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Pauvres de nous

Publié le 21 octobre 2008 par Chroneric

Mère Teresa, Sœur Emmanuelle ou l'Abbé Pierre ont consacré leur vie entière pour les autres et les plus démunis. Sans distinction d'origine ou de religion, ils ont parcouru des milliers de kilomètres pour soulager des souffrances et des situations extrêmes. Ils ont sans cesse fait appel à toutes les bonnes volontés pour contribuer à rendre ce monde meilleur. Ils n'ont pas hésité à interpeller les plus grands et les plus aisés pour gagner des soutiens. Mais que reste-t-il de ces messages d'espoir, de solidarité et d'amour ? Quand de saintes personnes de cette trempe disparaissent, les déclarations amicales fusent.

Cette crise financière que nous traversons augmente un peu plus le fossé qu'il y a entre certains discours et les actes. On augmente les budgets de l'Elysée et du parlement, on débloque des milliards pour les plus riches, on favorise les impôts des plus privilégiés, on envoie des aides publiques à des pays dirigés par des dictateurs qui ne bénéficient pas aux populations mais quand il s'agit de lutter contre la faim, de soigner les plus pauvres ou de loger les plus modestes, c'est une autre chanson. On remue ciel et terre pour assurer la continuité du système bancaire gâté par des spéculateurs sans scrupules et c'est le silence radio pour assurer le minimum vital aux simples gens.

L'Abbé Pierre disait "Il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir" mais c'est sans compter sur le problème du double-vitrage. C'est la croix et la bannière pour trouver trois sous pour améliorer le quotidien de ceux qui en ont réellement besoin. Alors, est-ce que les combats de religieux ou de volontaires qui se sacrifient aux autres ne mènent à rien ? S'il y a eu besoin de personnes comme ces religieux ou même certaines vedettes comme Coluche pour palier à l'inaction des dirigeants, c'est bien qu'il y a une raison. Il a fallu prendre le relais. Alors, ces dirigeants trouvent bien ça commode de se décharger sur les épaules des bons samaritains mais tout cela est bien fragile.

Comme le disaient Sœur Emmanuelle et Mère Teresa, leurs actions étaient des gouttes d'eau dans cet océan de misère même si ces gouttes sont utiles. Il faudrait en réalité des centaines de milliers de Sœur Emmanuelle, de Mère Teresa ou d'Abbé Pierre pour vaincre efficacement ces drames vécus chaque jour par des milliards d'êtres humains. Je crois que ce n'est plus une question de nord ou de sud : la pauvreté a atteint même les pays les plus puissants. Cependant, le déséquilibre est important et la balance penche plus du côté du sud.

L'autre jour, j'ai modestement aidé un pote à remplir son frigo et ses placards vides en lui offrant un chariot entier de denrées ou d'autres articles. Mais, c'est une aide ponctuelle qui ne palie pas durablement aux difficultés.

La question est de savoir si nos dirigeants ont la volonté de lutter sans se soucier de l'image ou des lobbies. Oserais-je me demander si cette misère ne leur sert pas la soupe de leurs intérêts ? Car, finalement, sans pauvreté, à quoi servirait un politique s'il ne peut rameuter les gens à sa cause par de beaux discours de personne scandalisée. Si les gens n'avaient pas de difficultés, à quoi serviraient leurs belles paroles démagogiques, des déclarations bien pesées et ciblées ? Quelle utilité de vouloir résoudre des problèmes qui n'existeraient pas ? Après tout, ne sommes-nous pas complices d'être aussi réceptifs à ces phrases que l'on a envie d'entendre ? Ces hommes et ces femmes politiques tant critiqués (ils le cherchent un peu aussi), que peuvent-ils connaître de la misère, ces tenants et ces aboutissants, quand on n'est pas soi-même confronté à un problème, comment peut-on le régler ? On ne peut parler que de ce que l'on connaît. "Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres" disait l'Abbé Pierre : quelle lucidité !

Je n'ai rien contre la richesse, mais tout cela manque d'humilité et de retenue.

"Ce qui me scandalise, ce n'est pas qu'il y ait des riches et des pauvres : c'est le gaspillage", Mère Teresa.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Jean-Michel Hennequin
posté le 18 novembre à 15:39
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excellent blog que le votre , bravo , je partage sur mon facebook .

continuons ce combat contre la pauvreté !

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