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:: Brève revue du mouvement ouvrier # 1 ::

Publié le 17 octobre 2008 par Prinkipo
Sarkozy disait : « désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit ». La lutte de classe, pourtant, pendant que la capitalisme mène le monde à sa perte, continue bel et bien. Pour bien s'en rendre compte, chaque semaine, Recriweb rassemblera dans cette chronique tous les articles qui témoignent de la réalité du mouvement social, en France et dans le reste du monde. ___________________________________________________________________
En France, c'est d'abord la grève, aujourd'hui, dans les écoles parisiennes : "Les principaux syndicats d’instituteurs appellent à la grève dans les écoles jeudi à Paris. Le mouvement s’annonce massivement suivi avec 40% à 65% de grévistes attendus selon les sources, et plus de la moitié des établissements de la capitale touchés, selon le rectorat. [...] “Cette année scolaire, qualifiée sans ironie d”année des enseignants’ par le ministre de l’Education nationale, voit se dérouler des attaques sans précédent contre l’école“, écrivent les syndicats dans un communiqué commun. “La réforme de l’école primaire est mise en place au pas de charge: nouveaux programmes, stages de remise à niveau, service minimum d’accueil, suppression de postes, suppression de la formation“, ajoutent les syndicats".
Dans le secteur automobile, un correspondant de Lutte Ouvrière à l'entreprise Peugeot de Poissy rapporte qu'une trentaine d'intérimaires, parmi les 400 qui ont été brutalement "rayés des effectifs en production", n'ont donc pas repris le travail après une pause : "Ils se sont réunis dans une salle et ont décidé d'aller discuter sur la chaîne accompagnés de délégués CGT et de quelques salariés en CDI, pour parler avec leurs camarades. « Même si on ne fait pas reculer Peugeot, on ne va pas se laisser jeter dehors sans protester ». LO rappelle qu'il en a été de même chez Renault il y a deux semaines où "plusieurs centaines de travailleurs s'étaient déjà mis en grève pour exiger la suspension des suppressions de postes et le paiement à 100 % des jours chômés" (chômage technique) imposés à Renault Sandouville. Renault Sandouville, précisément, où Sarkozy venu rendre visite à Ghosn a raté l'occasion de voir de ses yeux vus des travailleurs grévistes : "À l'appel de la CGT, 800 ouvriers de l'usine se sont mis en grève. Plus de 200 autres travailleurs d'entreprises sous-traitantes travaillant sur le même site, telle que Faurécia, Plastic Omnium, Lear, ou des salariés d'autres entreprises de la région comme Renault Cléon, près de Rouen, la Fonderie de Normandie, etc. étaient venus soutenir ceux de Sandouville. Ensemble, ils attendaient un Sarkozy qu'il a été impossible de dénicher. Le visiteur-président a par la suite expliqué lui-même son changement de programme : "J'aurai bien voulu les rencontrer, mais comme il y avait un mot d'ordre de grève, c'est difficile de rencontrer les salariés quand ils font grève". Lesquels ont remis ça lundi dernier, rapporte le quotidien L'Humanité : "deux cents salariés ont bloqué pendant plusieurs heures les quatre accès à l’usine pour protester contre ces suppressions d’emplois et contre le flou des mesures d’accompagnement proposées par la direction." LO précise dans son dernier numéro : "Après le succès de la manifestation du vendredi 10 octobre au Salon de l'automobile à Paris, près de 400 travailleurs ont bloqué complètement l'accès à l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, durant toute la matinée du lundi 13 octobre. Bien qu'il ait été possible de passer à pied, aucun des 2 500 travailleurs de l'usine n'a voulu rejoindre son poste de travail. Celle-ci était donc complètement paralysée et il était impossible aux camions d'effectuer la livraison des pièces ou le transport des voitures terminées. En lutte depuis plusieurs semaines, les travailleurs continuent de se battre pour refuser le plan du PDG de Renault, Carlos Ghosn, qui prévoit la suppression de 1 000 emplois sur les 3 700 que compte l'établissement. Ils refusent le choix de la direction de Renault de les mettre en chômage technique une semaine sur deux et de leur faire perdre ainsi près de 400 euros par mois".
A Flins, Lutte Ouvrière évoque un autre mouvement : "Cela fait plus de deux semaines que les travailleurs de l'équipe de nuit des Presses de Renault Flins débrayent pour protester contre la suppression de neuf postes [...]. Jeudi 2 octobre, quand ils ont défilé dans les ateliers aux cris de « Aujourd'hui, c'est nous. Demain, c'est vous », les travailleurs de l'équipe du matin les ont soutenus et certains ont débrayé pour se joindre à leur cortège".
