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203° Rouspétons, c'est mieux que de ne rien faire...

Publié le 20 octobre 2008 par Jacques De Brethmas

La présidentocratie est en marche...

Les médias de toutes sortes se sont répandus sur la facilité avec laquelle on avait trouvé 2000 milliards entre l'Amérique et l'Europe, soit trente fois la somme qui permettrait de résoudre définitivement le problème de la faim dans le monde.
Les journalistes français se sont esbaudis de trouver sous le sabot du cheval de notre présidentocratie les 300 milliards nécessaires au renflouement de nos banques, alors qu'il y a quelques semaines, le premier ministre s'était plaint d'être à la tête d'un état en faillite et le président avait affirmé que les caisses étaient vides.
Nos larmes sont trop sincères et pures pour s'ajouter au flot de cette hypocrisie.
Ce qui me scandalise le plus, ce ne sont pas les faits énoncés, car je m'attends aux pires bassesses des apparatchiks aux commandes, mais la passivité de l'opinion publique, sa couillemollesque indifférence à un tel constat et le manque de réaction des catégories sociales les plus lésées.
Car il y a honnêtement de quoi incendier tous les parlements de la terre ou presque, faire sauter toutes les bourses et conchier tous les guichets de banque. Or à quoi assistons nous?
A rien.
Juste au lamentable face à face de maîtres cyniques et d'esclaves heureux de leur sort.
J'ai honte.

En décembre 2007, Time Magazine titrait « La culture française est morte ». Slogan repris par un quarteron de petits Français touche-à-tout admirateurs du grand bazar outre-atlantique, qui croient que, comme tout le reste, la culture doit être rentable ou ne pas être, et que l'importance d'un créateur se mesure à la pluie de dollars qu'il doit susciter dès le lendemain plutôt qu' à la place qu'il va occuper dans l'histoire de l'art.
Et voilà que la France récolte trois prix Nobel, dont celui de littérature, qu'ils voyaient déjà au cou de leur compatriote Philip Roth, au point d'avoir lancé une polémique sur « l'anti-américanisme du Nobel » en apprenant son attribution au frenchie Le Clézio.
Double camouflet pour l'Amérique qui voit également reconnaître avec le Nobel de médecine à Luc Montagné l'antériorité de la découverte du virus du sida par l'institut Pasteur, découverte que s'était ensuite attribuée l'Américain Gallo.
Pendant ce temps là, les Américains se sont rués dans les salles pour voir Piaf , La Marche de l'Empereur , les Choristes et Amélie Poulain, qui ne sont certes pas des sommets culturels, mais rivalisent largement avec les bombardements, crashes et autres fusillades dont ils nous gratifient avec leurs blockbusters, et pour la frange d'entre eux qui sait lire et à qui l'assurance-maladie locale a pu payer des lunettes, n'ignorent rien d'Amélie Nothomb, de Laurent Gaudé ou de Michel Houellebecq.
On ne sera jamais aussi anti-américain que les anglo-saxons sont anti-français, si on se souvient des accusations de lâcheté à la suite de notre non-intervention en Irak, immédiatement accompagnée d'une puissante représaille culturelle qui a constitué à rebaptiser les pommes frites « liberty fries ».
Anti-américain, moi? Juste assez pour résister à la vague des aventuriers et financiers de tous poils qui nous présentent ce pays comme le modèle idéal où on licencie en une heure, on expulse en trois jours et où un citoyen sur deux n'a pas les moyens de se soigner. Dans l'excellent « Effet papillon » de Canal+, ce dimanche 19 octobre, un journaliste français, (donc perfide?) interrogeait des Américains lors d'un meeting pro-Obama, en leur demandant d'entériner les propositions de McCain. Surréaliste:
- Vous allez voter Obama?
- Oui, c'est le meilleur, il peut le faire !
- Alors, vous êtres d'accord avec lui sur l'interdiction de l'avortement?
- Bien sûr !
- Et aussi sur le maintien des troupes en Irak?
- Bien sûr !
Et dans quinze jours, ces gens là vont voter... Croisons les doigts, serrons les fesses. 75% des Français, 82% des Allemands, 78% des Européens éliraient Obama. Aux Etats Unis, non seulement ce n'est pas évident, mais malgré son avance dans les sondages, on n'est sûr de rien... Les machines à voter sont-elles truquées? Combien de décomptes finiront sur le bureau d'un « juge républicain »?
Assumeront-ils jusqu'au bout de voter pour un noir? Quel avatar, quelle catastrophe les républicains sont-ils capables de provoquer pour bouleverser la donne?
En France, nous avions une petite tradition de libération d'otages quelques jours avant les scrutins. En Espagne, Azenar avait tenté de faire endosser par Al-qaida les attentats de Madrid qui étaient le fait de l'ETA.
De plus en plus, et grâce aux médias modernes, les opinions publiques sont des statues d'argile que les leaders politiques essaient de modeler jusqu'au dernier instant par des moyens qui n'ont plus rien à voir avec des campagnes électorales républicaines.
Chez nous, la présidentocratie bourdonne comme une ruche. Notre président de la République et de l'Europe ne se satisfait déjà plus de ses lauriers et voudrait maintenant sauver le monde. Et redéfinir un capitalisme où les pauvres n'auront pas plus de place pour autant, mais où au moins les nantis pourront s'enrichir sans accident spéculatif. Et s'il est opportun d'appeler l'Inde et la Chine à la table des palabres, il est impossible de compter sans les Etats Unis, d'où tout le schpountz est arrivé.
Or là-bas, une réunion au sommet avant les élections sonnerait irrémédiablement le glas des républicains dont elle censurerait la politique. Comme ils y croient encore, Bush a dit non.
Entre les élections (novembre) et la prestation de serment (février), Bush considère qu'il y serait désavoué, et freine donc des quatre fers, mais ses sbires les plus clairoyants le poussent à s'y sacrifier pour tenter de sauver l'ultra-libéralisme qu'Obama pourrait accepter de tempérer quelque peu. Sarko, lui, voudrait en finir avant décembre parce qu'après le Nouvel-an, il ne sera plus président de l'Europe, et ne pourra plus prétendre endosser le costume de Superman sauveur du monde.
Face à toutes ces contradictions, on en est à un projet de « plusieurs réunions nécessaires » à des dates encore indéterminées. Sûr que ça avance plus vite lorsqu'il y a quelques milliards à gagner que lorsqu'il s'agit de définir des règles.
A propos, savez-vous pourquoi il se passe quelque quatre mois entre l'élection présidentielle américaine (novembre) et l'investiture du nouvel élu? (février) Parce que c'était le temps qu'il fallait, à l'époque où fut rédigée la constitution, pour rassembler en voiture à cheval les suffrages campagnards dans les villes principales, puis dans les capitales des états, et ramener le tout en diligence jusqu'à Washington. L'Amérique est un pays de traditions.
Alors, maintenant, pourquoi sont-ils les champions de la machine à voter alors que ces temps de transports n'ont pas été modifiés? Bonne question.

