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State of Mind - le pilote

Publié le 20 juillet 2007 par Heather
State of Mind - le pilote

Diffusée sur : Lifetime
Depuis le : 15 juillet 2007

Avec qui ?
Lili Taylor (Six Feet Under), Derek Riddell (No Angels), Lolita Davidovich, Mido Hamada, Devon Gummersall (Angela 15 ans), Kevin Chamberlin.

Ca parle de quoi ?
La série raconte la vie d´une thérapeute, le Docteur Ann Bellows, dont les problèmes personnels à résoudre peuvent sérieusement entrer en concurrence avec ceux de n´importe quel de ses excentriques patients. A commencer par ceux rencontrés avec son mari qui n'a pas trouvé mieux que d'avoir une aventure avec leur propre conseillère matrimoniale... Avec un peu de chance, Ann Bellows aurait pu compter sur l'aide de ses collègues, de l'hôpital psychiatrique de New Haven, mais cela aurait été sans compter le fait que ces derniers ont au moins autant de problème qu'elle-même. Ils ne seront pas d'une grande aide de côté-là... (source : www.serieslive.com)

State of Mind - le pilote

Avis
A la différence de l'héroïne de l'autre série lancée ce week-end par Lifetime, Sider Order of Life, Ann Bellows, incarnée par Lili Taylor, présente un personnage proche du téléspectateur, auquel il est facile de s'identifier par ses failles et sa normalité. La proximité qui se dégage de ce pilote est sans doute son atout majeur. La vie plus ou moins ordonnée de Ann se retrouve bouleversée le jour où elle surprend son mari en position compromettante avec leur conseillère conjugale. S'ensuit tout au long de l'épisode un développement assez réaliste sur le chemin de la rupture, de l'émotion initiale jusqu'au moment où chacun échange ses vues avec franchise. Le thème de la femme forte luttant alors que son univers s'écroule est un classique. L'intérêt de ce pilote est d'offrir un traitement très sobre de l'ensemble. Trop sobre peut-être... En effet, une impression de simplicité se dégage, à peine contrebalancée par les fréquents monologues qui font office de pseudo-analyse psychologique -conséquence en quelque sorte obligatoire en raison du milieu de psychologues/psychiatres dans lequel la série nous projette.

Seulement, derrière cet aspect relationnel où domine un self-control plus ou moins aiguisé qui pourrait être intéressant à développer, les scénaristes hésitent sur le ton véritable à donner à la série. Drama sobre par moment, puis apparaît soudain une hallucination (décidément, ses effets spéciaux doivent être à la mode) qui brouille la perception, et enfin, on tombe dans une sorte de gag burlesque lorsque Ann renverse son mari sans le faire exprès -sans le blesser. C'est comme si les scénaristes avec tous les matériaux à leur disposition ne savaient pas exactement lequel faire prédominer et tentaient des micro-expériences pour visualiser le résultat. L'alternance des genres peut être une dynamique intéressante, mais ici, on a plutôt l'impression qu'il s'agit de tergiversations. Ça donne ainsi un résultat perçu comme un peu brouillon, manquant d'homogénéité.

Ce défaut au niveau du ton même de la série se retrouve finalement dans les storylines. C'est celle d'Ann qui est logiquement la plus développée. Il y a plusieurs points intéressants, seulement l'approche des scénaristes finit par déconnecter quelque peu le téléspectateur des évènements. En fin de compte, ce pilote pèche par un trop plein d'analyses et de reculs pris. Ce problème, qui plombe quelque peu l'ambiance générale du cabinet -qu'on aurait pu aisément prendre initialement pour une sorte de Private Practice plus coincé pour psys-, est encore plus perceptible au niveau de la seconde storyline un peu plus esquissé, avec un des psychologues spécialisés dans les enfants plus ou moins accusé de détournement de mineur envers un garçon russe traumatisé. Certes, la storyline sert sans doute avant tout de prétexte pour utiliser les services du nouveau titulaire du bureau du futur ex-mari d'Ann, un jeune avocat fraîchement débarqué en ville, et l'intégrer un peu dans le cabinet. Mais au-delà de ce motif, elle est expédiée de manière tellement caricaturale qu'on se demande bien ce que les scénaristes avaient en tête au départ. D'autant que c'est très mal amené, surfant sur une sorte d'association facile tout droit du chapeau des scénaristes qu'ils n'essayent pas d'étayer une seconde, "vous aimez trop les enfants pour ne pas être pédophile".

Bilan : Cette série a un certain potentiel si elle choisit d'insister sur un relationnel sobre. Elle peut avoir sa carte à jouer sur le côté psy à condition de ne pas trop en faire et d'éviter l'écueil auquel elle s'est heurtée à plusieurs reprises dans ce pilote : les clichés grotesques comme la présentation de l'avocat "pathologiquement bon pour contrebalancer son père dont le boulot était de tuer des gens". Faire de la psychologie de comptoir n'est pas ce qui permettra à la série de trouver son identité.

Il apparaît par contre nécessaire d'homogénéiser l'ensemble en lui conférant plus de liant et de faire des choix dans la narration en ne reproduisant ces "gags qui n'en sont pas vraiment" (telles les hallucinations). J'aime bien Lili Taylor, mais elle ne peut pas porter seule toute la série. A corriger, mais c'est à mon avis perfectible.

Pour un aperçu, voici la bande-annonce diffusée par Lifetime :


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