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Plan de crise financière : les copains d’abord…

Publié le 24 octobre 2008 par Albert @albertRicchi

Le plan européen de sauvetage des banques reste d’une ambigüité totale. On aide de manière considérable les établissements bancaires mais on cherche en vain les contreparties. Rien sur les paradis fiscaux, rien sur la vente à découvert, la titrisation, les produits dérivés, rien sur un prélèvement sur les revenus du capital ou une taxe sur les transactions boursières, rien sur la protection du pouvoir d’achat des salariés grâce à un système d’indexation des salaires sur les prix, presque rien sur la régulation effective des mécanismes de l’économie-casino !

La commission de Bruxelles a ainsi refusé, de toutes ses forces, par pure idéologie, les véritables solutions à mettre en œuvre. Cette complaisance à l’égard du système est avant tout une faute économique car, comme l’a dit très bien Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, «une transfusion sanguine ne sert à rien si on ne guérit pas l’hémorragie interne».

Plus grave encore, les dirigeants européens prennent les citoyens pour des imbéciles. Comment peuvent-ils décemment nous expliquer que leur plan d’action ne coûtera rien aux contribuables ? Et comment osent-ils refuser tout plan de relance pour l’économie réelle ?

En vérité, ils sont capables d’investir des dizaines de milliards d’euros pour sauver le système bancaire sans vraiment le réformer mais rechignent toujours autant à dégager un milliard pour la protection de l’environnement, la santé ou l’industrie. Leur raisonnement est insoutenable.

Car les banques ont fait courir un danger mortel à l’économie mondiale et, loin d’être sanctionnées, l'Etat vient à leur secours et leur rachète (d’une façon ou d’une autre) leurs «créances pourries».

Comment croire, dans ces conditions, qu’elles ne recommenceront pas ? L’épisode de la perte de 600 millions d’euros par la Caisse d’Epargne dans une opération spéculative, alors même que les projecteurs étaient braqués sur les banques, devrait faire réfléchir, même les plus obtus des libéraux.

Les banques n’ont rien changé à leurs pratiques spéculatives et quelles que soient les réglementations qui pourraient sortir d’un «Bretton Woods» de la finance, elles feront tout pour les contourner et continuer leur quête du profit maximum.

La seule justification au plan de refinancement des banques, c’est leur nationalisation intégrale. L’argument, utilisé par Susan George,membre du Conseil scientifique d'Attac France, est imparable : puisque les banques sont «trop grandes pour faire faillite», elles sont aussi trop grandes pour faire partie du secteur privé ! Il n’est pas possible, en effet, de laisser aux mains du secteur privé, dont le seul objectif est la recherche du profit maximum, une arme aussi dangereuse pour l’ensemble de l’économie.

Nicolas Sarkozy, président de la République et président de l’UE a dit tout et le contraire de tout, dans l’indifférence générale. Et la majorité présidentielle UMP et Nouveau centre entonnent les ritournelles changeantes de l’Elysée.

Le PS, quant à lui, à court d’idées une nouvelle fois, reste confit dans ses querelles internes en vue de son prochain congrès de Reims et n’a rien trouvé de mieux que l’abstention à l'Assemblée nationale (François Hollande ayant même envisagé un moment de voter pour le plan Sarkozy, on croit rêver… )

Seuls deux députés PS, Marc Dolez et Patrick Roy, tous deux élus du Nord, Christiane Taubira, députée PRG de Guyane et les députés PCF ont voté contre le plan de soutien aux banques.

Comment éviter le retour de la crise financière ? Comment éviter de nous retrouver, demain ou après-demain, dans la même situation qu’aujourd’hui ?

Invité par les signataires de la seule motion de gauche "Un monde d’avance" qui sera présentée au prochain congrès du PS, à Reims , Frédéric Lordon décortique la crise financière actuelle et propose quelques mesures radicales pour remettre l'économie sur pieds.

Je vous invite à découvrir la vidéo de cet exposé d’un très haut niveau, qui dure environ un quart d'heure et qui reste passionnant du début à la fin. Après l'avoir regardé et écouté, on ne peut s’empêcher de penser à notre pauvre ministre des finances, Mme Lagarde. La comparaison est impitoyable pour elle…



Conférence sur la crise financière : Frédéric Lordon
envoyé par unmondedavance
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