Les salariés de la Poste sont également en lutte contre sa privatisation. Rouge, l'hebdomadaire de la LCR, note notamment que des comités locaux se mettent en place : "Il s’agit maintenant, explique Bruno Quignard, de donner un caractère de masse à ces initiatives". Il s'agit, en fait, précise-t-il, de rendre possible un débat public et un référendum sur l’avenir du service public. En attendant, Hactivist News Service propose l'intégralité de l'appel unitaire à la grève le 14 novembre. Extrait : "La directive européenne présentée cette semaine par la Commission de Bruxelles fait peser de graves menaces sur le devenir du service public postal et sur l’avenir de son personnel. En effet, les études sur lesquelles s’est basée la Commission pour proposer l’ouverture totale du marché dès le 1er janvier 2009 annonce la couleur. Cette libéralisation aura des conséquences directes pour les usagers et le personnel : fin de la péréquation tarifaire, augmentation des tarifs aux particuliers, milliers de suppressions d’emplois, une égalisation par le bas des statuts et le développement du travail intérimaire et du temps partiel... ! De plus, au-delà de l’ouverture à la concurrence, c’est au statut public de La Poste que s’attaque la commission européenne au travers des nombreuses procédures (livret A, garantie de l’Etat, retraites...)." Lutte aussi dans les "trois sites de la Caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne, à Créteil, Champigny et Thiais, ainsi que des petites permanences locales se sont mis en grève (reconductible) à trois reprises, les 9, 10, et 13 octobre. [...] Il s'agit pour le moment de grèves limitées à 55 minutes par jour, car la loi anti-grève fait perdre une demi-journée de salaire aux grévistes de la CAF et autres organismes de la Sécurité sociale dès que la durée d'une grève atteint une heure. Ce mouvement a été appelé par une intersyndicale FO, CGT et CFDT, à la suite d'une forte vague de ras-le-bol parmi le personnel" [LO].
Autre fait marquant, rapporté cette fois par L'Humanité, "la police a forcé l’entrée du site toulousain de Météo France vers 22h35 pour dégager les accès bloqués par une centaine d’agents de Météo France qui l’occupaient pour empêcher l’entrée de l’équipe de nuit". Le quotidien communiste explique, en outre, que "les agents de Météo France ont déposé un préavis de grève pour toute la semaine contre un projet de fermeture de 60% des 115 centres départementaux de Météo-France (CDM) d’ici à 2017, ramenant leur nombre à une quarantaine et supprimant au moins 500 postes sur 3.700 par non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux". Enfin, Hactivist News Service précise ce mercredi que "malgré l’intervention policière, le blocage continue à Toulouse" [voir aussi l'article de LO].
Enfin, dans l'entreprise HP à Fussy, à proximité de Bourges, ce sont 80 % des salariés qui se sont mis en grève ce vendredi 10 octobre pour la sauvegarde de leur emploi.
Dans le reste du monde. Dans Hactivist News Service, on peut lire qu'en Colombie, les travailleurs de la canne à sucre sont en grève : "Quelques 18 000 travailleurs/euses du sucre de la région de la vallée du Cauca en Colombie, représentés/es par le Syndicat national des coupeurs de canne à sucre (SINALCORTEROS), sont en grève depuis le 15 septembre. L’UITA fait appel au soutien international en leur faveur. Bien que la production d’éthanol à partir du sucre soit en pleine expansion et que les propriétaires des usines réalisent des profits exceptionnels rendus plus alléchants encore par les exemptions fiscales, la situation des coupeurs de canne à sucre continue de se détériorer. Les travailleurs/euses du sucre de Valle del Cauca reçoivent un salaire de misère pour 14 heures de travail par jour ou plus, sept jours par semaine. Le travail est débilitant, les blessures et les maladies professionnelles sont courantes et le milieu de travail, comme l’eau potable, est fortement pollué par les pesticides. Les coupeurs de canne à sucre sont employés par les "coopératives" fantoches favorisées par le gouvernement colombien afin de libérer les véritables employeurs de toute obligation de négociation collective et de prestations de santé et de retraite, que les travailleurs/euses doivent donc payer eux-mêmes. Ces "coopératives" fournissent une armée de travailleurs/euses contractuels aux usines de broyage et aux usines d’éthanol (situées dans les zones franches bénéficiant d’exemptions fiscales additionnelles)".
En Iran aussi, les travailleurs de la canne à sucre sont en lutte: "Quelque 1500 travailleurs de cet immense complexe [de Haft-Tapeh] ont arrêté le travail y compris dans les secteurs de la logistique, l’ingénierie, les services, l’entretien, les ateliers mécaniques et l’administration. L’usine avec plus de 5000 employés est pratiquement à l’arrêt pour faute de payement des salaires. La direction, nommée par le pouvoir, a au moins six mois de retard".
En Iran toujours, on apprend, dans L'Humanité, que "le grand bazar de Téhéran, qui joue un rôle pivot dans l’économie du pays, a durci dimanche son mouvement de grève, désormais générale, pour protester contre la décision du gouvernement d’imposer un nouvel impôt".
Enfin, une dépêche de l'AFP, reproduite sur le site Solidarité ouvrière, nous informe qu'aux Etats-Unis, sur les sites de Boeing autour de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest), de Wichita (Kansas, centre), de Portland (Oregon, nord-ouest) et en Californie (ouest), ce sont 27 000 mécaniciens qui sont en grève depuis le début du mois de septembre !

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