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La Thaïlande 13e mondiale pour la facilité d’entreprendre

Publié le 17 octobre 2008 par Julien Mayard

Le "Projet Doing Business", qui mesure la réglementation des affaires dans 181 pays et les villes sélectionnées au niveau sous-national et régional, a publié son classement pour 2008. Vous pouvez télécharger ce document à l'adresse suivante:
http://francais.doingbusiness.org/economyrankings/Default.aspx

Cette étude commandée par la Banque mondiale place la Thaïlande en 13e positon dans le classement 2009,  en progression de 6 place par rapport au classement de 2008. La Thaïlande talonne ainsi le Japon, 12e, et devance la Finlande, 14e. La France quant à elle est 31e, en progrès d'une place sur le classement 2008.
On retrouve aux premières places les bons élèves habituels: Singapour, Nouvelle Zélande, États-Unis et Hong Kong.

D’après ce rapport, la Thaïlande serait même en tête des réformateurs de la région avec des améliorations dans 4 domaines: enregistrement des propriétés, la protection des investisseurs, le paiement des taxes, et le commerce transfrontalier.

A première lecture, on serait tenté de conclure qu’il est 2 fois plus facile de faire des affaires en Thaïlande qu’en France.
Quant est-il vraiment?

Tout d'abord, l'ambiance générale ici depuis 2 ans est qu'il est plutôt plus difficile de faire des affaires qu'auparavant et ceci est valable autant parmi les milieux d'affaires farangs que parmi les milieux thaïs. Cela pourrait être évidemment mis sur le compte de la crise politique qui traine depuis le début 2006. Mais, en fait, la situation politique n'est pas si catastrophiques dans le sens que, si elle provoque des incertitudes, il n'y a pas véritablement de violences.

Ce qui revient souvent dans les discussions c'est le problème découlant de l'impossibilité d'obtenir un crédit. Or cela est dû justement à la dégradation de la protection des investisseurs durant les 3 dernières années.

On observe donc sur le terrain exactement l'inverse de la situation décrite dans le rapport de "Doing Business".
Se pourrait-il qu'une éminente organisation, émanation de la Banque Mondiale, se soit trompée? En tous les cas, cela ne se serait jamais vu!

Pour comprendre d'où provient cette différence, une autre étude devient très intéressante. C'est "l'indice de perception de la corruption 2007" publié par Transparency International qui classe la Thaïlande 84e avec une moyenne de 3,3 sur 10. (Pour référence la France, déjà "pas très bon élève" est classée 19e avec une moyenne de 7,3 sur 10).
Cf: http://www.transparency.org/publications/publications/annual_reports/annual_report_2007

Ou encore, l'étude de World Audit qui classe la Thaïlande 67e mondial en terme de corruption et 88e en terme de démocratie.
Cf: http://www.worldaudit.org/corruption.htm

Mon argument est que c'est très joli de voter des lois censées faciliter le commerce. Cependant, si ces lois ne sont jamais effectivement appliquées du fait de l'inertie du système et de sa corruption, il ne faut pas les prendre en considération dans une étude économique comme l'a fait "Doing Business Project".

On peut nuancer en relevant que la corruption étant plus largement accessible en Thaïlande qu'en France, elle devient un facteur de fléxibilité.
L'argument est pervers, mais nous sommes en Thaïlande et la logique n'est pas de mise.


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