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Desperate schoolteacher

Par Mamancelib

Je me réveille tous les jours en me disant « Allez, plus que X jours et tu es en vacances »… (Non, mes journées ne sont pas classées X ! X, c’est l’inconnu, c’est le nombre de jours où je vais écraser mon radio-réveil avant de manquer me rendormir !)… Oui, j’en suis là… Dès le réveil, ma première pensée va vers mes vacances chéries, vénérées et attendues…

Ces deux dernières semaines me laissent sur les rotules… Tous les jours de la semaine passée, entre midi et deux, j’ai été en réunion de 12h à 14h. J’ai grignoté un sandwich pendant les réunions, en faisant attention à ne pas postillonner un morceau de pain de mie sur les carnets de notes de mes collègues.

A Dinoland, ils ont abusé de mon état de faiblesse : exceptionnellement, je devais terminer à vendredi à 15heures au lieu de 16 à cause d’une épreuve blanche… que je vais finalement surveiller pour dépanner les collègues qui l’organisent… Bande de traîtres, vous avez abusé de ma position de schoolteacher ! (oui, je fais des efforts, aussi…)

Cette semaine, je vais corriger environ 300 copies… 60 sont déjà notées, j’en ai 60 qui m’attendent sagement dans mon sac (que je vais corriger devant DHW ce soir; au moins la moitié !) et je ramasse 6 paquets d’ici la fin de la semaine. Mon challenge ? Avoir fini de tout corriger d’ici vendredi soir, voire samedi soir au plus tard. Je ne veux pas être polluée par des copies à corriger pendant les vacances. Je veux, moi aussi, de vraies vacances à me reposer !

A cela, il ne manque que les rendez-vous avec les parents d’élèves ici ou là à ajouter, un parent qui me remet en cause dans mon travail de professeur principale (oui, madame, je distingue parfaitement mon rôle de prof de celui de mon rôle de référent de la classe et de porte-parole d’une équipe pédagogique ! J’attends le rendez-vous de pied ferme avec celle-ci !) et des élèves toujours plus frappadingues…

Aujourd’hui, entre le moment où je suis allée chercher mes élèves dans la cour et le moment où je suis entrée dans ma salle, j’ai vu :

-   Une élève qui hurlait d’une voix stridente parce que sa copine ne l’attendait pas pour aller en cours… Soudain, le drame… Des fois qu’elle se perde dans le collège ou qu’elle se fasse attaquer par des loups dans les couloirs, il est vrai que c’était une question de vie ou de mort.

-   Un élève qui s’amusait à taper l’autre dans le dos parce que c’est super drôle… « Oh, ça va, on s’amuse ? ». Et moi, si je te tape, c’est drôle ? Ca pourrait peut-être m’amuser, à moi aussi, espèce de Mike Tyson croisé avec un nain de jardin.

-   Une gamine et un gamin s’embrasser, toute langue dehors, en train d’inspecter leurs amygdales respectives… Oh, les stages pour la santé bucco-dentaire, ce n’est pas ici !

Ces jours-là, quand j’arrive dans ma salle, j’ai l’impression de me sentir en sécurité… Et bien non, les aliens sont là aussi :

Il y a cette colonie de jeunes filles qui n’a toujours pas compris que ce n’était pas la peine de garder son sac de cours sur ses genoux pendant une heure ; on dirait un remake des Inconnus avec « je garde le sac de ma copine, elle est aux cabeches »…

Il y a ces extra-terrestres qui font le concours de celui qui fermera le plus vite les volets à la fin de la journée…

Il y a celui que je retrouve à moitié couché par terre sous prétexte d’aller ramasser son crayon ; et quand je lui dis que si il continue, je vais l’attacher sur sa chaise pour qu’il reste en place, ses voisins ricanent qu’il adorerait ça ! (Classe SM, bonjour !)

Il y a ces demoiselles qui soufflent et lèvent les yeux au ciel quand on leur demande de cesser immédiatement leurs bavardages pour la vingt-cinquième fois en deux minutes… et qui s’étonnent qu’on les sanctionne ensuite. Bienvenue dans l’adolescence et la simili rebelle attitude !

Il y a celui qui ne comprend que même face au tableau, je reconnais sa voix entre mille : c’est le seul de la classe qui a mué ! J’ai l’impression que Barry White s’est glissé au milieu des Choristes !

Là, ça y est, je sature ! J’ai plus de la moitié des classes avec qui tout est installé, tout roule, où ils ont compris précisément ce que j’attendais d’eux tant au niveau du travail et de l’attitude et où tout se passe bien ; avec l’autre partie de mes classes,c’est loin d’être gagné au niveau du travail, et les vacances au milieu ne vont pas arranger mes affaires…

Enfin, si ! Grâce aux vacances, le monde normal va se rappeler à mon bon souvenir. Je vais me souvenir qu’il existe un monde où les gens sont normaux, où des ahuris ne semblent pas être tout droit sortis d’une soucoupe volante en provenance directe de la planète Zorg, et sans billet retour…

J-3… Just do it !...

Ou je m’exile à Wisteria Lane… Mais dans quel rôle ?


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