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Et il sifflera deux fois

Publié le 16 octobre 2008 par Nicolas J
Si ça ne vous dérange pas (je suis un blogueur courtois mais en fait je m’en fous un peu), je vais revenir sur mon billet de ce matin à propos du match France Tunisie sifflé avant d’aller moi-même siffler un demi au bar du coin.
Ce billet était une critique des propos de Bernard Laporte et surtout un prétexte pour faire un billet avec des jeux de mots idiots (j’ai montré Laporte du doigt) après quelques jours d’absence de la blogosphère. Certains commentaires ont été affligeants et surtout, j’ai écrit ce billet avant de lire mes blogs fétiches dans lesquels j’ai lu beaucoup de propos qui tiennent plus de la conversation de bistro que de la fine analysé.
Vous me connaissez ! Ce n’est pas une critique… je passe plus de temps au bistro qu’à faire des billets de blogs.
Il n’empêche que les sifflements en question doivent être remis à leur place : un banal phénomène de meute. Un clown dans les tribunes se met à siffler car il se croit intelligent, il est repris par son voisin qui a bu une bière de trop, puis par deux ou trois copains qui ont trouvé amusant de se faire remarquer… Ca a finit par toute la tribune.
Mais on est quand même loin de la « révolte des descendants d’immigrés » que l’on peut lire partout ! J’ai même un de mes commentateurs qui propose de les renvoyer d’où ils viennent, en oubliant qu’ils sont nés en France, comme d’ailleurs leurs parents et probablement leurs arrières grands parents.
Le geste (le sifflement) est grave et certains mériteraient des baffes mais c’est en donnant trop d’importance à un événement qu’il en prend ! Un de ces jours, on va voir des appels à rébellion, des manifs de protestation, des affrontements divers, …
Pour ma part, j’étais au resto avec des collègues et je n’ai vu que la fin du match ! Les sifflements auraient été oubliés (et je n’en aurais probablement pas eu connaissance) si un Ministre de la République n’avait pas dit une connerie, ce qui, contrairement aux sifflements, doit être condamné fermement.
Alors si tout le monde veut faire de la psycho de bistro, je vais m’y mettre, c’est ma spécialité.
Avant que ma chère municipalité décide de raser le quartier pour y construire un supermarché gigantesque, j’avais pour coutume d’aller voir les matches de foot aux Monts d’Aubrac, aimable petite brasserie tenue par Brahim et Mouloud. Je me demande comment on peut raser des bistros pour construire des supermarchés mais ce n’est pas le sujet du billet.
J’y ai regardé la plupart des matches de la coupe du Monde 1998 et une partie de ceux des coupes 2002 et 2006 (mais beaucoup, à ces époques je voyageais beaucoup pour le boulot), sans compter des dizaines de matches à d’autres occasions.
J’y ai passé des moments magiques. Je me rappelle par exemple le match France Croatie en 1998, celui au cours duquel Dorham Thuram avait marqué deux buts salvateurs !
Tous n’étaient pas magiques puisque j’y ai aussi regardé la finale 2006. Ne revenons pas dessus.
Parmi ces moments magiques, je ne peux pas oublier le France Algérie au cours duquel la Marseillaise avait été sifflée. C’était avant 2002, je crois me rappeler (il me semble que Lionel Jospin était premier ministre). Je ne pouvais évidemment pas regarder le match d’ailleurs que de ce bistro, les Monts d’Aubrac, repaire de Kabyles Kremlinois comme son nom ne l’indique pas vraiment.
Je n’oublierais jamais ces « vieux arabes », que je fréquentais au quotidien, et qui pleuraient, pleuraient, pleuraient, après les sifflements. Et j’étais là, seul « Breton » dans l’assistance, à tenter de les consoler. « Mais non, les gars, ce n’est pas la honte du peuple Algérien, c’est des conneries de jeunes abrutis ».
Je me souviens de ce gros chauve en larmes. C’est un type chauve avec une grosse moustache. Quand il avait le dos tourné, on l’appelait Gérard Jugnot, tant il lui ressemblait ! On le connaissait bien, c’était le patron de la boucherie Hallal, juste à côté. Hasard des affectations, c’est maintenant celui de la boucherie voisine de la Comète ! J’espère qu’il ne lit pas le blog.
Et il pleurait. Et moi, je l’avais pris dans mes bras et lui tapotais le dos en espérant que la fontaine s’arrête. Et moi, qui en chialais à moitié aussi (c’est communicatif, tel que vous me lisez là, j’en suis à moitié ému) : « Mais non ! On ne vous en veut pas, la France ne vous en veut pas, ça ne sont que des conneries ».
Heureusement que les blogs n’existaient pas à l’époque, ça m’a évité de relire les mêmes idioties aujourd’hui. Des tas de trolls qui voudraient nous donner des leçons de patriotisme.

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