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:: comprendre la crise du capitalisme # 2 ::

Publié le 17 octobre 2008 par Prinkipo
:: comprendre la crise du capitalisme # 2 ::De nouveaux liens pour tenter de comprendre, en dehors des sentiers battus, la crise actuelle.
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Pour commencer, Requiem pour un système qui, à l'instar de Narvic sur Novövision, fait référence à l'article "Le capitalisme touche à sa fin" de l'historien et sociologue Immanuel Wallerstein : "Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation. La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin". Peut-être... En attendant, "la période de destruction de valeur qui clôt la phase B d’un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d’entrée dans une phase A, lorsqu’un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais, explique, Immanuel Wallerstein, le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu’il est techniquement possible pour retrouver l’équilibre, mais il est fort probable qu’ils n’y parviendront pas".
Le risque est que notre monde plonge davantage encore dans la barbarie. Cette sombre perspective est évoquée dans "Crise économique, crise financière, crise du capitalisme" du journaliste Jacques Cotta, sur le site La Sociale : "Le point de départ de la crise financière à laquelle nous assistons n’est donc pas à rechercher, comme on voudrait nous y inviter, dans la finance en soi, mais bien dans l’organisation du système capitaliste qui produit des crises successives au sein de l’économie réelle et qui pousse au développement des marchés financiers pour tenter d’y faire fructifier l’argent qui y est misé. Si aujourd’hui les indices boursiers continuent de faire du yo-yo et si la mine inquiète des spéculateurs remplace l’air réjoui des deux derniers jours, c’est uniquement parce qu’on assiste aux premiers effets de la crise financière qui à son tour agit sur l’économie réelle. De crise financière et crise bancaire, elle affecte les capacités d’emprunt des entreprises comme des particuliers et menace en fin de course l’emploi, les entreprises elles-mêmes et la production [...]. La crise économique profonde du système capitaliste qui traverse le monde trouvera son prolongement sur le terrain social. Dans chaque pays et en France. L’emploi, les salaires, les services publics, la sécurité sociale – dont le déficit de 11 milliards d’euros était abyssal alors que 360 milliards pour les banques sont débloqués en une soirée- les retraites, l’éducation… tout ce qui constitue le ciment de la vie collective va être mis à rude épreuve". Et d'ajouter : "Il est assez cocasse dans ce contexte d’entendre tous les discours et de voir toute l’agitation dont le seul but est la préservation du système capitaliste qui pourtant porte en lui la tempête qui se déchaîne sous nos yeux".
Une analyse intéressante, à mon sens, se trouve dans Lutte de classe, la revue théorique de Lutte Ouvrière : "L’économie capitaliste vers la crise généralisée". La chronologie de la crise, ses causes, c'est-à-dire les contradictions du système capitaliste, y sont décrites avec précision. On y trouve surtout cet extrait du programme de transition de Léon Trotsky à l'aune duquel on peut relire l'actualité de ces deux dernières semaines dominées par l'interventionisme de l'Etat : "L’impérialisme signifie la domination du capital financier. À côté des consortiums et des trusts, et souvent au-dessus d’eux, les banques concentrent dans leurs mains le commandement réel de l’économie. Dans leur structure, les banques reflètent, sous une forme concentrée, toute la structure du capitalisme contemporain : elles combinent les tendances du monopole aux tendances de l’anarchie. Elles organisent des miracles de technique, des entreprises gigantesques, des trusts puissants ; et elles organisent aussi la vie chère, les crises et le chômage. Impossible de faire un seul pas sérieux dans la lutte contre le despotisme des monopoles et l’anarchie capitaliste, qui se complètent l’un l’autre dans leur œuvre de destruction, si on laisse les leviers de commande des banques dans les mains des rapaces capitalistes. Afin de réaliser un système unique d’investissement et de crédit, selon un plan rationnel qui corresponde aux intérêts du peuple tout entier, il faut fusionner toutes les banques dans une institution nationale unique. Seules, l’expropriation des banques privées et la concentration de tout le système de crédit entre les mains de l’État mettront à la disposition de celui-ci les moyens nécessaires réels, c’est-à-dire matériels et non pas seulement fictifs et bureaucratiques, pour la planification économique. L’expropriation des banques ne signifie en aucun cas l’expropriation des petits dépôts bancaires. Au contraire : pour les petits déposants, la BANQUE D’ÉTAT UNIQUE pourra créer des conditions plus favorables que dans les banques privées. De la même façon, seule la banque d’État pourra établir pour les fermiers, les artisans et les petits commerçants des conditions de crédit privilégiées, c’est-à-dire à bon marché. Néanmoins, plus important encore est le fait que toute l’économie, avant tout l’industrie lourde et les transports, dirigée par un état-major financier unique, servira les intérêts vitaux des ouvriers et de tous les autres travailleurs. Cependant, l’étatisation des banques ne donnera ces résultats favorables que si le pouvoir d’État lui-même passe entièrement des mains des exploiteurs aux mains des travailleurs". A noter, en outre, dans la même revue, "Etats-Unis - Le New Deal de Roosevelt : le sauvetage du grand capital par l'Etat" et, dans l'hebdomadaire, "Le krach de 1929 et la crise de l'économie capitaliste : un précédent d'une brûlante actualité" : deux rappels historiques qui permettent de remettre en perspective la "crise financière" actuelle...
A lire aussi "La crise du capitalisme et l’importance actuelle de Marx 150 années après les Grundrisse. Entretien avec Eric Hobsbawm". Le célèbre historien y préconise notamment la lecture de Marx : "Pour quiconque est intéressé par les idées, qu’il soit un étudiant universitaire ou non, il est manifeste que Marx est et restera comme l’un des grands esprits philosophiques et des analystes économiques du dix neuvième siècle et, au plus haut de son expresion, un maître dans une prose passionnée. Il est également important de lire Marx parce que le monde dans lequel nous vivons, ne peut être compris sans l’influence que les écrits de cet homme eut sur le XX e siècle. Et finalement, il devra être lu parce que comme il l’a écrit lui-même, le monde ne pourra être changé de manière effective à moins qu’il soit compris, et Marx reste un superbe guide pour la compréhension du monde et les problèmes auquels nous devons faire face". Les étudiants allemands l'auraient-ils compris ? En tous les cas, indique Actualitté, en Allemagne, Le Capital de Marx séduit tout particulièrement, « ceux d'une génération de jeunes universitaires, qui en sont venus à admettre que les promesses de bonheur du néo-libéralisme n'ont pas été tenues ». Et les librairies de tout le pays font état de conclusions similaires, puisque les ventes auront augmenté de 300 %, bien que les chiffres exacts n'aient pas été cités"...
Accessoire, mais non sans titiller notre curiosité : "Le capitalisme contre la démocratie" de Noam Chomsky, un article dans lequel le célèbre intellectuel américain affirme que "la liberté de circulation des capitaux et les libertés démocratiques sont en relation inverse". Et dans une perspective moins radicale encore, et plus précisément sur la question de la nationalisation des banques, un article de Mouvements, qui est l'une des revues de la gauche morale, dans lequel il est préconisé, pour sauver le capitalisme, de "nationaliser le secteur bancaire !"...

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