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La crise, encore et toujours : quelques brèves

Publié le 18 octobre 2008 par Objectifliberte

Quelques brèves pour patienter avant de prochaines séries d'articles un peu longs à accoucher. Du plus distrayant au plus flippant.

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Un autre visionnaire, qui avait dès 2002 tout compris de la crise du crony capitalism :

Dilbert


A quand le Nobel de littérature pour Scott Adams ? (hat tip Johan Norberg )

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Et ils sont oùù, et ils sont oùù, et ils sont oùù les libérauuux ? Brice Couturier, chroniqueur à France Culture, Estime que les éditorialistes ont tort d'enterrer la pensée libérale. Au contraire, malgré la crise, les libéraux les plus pugnaces sont vent debout et font face à l'adversité. Je suis cité parmi ces résistants à la vague des "New Dealers",  au milieu de Salin, Baverez, Landier et Thesmar... Merci, M. Couturier.

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Subprime governator -- L'élection de Schwarzy en lieu et place d'un gouverneur démocrate bien piètre gestionnaire avait fait naître pas mal d'espoir chez les libéraux. Hélas, Arnold Schwarzenegger n'a pas su mieux gérer la Californie que le dénommé Gray Davis qui a gagné à être oublié. L'état de Californie, durement touché par la crise des subprimes, voit ses recettes chuter. Terminator demande donc un prêt d'urgence à la FED de 7 malheureux milliards pour ne pas se déclarer en cessation de paiement dès le mois d'octobre. C'est à dire... Maintenant.

Décidément, les bailouts sont à la mode !

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Retour sur Fannie et Freddie -- Russell Roberts, l'un des duettiste du Café Hayek de la George Mason University, revient dans le Wall Street Journal sur le rôle des objectifs fixés par le HUD à Fannie Mae et Freddie Mac, et sur le CRA, avec des données plus précises que les miennes. Pour les amateurs de chiffres.

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Nationalisations :  une gigantesque spoliation organisée par l'Etat ?  Telle est la thèse d'Aurélien Véron, qui, lorsqu'il ne dirige pas le PLD, analyse les questions financières internationales. Selon lui, les états sont en train d'organiser une vaste spoliation des actionnaires des banques, fondée à la fois sur une manipulation des cours et un délit d'initié. Un privé ferait ce que fait l'état charognard, il serait pendu haut et court...

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Alain Madelin dans Les Echos -- Alain Madelin, Ancien ministre des finances (précision donnée aux lecteurs étrangers non familiers du libéralisme Français, si il y en a qui pssent ici) confirme dans une tribune synthétique dans "Les Echos" l'ensemble de l'nalyse déjà développée dans ce blog sur les causes de la crise des subprimes : interventionnisme de l'état fédéral US et surcharge de réglementations totalement inadaptées.

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La crise des marchés est loin d'être terminée -- Selon the tropical Bear, alias Loïc Abadie, qui est un des rares à avoir prédit la sévérité de la crise bien avant qu'elle ne se produise (le Roubini Français, si vous voulez...), la crise du marché financier va encore durer unbon bout de temps. En cause: le besoin urgent de cash de la part d'acteurs financiers surendettés, qui provoque un vaste "Deleveraging".

Un quoi ? Pour tout comprendre sur la déflation des actifs et le "deleveraging", allez rendre visite à l'Ours des tropiques.

Le plus vraisemblable pour la purge des excès de dette reste le scénario en deux temps que je privilégie depuis le début de cette crise : déflation / deleveraging dans une première phase, inflation par flambée des déficits publics et surendettement des états dans un second temps. Les deux phases contribuant à résorber la dette en excès : liquidation réelle dans la première phase, dilution dans la seconde.

L'inflation, voire l'hyper-inflation, comme seul remède à l'hyper endettement... Voilà qui promet des jours bien, bien sombres...

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Le plan Paulson mènera-t-il le monde à la faillite ? -- Comme je l'ai dit auparavant, les incitations créées par le premier plan Paulson, celui où il "sauvait" Fannie Mae et Freddie Mac, sont terrifiantes: elles donnent aux emrpunteurs étranglés par le paiement de leurs mensualités une prime à l'irresponsabilité et à la malhonnêteté en les incitant à arrêter de rembourser leur prêt. Voici ce que j'écrivais en Août:

Le sauvetage de Fannie et Freddie coûtera bien plus cher au contribuable américain. En effet, le plan voté fin juillet prévoit que le gouvernement soutienne à bout de bras les emprunteurs dont la situation financière se situe au delà de certains critères d'insolvabilité.
Imaginez un seul instant que vous soyez un emprunteur très endetté, mais que vous ayez jusqu'ici fait l'effort de payer à tout prix vos traites, en vous restreignant sur tout le reste. Mais le gouvernement vote une loi qui vous donne accès à une bouée de sauvetage financée par le contribuable si votre situation devient un poil plus mauvaise, transformant une perte en un gain. Quel serait votre choix ? Et celui de milliers, voire de millions d'emprunteurs, dans ce cas ? Il est à craindre que les quatre cent mille crédits initialement refinancés par l'état fédéral pompier deviennent plusieurs millions à l'arrivée !

