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Levée de boucliers pour la marseillaise sifflée

Publié le 17 octobre 2008 par Unemarocaine

L'omnipotent président du paysleplusvisitéaumonde était occupé, depuis quelques jours, à sauver le monde de la crise financière et au passage refonder le capitalisme (!) De la politique avec un grand "P" quand au beau milieu de cette titanesque mission, il s'est saisi hier de ce qui s'est passé au stade de France lors du match France / Tunisie. Autrement de la politique avec un petit "p".

Pour ceux qui ne sont pas au courant, mardi soir a eu lieu un match amical entre la France et la Tunisie au stade de France. Au début de ce match, la marseillaise (hymne national français) a été sifflée par une poignée de "supporters" tunisiens ou franco-tunisiens.

D'emblée, mettons nous d'accord : un hymne national, quel qu'il soit, est un symbole national. Il est donc scandaleux et inadmissible d'y porter atteinte car ce faisant on porte atteinte à toute une nation.

Levée de boucliers pour la marseillaise sifflée

Il a donc convoqué en urgence le lendemain matin (il perd pas de temps !) à l'Elysée la ministre des sports et de la Santé Roselyne Bachelot et son secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte ainsi que le président de la Fédération française de football Jean-Pierre Escalettes. Après cette réunion, la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, a indiqué que :

tout match avant lequel la Marseillaise serait sifflée serait immédiatement arrêté, les ministres présents devant quitter le stade.

Rien que cela ! Que les officiels qui quittent le stade c'est déjà arrivé. Chirac l'ayant fait. Mais ce que j'aurais aimé que Roselyne Bachelot détaille c'est comment gérer l'évacuation de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs qui ont payé leurs places. Et qui seront sanctionnés à cause d'une poignée de radicaux en mal de reconnaissance. Plus encore, la France déclarerait-elle forfait dans tous les matchs officiels au début desquels la marseillaise sera sifflée ? Ceci pour le côté "mise en oeuvre" de cette décision abracadabrante.

Passons maintenant au florilège des réactions suscitées par ces sifflets. La palme d'or revient à Jean-Marie Le Pen qui a fustigé l'"échec" de "l'intégration de masses étrangères à [la] culture [française]". Rien que cela...

Suivi par Bernard Laporte qui recommande de ne plus jouer de matchs avec les ex-colonies ou protectorats français du Maghreb au Stade de France, mais "chez eux, ou alors en province" ! En référence aux rencontres amicales France / Algérie (octobre 2001) et France / Maroc (novembre 2007) où la marseillaise a été copieusement sifflée. Le match France / Algérie a même été arrêté avant la fin du temps réglementaire pour causes de perturbation.

Qu'on me corrige si je me trompe, même la très désintéressée par le football que je suis se rappelle que les ressortissants d'autres pays européns ont sifflé la marseillaise. A leur tête l'Italie. Sans oublier le match France / Israél en 2005 disputé à Tel Aviv. Demander à Barthez quel souvenir il en garde...

Bref, le problème est ailleurs. Il se situe dans l'éducation civique. Et au pire quand de tels événements ont lieu, les caméras de surveillance sont là pour identifier les coupables et les différer au parquet. Le président du paysleplusvisitéaumonde pris par sa mission de sauvetage du monde et du capitalisme a dû oublier qu'il était un certain 24 janvier 2003, l'artisan d'un amendement créant le délit d'"outrage" au drapeau français et à l'hymne national. Délit sanctionné par un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d'amende. Amendement adopté dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi). Outragés par le mot "outrage", des citoyens et des associations de défense des droits de l'homme se sont insurgés contre ce qu'ils considèrent comme une atteinte manifeste à la liberté d'expression et contre le flou entretenu par le mot "outrage". Le Conseil constitutionnel a ainsi limité les possibilités d'application de cet amendement :

"[...] Sont exclus du champ d'application de l'article critiqué les œuvres de l'esprit, les propos tenus dans un cercle privé, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organisées par les autorités publiques ou non réglementées par elles ; que l'expression "manifestations réglementées par les autorités publiques", éclairée par les travaux parlementaires, doit s'entendre des manifestations publiques à caractère sportif, récréatif ou culturel se déroulant dans des enceintes soumises par les lois et règlements à des règles d'hygiène et de sécurité en raison du nombre de personnes qu'elles accueillent"

Question subsidiaire : quand des joueurs noirs sont sifflés, hués, comparés à des singes et à qui des bananes ont été jetées des tribunes par des supporters connus par leur appartenance à la mouvance extrême droite, cela ne constitue-t-il pas une atteinte aux droits de l'homme ? Au nord de l'Italie c'est monnaie courante. En France, j'ai vu à la télé des tribunes du PSG avec des banderoles des plus détestables.

Je dis ça mais je dis rien !

PS : je crois que je vais demander à Ibn Kafka le droit d'utiliser l'appellation "rubrique n'importe quoi" à laquelle je rajouterai l'adjectif "grand" ! C'est que certains politiques français sont la parfaite illustration de l'exception française exceptionnellement exceptionnelle surtout s'agissant des décisions impossibles à mettre en oeuvre...


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