Magazine Focus Emploi

Obama, la leçon de marketing

Publié le 18 octobre 2008 par Christophe Benavent


Il y a bien longtemps que le domaine politique est le laboratoire des pratiques Marketing. Déjà, en 1936, George Gallup, prédisait avec les techniques modernes de sondage d’opinion, le succès de Roosevelt (en passant rappelons que David Olgivy fût un de ses assistants).

Aujourd’hui c’est Obama qui clairement estle foyer des nouvelles inventions. Francis Pisani en donne les grandes lignes.

Il y a d'abord l’usage d’une mégabase de 220 millions comme le décrit un article de Bloomberg , et qui est gérée par Catalist. L’étonnant est que la firme se présente à la fois comme un fournisseur de services , mais qui les destine aux organisations progressistes ! Une plateforme de marketing politique au service des Sénateurs, des gouverneurs, des représentants, des militants. 200 millions d'américains surveillées par quelques dizaines de milliers de partisans. Au fond, il y a un côté chinois dans la méthode!

Le second élément est l’usage des réseaux sociaux. Facebook bien sur avec l’embauche de Chris Hughes, , Les wikis , le mobile , aussi et même les jeux vidéos comme le montre la photo qui illustre ce post. Mais fondamentalement, il y a le mouvement qui se donne comme une appropriation du candidat .

Mais les outils ne sont rien sans stratégie. On trouvera dans ce post , une analyse aussi intéressante qu’elle est en phase avec la pensée marketing actuelle : conquérir ou conserver.

Le choix d’Obama est celui de la conquête, allant à contre sens du discours marketing commun tel qu’il est promulgué depuis Reichheld. Mais une conquête segmentée. Une base unie, ça a été difficile! Il fallait retrouver les trouppes de Hillary, Est-ce vraiment fait? Mais des incursions significatives dans les poches de l'opposant. Au delà de remporter le suffrage des indécis, la victoire se tient dans la capacité à convaincre une frange des opposants.

Mobiliser ou faire bouger les lignes. Fausse alternative au fond. Mobiliser toujours, quant à faire bouger les politiciens ne peuvent pas, c'est le terrain des idéologues. En attendant, les deux, mon capitaine !!! La victoire en politique nécessite le passage du seuil des 50%, elle ne se satisfait pas du gain de quelques points de parts de marché. Cette victoire exige donc d’être à la fois la capacité de mobiliser les votes acquis et de conquérir une part des voix opposantes.

La vertu du positionnement peut parfois aider, un Mitterrand a su user de ce registre, Sarkozy aussi mais tous reconnaissent que c’était une duperie. La leçon de marketing d’Obama, est que le positionnement ne suffit pas, la stratégie est nécessaire mais pas suffisante, il faut encore faire de ces mouvements, un mouvement, et animer le flux par des instruments puissants.

Ces instruments nous les avons évoqués sans préciser leurs qualités. Deux d’entre elles nous semblent fondamentales. La première est qu'ellent sont massives, la base de données couvre la quasi totalité de la population et met à disposition ces données à la totalité des militants. La leçon c'est : supporter les troupes avec un renseignements d'extrême qualité.

La seconde est relative à l'action et au choix de favoriser de petites choses, une idée modeste. Cette idée est celle qu’on change le monde moins par des changements de structure mais par de petites actions, une grande résolution et la vertu de l’exemple.

Je serais tenté d’y voir ici l’héritage moins des technologues que de quelques philosophes. Un Thoreau ou un Gandhi serait à mettre en tète de liste. La chance en plus est que l’initiative de chacun peut être renforcée par les plateformes de tous le monde…


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Christophe Benavent 205789 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte