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Regard africain sur les animaux de compagnie

Publié le 17 octobre 2008 par Bababe

En attendant le prochain billet (Rediffusion )

Dans la foret de Fontainebleau, les fées lui permirent de nager dans leur Mare, et le diable lui autorisa d’utiliser sa Baignoire

Des circonstances dramatiques de la vie ont poussé Véronique, une amie normande de Biddo, jeune originaire des rives du Sénégal, à quitter son travail, son logement et à confier ses enfants de (3 et 1 an) à ses beaux parents.

Biddo attendri par le sort de Yuki, fidèle chien de Véronique qui ne s’en était jamais séparé, m’imposa de prendre l’animal avec nous pour 3 jours seulement.

Mon premier contact avec Yuki que j’avais catégoriquement refusé de garder, démolit mes préjugés d’africaine envers les animaux de compagnie.

Les yeux flamboyant de tristesse et de crainte de Yuki à l’endroit de l’inconnue que j’étais pour lui, me désarmèrent totalement.

La femme du Fuuta et le Berger Allemand devaient rester ensemble trois jours… Ils cohabitèrent trois ans !

Trois ans durant lesquels le Berger Allemand s’attira de la part de tout le monde les mêmes compliments : « Qu’il est beau, ce chien ! Qu’il est gentil, ce chien !»

J’ai même souvenance d’un sahélien d'un certain âge, très distingué, qui quittait sa banlieue parisienne huppée pour la banlieue ouvrière, et porter à manger à Yuki pendant mes absences.

Trois ans durant lesquels Yuki fit le bonheur des petits neveux, des petites nièces et des petits voisins dont la culture familiale n’autorisait pas d’adopter un animal de compagnie.

Les rares fois que Yuki aboyait, c’est quand il voyait une bande de gamins. Le jour où j’appris qu’un gamin avait écrasé son mégot sur sa tête, je compris alors le pourquoi de ces aboiements. Sa mémoire aurait-elle enregistré que sa tête avait servi de cendrier ?

Mais comment lui faire comprendre que toutes les bandes d’enfants ne sont pas animées des mêmes mauvaises intentions. ?

Au fil des ans, Yuki se fit des amis aux prénoms qui ne lui étaient pas familiers : Demba, Penda, Batuuli, Aissata, Faatou…

Même certains des adultes qui m’avaient exhortée au début, de me débarrasser au plus vite de cet animal, arguant que là où un chien s’installe, aucun saint n’y fera escale, finirent par s’attacher à Yuki.

Dans nos escapades, Yuki ne portait jamais de laisse, mais se faisait toujours caresser. C’est ainsi que dans la foret de Fontainebleau, les fées lui permirent de nager dans leur Mare, et le diable lui autorisa d’utiliser sa Baignoire

Mais un jour, le berger sans laisse, pénétra dans quelques arpents du jardin de notre voisine auvergnate. Pourtant, il aurait dû réaliser que ce jardin bien entretenu, ne ressemblait en rien à celui de la femme du Fuuta, lieu de rendez-vous des oiseaux, des écureuils, des hérissons, où herbes dites mauvaises ou sauvages se développaient dans une anarchie totale.

Irritée, la voisine dénonça auprès des HLM, la dame noire qui, officiellement informée, répondit par une lettre pas du tout administrative. Lettre qui, si elle émut l’administration, ne l’empêcha pas pour autant de rester figé sur ses positions.

C’est ainsi que YuKi repartit chez Véronique.

Yuki était triste, moi aussi. Mais la déception et la tristesse des petits africains furent plus grandes encore.

A SUIVRE


**Dans la fôret de Fontainebleau existe bien la Mare aux fées et la Baignoire du diable.

Safi

***Lire la suite en cliquant sur mois ( Aout 2007)


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