Justement: dans le même « Effet Papillon » de ce dimanche 19 octobre, on nous montrait les nouvelles églises américaines prônant la foi et la solidité de la famille par l'aboutissement de la relation sexuelle des époux. C'est le pasteur qui organise les cours de cathokamasoutra, incite les prudes noirs américains à s'éclater en pleine lumière et à se livrer à des galipettes toujours plus affriolantes.

Le but premier de la manœuvre, outre de ramener au bercail une frange importante des croyants rebutée par l'avalanche d'interdits hédonistes habituellement assénés par les églises, est de promouvoir une sexualité exclusivement entre époux, productive et contingentée, pour mieux exorciser toutes les autres formes d'activité sexuelle.
http://www.local6.com/news/15338180/detail.html
http://www.wkrg.com/local/article/sunday_night_sex/11968/
Ne nous y méprenons pas: Cette suspecte tolérance, dans l'esprit de ses instigateurs, est censée verrouiller d'autant mieux les voies des plaisirs interdits, notamment l'échangisme et l'homosexualité.
Mais en réveillant les démons, ces pasteurs ne prennent-ils pas un risque? Un pasteur concurrent ne va-t-il pas ouvrir une église gay qui tentera d'annexer, à défaut des valeurs familiales, au moins l'amour et la fidélité? Certains ont déjà essayé... Le marketting religieux est en marche... En tout cas, comme le montre la photo ci-contre du temple de Prestonwood, les églises américaines ne sont pas dans la misère...