D'ailleurs, H. Paulson, le secrétaire au trésor, a fait inclure dans la loi de sauvetage ("bailout") de Fannie et Freddie, un rehaussement de la limite légale d'endettement de l'état fédéral de... 800 milliards de dollars, soit 16% de l'encours total de crédits accordés ou soutenus par les deux GSEs. On n'est jamais trop prudent, encore que...

... Encore que.

Ai-je été encore trop optimiste ? Dans une tribune pour le San Diego Union Tribune, Peter Schiff, président d'un gros fond d'investissement, prévoit lui aussi, sur un ton ironique-amer, que le plan Paulson coûtera bien plus au contribuable que les sommes annoncées, et que ces terribles incitations ne font que renforcer le risque de faillite généralisée de l'oncle Sam :

When a financial institution holds a mortgage, homeowners must live with the fear of foreclosure. Private institutions only have obligations to shareholders. In the case of a defaulting borrower, they will look to recover as much of their principal as possible. If foreclosure is their best option, they will take it in a heartbeat.

The government has no such obligations. Its only goal is to keep voters happy. After supposedly bailing out the fat cats on Wall Street, no politician wants to be accused of evicting struggling families. Once you understand this, all of your anxiety should melt away. Why pay your mortgage if foreclosure is off the table, and if you know that lower payments, and possibly a reduced loan amount, would result? A tarnished a credit rating is a small price to pay for such a benefit.

Unfortunately, this boon will not extend to those foolish individuals who either made large down payments or resisted the temptation of cashing out equity. The large amount of home equity built up by these suckers, I mean homeowners, means that in the case of default foreclosure remains a financially attractive option. As a result, these loans will be much less likely to be turned over to the government.

If your mortgage does become the property of Uncle Sam, the growingly popular impulse to “just walk away” should be replaced by “just stay and stop paying.” No one will throw you out. After a few months, or years, of living payment free, you will get a call from a motivated government agent eager to adjust your loan into something affordable.

(...)

Taxpayers, however, will not be so lucky. The savvy investment strategists who see the government turning a tidy profit on its mortgage purchases have not factored in the incentives that will discourage nonpayment. The only way the government will be able to profit would be to buy the mortgages at deep discounts to actual loan values. However, if the purchase prices are too low, the plan will bankrupt the institutions it is trying to bail out. On the other hand, if it substantially overpays, which seems far more likely, it will bankrupt the nation.

In any event, as more and more borrowers succumb to the allure and safety of nonpayment, look for the number of troubled assets to swell. This will ensure that the $700 billion merely represents the first installment in what will be a multitrillion-dollar plan. Just as government policies provided the primary impetus in blowing up the housing bubble earlier in the decade, its latest attempt at market manipulation will only result in making a terrible problem far worse.

Sans forcément aller jusqu'à évoquer la faillite de l'oncle Sam, il est exact que tant le premier plan Paulson que le second portent en germe des incitations pour les débiteurs à se comporter en mauvais payeur. Un état "nounou" tel que semble le rêver Barack Obama aura-t-il le courage de forcer les débiteurs à rembourser les dettes dont il sera devenu détenteur ?

Toutes les alternatives qui auraient permis de forcer des accords rapides de titrisation entre créanciers et actionnaires, quitte à utiliser les montagnes de cash qui actuellement sont prêtées aux seuls états pour assurer la liquidité interbancaire à court terme, auraient été préférables. Créer un fonds financé par la dette, donc par les contribuables d'aujourd'hui (paiement des intérêts), et de demain (remboursement du principal), pour forcer l'état à assurer le rôle de repreneur de créances douteuses, était l'exposer à de graves déconvenues à terme. En voulant transformer le trésor américain en Hedge Fund, Hank Paulson a gravement joué avec le Feu.

De là à parler de banqueroute possible de l'oncle Sam, comme le fait Schiff, il y a peut être encore un peu de marge, (la capacité d'endettement des USA reste élevée) mais l'hypothèse ne peut en aucun cas être écartée d'un simple revers de manche : en cas de nouvelle turbulence grave du systèle financier américain, la confiance des emprunteurs envers un tel débiteur sera-t-elle intacte ? Et je préfère ne pas trop penser aux conséquences pour l'instant...

Tous les analystes et politiciens qui saluent "le retour de l'état aux commandes" devraient réellement se demander pourquoi le socialisme, qui s'est à maintes reprises révélé tellement inefficace en temps normal, deviendrait comme par magie la solution miracle à tous les problèmes du monde pendant une crise majeure. Sous les cendres de l'incendie en cours d'extinction, le feu couve encore, et rien ne dit que le sauvetage des meubles au prix fort à court terme ne se paiera pas cash dans les années à venir.

Pourvu que je me trompe !
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