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Ce soir je me déguise en Robert Christgau

Publié le 18 octobre 2008 par R0udy

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(courte séance de rattrapage pour les gens normaux)

En verve, je suis prêt à prodiguer mes conseils musique parfois à côté de la plaque à travers de concises et condescendantes critiques au format télégramme. Précision : j'ai beau être un vieillard, j'apprécie le hip-hop ; quoi que je me garderai de trop en discourir pour cette fois. C'est parti, que mes confrères gonadés n'oublient pas leurs plaquettes de Sildénafil chéries pour paraître excités lorsqu'on en arrivera à Janelle Monàe.

Ce soir je me déguise en Robert Christgau
Lykke Li - Youth Novels : Déjà doublement évoquée ici, la demoiselle s'offre une troisième mention grâce à la sortie de son premier album, à vrai dire un brin décevant car étouffé par ses propres innombrables démarches artistiques. Lovée dans sa seule voix, la suédoise oublie rapidement que n'est pas Björk qui veut et se dissipe après les deux premiers morceaux. De la très jolie musique ponctue tout de même l'immaturité d'un projet au final bien nommé, Melodies & Desires, Dance Dance Dance (offert cette semaine sur l'iTunes Store français), My Love, Hanging High, That Trumpet In My Head et Window Blues restant à retenir. A noter qu'un titre exclusif est téléchargeable sur le site de l'artiste.

Ce soir je me déguise en Robert Christgau
Janelle Monàe - Metropolis Suite I of IV: The Chase : Première ligne de l'EP : “I am an alien from outer space”. La voix atypique de Jane fonctionne, en bref, partout, de son hommage déguisé aux Beach Boys à sa ballade littéralement space-opéra. Monàe, c'est la classe authentique, une espèce rare aujourd'hui disposable entre Chrisette Michele et Amon Tobin, au charisme impressionnant et à l'avenir radieux. Offrez vous quelques minutes dans le Manhattan des années cinquante en prêtant une oreille à son passage chez les Jaspects sur Broadcasting the Definition, aussi.

Ce soir je me déguise en Robert Christgau
The Foreign Exchange - Leave It All Behind : Intégralement chanté, le très récent disque du collectif américano (Phonte a.k.a. Little Brother) - allemand (Nicolay, auteur d'un paquet de releases vinyle en solo dont le remarquable City Lights Volume 1.5), bien qu'à mon avis un cran inférieur à leur premier essai, fait mouche et s'inscrit tranquillement parmi les valeurs sures nu-soul de cette fin d'année ; l'enchaînement Sweeter Than You/Valediction/If It Is Love justifiant à lui seul l'achat.

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 Bon Iver - For Emma, Forever Ago : Tout simplement fabuleux… Après avoir écouté For Emma, Forever Ago, vous jouerez au frisbee avec votre galette fétiche des Fleet Foxes pourtant encore flambante neuve.

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Stacy Epps - The Awakening : Jusqu'à aujourd'hui, le nom de Stacy Epps n'était associé qu'à Eye, un interlude en apesanteur sur Madvillainy, l'un des incontournables de 2004. J'ai cette semaine eu la chance d'écouter le disque fraîchement pressé de Miss Epps, et pour ainsi dire ressenti la grisante sensation de me trouver en compagnie d'un classique instantané, excuse my french. Une voix fabuleuse sublimée par des inflexions originales et une production irréprochable, 11 pistes de bonheur dont quelques unes rappées calant directement Stepps aux côtés de Jean Grae et son Jeanius sur le bitches brew ; dix dollars sur le Myspace de la chanteuse.

Ce soir je me déguise en Robert Christgau
Raashan Ahmad - The Push : Je n'ai pas encore réécouté le disque, mais ma première réaction fut assez proche de l'hilarité et suppose donc une opinion définitive au moins enthousiaste. Je vous invite donc jusqu'à nouvel ordre à écouter ce petit bijou de hip-hop au swag aussi enjoué que ses beats, passé inaperçu à sa sortie en mai chez Om Records (éditeurs du classique The Healing des Strange Fruit Projects). Track 2, track 3. Il y en a 16.

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Madlib - Beat Konducta Vol. 6:  Dil Withers Suite : Seconde des trois sorties d'automne de Madlib (après Madvillainy 2, j'évoquais non sans malice l'invasion ici), le sixième chapitre des instrumentaux Beat Konducta constitue l'hommage posthume du beatmaker attitré de Stones Throw à son proche J Dilla, avec lequel il avait notamment collaboré le temps d'un Champion Sound pour le moins épique en 2003. Difficile à décrire, l'LP paraît embué mais profond… A écouter dans tout les cas, je ne l'ai pour l'instant pas digéré.

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Madlib - WLIB AM: King Of The Wigflip : Plus proche des productions habituelles de Lootpack, le tant attendu KotW ne déçoit pas et assure la promotion des newcomers du label californien. Quelques bangers (Guilty Simpson et Frank-N-Dank toujours aussi efficaces au mic), pas mal d'expérimentations avec J-Rocc, Medaphoar, Oh No et toute la clique des aliénés, deux-trois passages soulful dont un mémorable The Plan Part. 1 porté par l'imprévisible Georgia Anne Muldrow, des What It Do et The Way That I Live rappelant les talents respectifs de Kweli et Stacy Epps brossent le portait global du disque et forment sans forcer l'une des sorties majeures indépendantes de cette fin d'année.

Soon on Fingerprints…

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