Profitons en, avec l'affaire des traders de la Caisse d'Epargne, pour dénoncer cette politique de bouc émissaires héritée de l'antiquité et reprise par les nazis qui veut qu'on apaise le courroux populaire en faisant tomber des têtes, même innocentes, pourvu qu'elles aient été présentées comme coupables.
Qu'est ce qu'une banque demande à ses traders? Qu'ils fassent « des coups » aussi juteux que possible. On les paie des fortunes pour être imaginatifs et audacieux. Ils gagnent souvent, mais évidemment pas toujours. Le bilan global d'un bon trader reste néanmoins extrêmement positif puisque les banques rivalisent d'offres de salaires élevés et de primes substancielles pour s'assurer de leurs services.
Que se passe-t-il en cette période de crise? On jette aux lions quelques traders et une paire de directeurs en montant un de leurs rares loupés en épingle pour se donner bonne conscience. Qui imagine un instant que les choses ne vont pas reprendre comme avant sitôt l'alerte passée? Car de l'aveu même des banquiers que je connais, les investisseurs pépères ne gagnent rien de sérieux et les primes des traders ne sont que des encouragements à la créativité et à l'audace.
Si papy devant son ordinateur pouvait faire aussi bien, les banques ne seraient que de pauvres tirelires.

Terminons cette basse philosophie par quelques nouvelles de la planète homophobe:
Vanneste, qui avait été attaqué Delanoé en diffamation, a perdu son procès.
L'Autriche a modifié sa législation interdisant « la pornographie homosexuelle » qui était illégale jusqu'ici.
Le leader d'extrême extrême-droite Jorg Haider, qui a fait la semaine dernière sa dernière galipette en Mercedes devait être très déchiré à ce sujet: politiquement, il aurait du être opposé à la pornographie en général, et homosexuelle en particulier, mais.....
Mais la presse a bien du mal à dissimuler que cet encombrant personnage, lorsqu'il a eu son fatal accident, sortait quelque peu éméché d'un bar homosexuel, le « Stadtkrämer », 11 Spitalgasse, à Klagenfurt, dont il était un habitué.
Etablissement dont le site internet:
http://zumstadtkraemer.at/
a subitement disparu:
Diese Domain wurde gesperrt!
Mais j'ai la photo!
Nouvelle preuve de ce que les homophobes les plus saignants se recrutent souvent parmi les homosexuels mal assumés. Après les éclatantes démonstrations en la matière du clergé et du sénat américain...
En allemand, StadtKrämer signifie littéralement « bazar municipal ».
La Croatie est le seul pays d'Europe qui a véritablement réagi pour protéger sa Gay Pride menacée et a lourdement condamné les agresseurs du défilé, et notamment un individu proche des milieux catholiques qui avait confectionné un stock de cocktails molotov pour les jeter sur le défilé du 7 juillet 2007.
On se souvient que ce pays avait été le théâtre d'étranges dénonciations et outings il y a quelques années, l'intérêt des puissants lobbys du tourisme souhaitant se montrer gay-friendly heurtant de front la mentalité lourdement catho à l'ancienne de la population.

On avait cru qu'en Russie, une ville, Tambov, allait autoriser officiellement une Gay Pride. Cela aurait été une première dans le pays, où aucune de ces manifestations n'a jamais été légale. Les édiles de cette riante cité arrosée par le Tsna ont du reculer au bout de 48 heures devant les pressions de Moscou. Pourtant, à Tambov, on a la dent dure: en 1920, une sanglante bataille y opposa les paysans de la région à l'armée bolchevik, qui voulait réquisitionner la partie non consommée des récoltes. Les Tambovniks furent écrasés par le pouvoir central. Déjà...
Actuellement, le drapeau noir de l'homophobie européenne est néanmoins décerné à la Lithuanie, dont le ministre des affaires étrangères, Petras Vaitiekunas, incendié par le conseil de l'Europe sur la situation des homosexuels dans son pays, a répondu qu'il n'était pas opposé personnellement à une réforme du droit, mais que l'homophobie était dans son pays si profondément intégrée dans les traditions qu'il ne voyait pas comment y remédier en moins d'une ou deux générations.
A tout prendre, c'est toujours mieux qu'Amadinejad, qui, lui, ne perçoit pas la nécessite d'un changement...

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