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Université de la Terre

Publié le 20 octobre 2008 par Ecosapiens

Université de la TerrePas évident de se lever un dimanche matin quand on a dansé vers Belleville jusqu’à 4h du matin. Mais comme c’est pas tous les jours qu’on peut visiter l’UNESCO, je me suis fait violence pour être à l’heure à l’Université de le Terre.

L’Université de la Terre, c’est un peu comme le festival Science Frontières à Marseille. Dans un cadre prestigieux, on invite des personnes influentes qui gravitent autour de l’environnement et de l’économie. Ministres, dirigeants de grandes entreprises, sociologues, responsables d’ONG, figures médiatiques… tous sont réunis pour l’occasion à l’initiative de François Lemarchand (Nature et Découvertes).
Ce qui est toujours étonnant et stimulant avec ce genre d’évènement, c’est qu’on se retrouve aussi bien avec un Pierre Rabhi qu’un Jacques Attali. De l’humilité biodynamique à la libération de la croissance. Sacré grand écart !

Personnellement, je suis allé voir ce qui nous intéresse, à savoir: “Comment et qu’allons-nous consommer demain ?” avec Mick Bremans (société ECOVER), Elisabteh Laville (cabinet Utopies) et Michel Maffesoli (sociologue… à la mode).
Dison-le tout de suite: la question n’a pas été traitée. Chaque fois que le thème de la consommation est abordée, c’est un perpétuel jeu de balle à trois. “Si la consommation éthique peine à décoller, c’est la faute aux consommateurs” disent les industriels. “Nous sommes prêts à consommer autrement, mais l’offre n’existe pas“, répondent les consommateurs. “Il faudrait que les politiques soutiennent d’autres modes de consommation” s’accordent industriels et consommateurs.

Heureusement qu’Elisabeth Laville a pris la parole régulièrement pour expliquer qu’au fond, ce sont tout de même les industriels qui restent fébriles avant tout.

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est le rôle du sociologue Michel Maffesoli. On m’avait dit que c’était un sociologue original, accordant plus de poids à l’imaginaire qu’à l’irrationnel. En réalité, j’écoutais un professeur qui a passé vingt ans à développer une pensée propre, et qui du coup, filtre tout à travers sa grille de lecture. Qu’on évoque le “marketing tribal”, la “consommation horizontale” en annonçant que ce sont ces modes de consommation qui allaient revenir en force, je ne vois pas trop ce qu’il y a de nouveau. Se pourrait-il qu’il n’ait jamais entendu parler de “la société de consommation” de Baudrillard publié il y a 40 ans maintenant ?

Et surtout, prétendre que la conception ascétique était à l’origine du capitalisme (thèse de Weber sur le protestantisme) et donc qu’il fallait se méfier des préoccupations éthiques dans notre manière de consommer, c’est faire un véritable anachronisme. Dirait-on que, la société chrétienne ayant abouti à l’ultra-libéralisme, il faut comprendre que la parole “aimez-vous les uns les autres” soit à l’origine de l’individualisme d’aujourd’hui ?

Bref, la mode est à inviter des penseurs en vue, qui n’ont pas forcément grand chose à raconter sur les sujets proposés; ils en profitent pour exposer leurs résultats de vingt ans de travaux. J’aurais préféré un sociologue qui aurait vraiment pu apporter quelque chose au sujet comme Bruno Latour par exemple.

site de l’Université de la Terre


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