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« Not all the money is the same » !

Publié le 20 octobre 2008 par Questions Capitales

« Not all the money is the same » !Ce dicton anglo-saxon résume une idée fondamentale à saisir en matière de financement de jeunes entreprises. Le financement de tout projet doit faire l’objet de la rencontre d’une demande et d’une offre de financement. Tout projet a ses caractéristiques propres qui correspondent à des besoins très précis. Tout financier (investisseur ou banquier) a aussi ses caractéristiques propres qui correspondent a des critères d’investissement et de financement très précis. En d’autres termes, aucun financement ne donne la solution parfaite pour chaque situation, car chaque situation est différente.
Les banquiers sont des créanciers qui prêtent de l’argent avec comme objectifs d’obtenir un bénéfice fixe par le taux d’intérêt et de protéger leur capital par des garanties. Si l’entreprise fait faillite, les banques peuvent récupérer tout ou une partie de leur capital grâce à la réalisation des garanties. Le crédit bancaire reste le mode de financement externe le plus recherché par les entrepreneurs. Une enquête récente auprès des PME qui recherchent des financements montre que 91% d’entre elles recherchent en priorité du financement bancaire. Il est difficile de parler de crédits sans évoquer les garanties qui sont associées à ceux-ci. Dans plus de 80% des cas, les banques sollicitent des garanties auprès des entreprises auxquelles elles prêtent de l’argent. Dans 2/3 des cas, les banques sollicitent aussi des garanties personnelles de l’entrepreneur.

Les investisseurs de capital à risque sont propriétaires partiels de la société. Ils ne disposent pas de garantie pour récupérer leur investissement. Etant donné que le risque est plus élevé dans des investissements en capital, les investisseurs s’attendent à des bénéfices beaucoup plus élevés sur leurs investissements que les banquiers. Même à ce niveau, « not all the money is the same ».

De nombreux entrepreneurs se tournent d’abord vers leurs proches pour démarrer leur projet. Ces investisseurs constituent souvent le seul financement possible en capital à risque pour la création de nouvelles entreprises. Deux tiers des fonds investis dans les start-ups proviennent des sources proches de l’entrepreneur (amis et famille). L’on estime ainsi que les montants totaux fournis pas des investisseurs informels sont de quinze fois supérieurs à la totalité des fonds de venture capital. Il représente souvent la seule source de financement de fonds propres disponibles pour le candidat entrepreneur.

Les venture capitalists (VC) sont des fonds dont le métier de base est l’investissement. Malgré l’importance que l’on donne parfois à ce type de financement, son rôle reste très marginal, surtout au stade du démarrage. Même aux Etats-Unis, berceau du capital à risque, moins de 0,6% des start-ups bénéficient du soutien d’un fonds de capital à risque. La situation en Europe est comparable. Moins de 8% des fonds investis en 2006 concernaient des jeunes entreprises et se concentraient principalement sur des projets de haute technologie. En d’autres termes, sur 1,4 million d’entreprises créées en Europe chaque année, seules 3000 ont été financées par du capital-risque lors de leur démarrage.

Il existe de nombreux types de VC selon leurs structures, organisation et financement. Il existe ainsi des fonds privés et des fonds publics dont les critères d’investissement et les apports peuvent être très différents. En Belgique, les fonds privés sont largement minoritaires. Ainsi par exemple, en Wallonie, plus que 30 fonds essentiellement publics, sont actifs. Un fonds par 100 000 habitants ! Un record en Europe. Ces fonds sont-ils tous en mesure de construire une capacité de savoir-faire dans l’ensemble des secteurs qu’ils traitent ? Les données en matière de capital à risque privé sont nettement moins flatteuses. Ce dernier a fortement souffert de l’éclatement de la bulle internet, en particulier pour le financement des jeunes projets. Les fonds investis dans les start-ups en Belgique n’ont plus jamais atteint leur niveau de l’année 2000. Cette situation est évidemment préoccupante si l’on rappelle le rôle crucial que ces fonds peuvent jouer pour soutenir les entreprises à fort potentiel de croissance. Faut-il ajouter que la situation actuelle des marchés financiers ne va pas arranger la situation ?


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