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jazz à la villette : james chance & les contorsions

Publié le 21 octobre 2008 par Aymeric

James chance Samedi soir James Chance passait au cabaret sauvage, une salle qui semble n’avoir été baptisée que pour un jour l’accueillir.

Ce tout petit bonhomme au mètre soixante réhaussé d'une imposante Pompadour fut une figure magistrale du New-York de la fin des années 70.

Les années no-wave : un retour du punk, revenu encore plus violent après que la première scène punk new-yorkaise, qui se caractérisait davantage par un retour aux sources du Rock’n’roll (avec des gens comme les Ramones, les Heartbreakers ou encore Television), fut rudement ringardisée par la récupération anglaise du mouvement.

Cette fois, plus de nostalgie mais un déracinement, paradoxalement allié à la classique figure guitare basse batterie, manière de retourner le rock contre lui-même un peu comme on roule la peau d’un lapin.

Dans cette scène, James Chance était probablement le plus musicien et celui qui avait le moins de difficultés à assumer un héritage, lui qui prétendait se placer dans le prolongement de trois grands extrémistes de la musique américaine : James Brown, Albert Ayler et Iggy Pop

L’admiration qu’il portait au premier fit qu’il se rebaptisa un temps James White.

Comme Ayler, Chance était volontiers adepte du saxophone hurleur.

Enfin, du troisième, il avait la dimension sauvage – agression quasi systématique de l’assistance : giflant les spectateurs, leur crachant dessus ; se faisant souvent bien allumer en retour - et le goût pour le bruit blanc des guitares méchamment cognées.

Je n’ai pas vu de baston ce samedi, le bougre parait avoir perdu le gout des contacts martiaux avec son public.

Pas exactement un vieux sage non plus : la silhouette conséquemment épaissie par la bibine et la voix pâteuse d’excès récent, il nous a balancé un très bon set punk funk (à l’exception d’un morceau boogie-blues au mitan du concert qu’un grand respect pour le petit monsieur ne me fera qualifier que de dispensable), teigneux, percutant et absolument pas sage.

Point d’orgue : Contort Yourself, sa basse-pilon et sa grosse caisse disco qui auront fait vivre un sale moment au parquet du cabaret sauvage.

P.S. : Il y eut un deuxième concert : Vernon Reid.

Personnellement, les gratteux virtuoses qui vous racontent au médiator l’Everest en tongs, l’Everest les yeux fermés, l’Everest à l’envers et sur les mains le tout sans prendre, bien sûr, le temps de respirer m’épuisent et m’ennuient. Sans grand intérêt.


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