la météo la veille : Alizé faible au départ prenant une composante est qui devrait nous permettre de tirer direct vers le Windward passage et grains, inévitables en cette période. Départ le 21 Mai, ce qui est à peu près ce que j'avais prévu et promis à Bach Yen pour ne pas traîner trop longtemps.

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