Magazine Environnement

Vacances idéales pour certains, cauchemars écologiques pour d'autres

Publié le 26 octobre 2008 par Sophie @missecolo

Tourisme solidaire, tourisme responsable, tourisme équitable, tourisme éthique, tourisme durable, ecotourisme, les termes ne manquent pas pour définir le voyage responsable. Cela n'est plus un secret, pour que le tourisme soit soutenable, il doit respecter des principes fondamentaux comme la préservation de l'environnement et des ressources naturelles, l'association des populations locales aux activités touristiques et la sauvegarde du patrimoine culturel. Seulement ainsi, il pourra être la solution aux nombreux dégâts causés par le tourisme conventionnel.

Ainsi, pour la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable "Le Tourisme Responsable se définit comme l’application du concept de Développement Durable auprès du secteur du Tourisme. Ainsi, le Tourisme Responsable désigne toute forme de développement, d’aménagement ou d’activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales et contribue de manière positive et équitable au développement et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans ces espaces."

Il en ressort toujours les mêmes conseils incontournables : respecter la faune et la flore sauvages et leurs habitats, favoriser l'économie locale, ne pas acheter d'objets fabriqués à partir de plantes ou animaux menacés d'extinction et privilégier les petites structures d'hébergement. Pourquoi ? Parce que le tourisme de masse se solde par une dégradation du patrimoine naturel et culturel. Les modes de vie des populations locales sont bouleversés et les grands flux touristiques, contrôlés par des groupes internationaux, fragilisent dangereusement l'ensemble de l'économie.

Et pourtant, sur les côtes du monde entier règnent de grands complexes badigeonnés d'eco-label ceci, eco-certification cela, tandis que la population locale est réduite à la pauvreté.

Construire des écoles, des centres médicaux et des routes au nom du développement durable parait cohérent, mais construire des villas de luxe avec vue sur la mer ou des golfs à l'intérieur de forêts pour assouvir les caprices de quelques uns est une méthode radicale pour en finir avec l'environnement et les populations qui doivent en vivre.

Exemple d'une côte dénaturée :

Ces méga-constructions ne peuvent que laisser des empreintes destructrices

sur l'environnement (surconsommation d'eau et d'énergie, utilisation quotidienne

de substances chimiques pour le nettoyage et l'entretien des bâtiments...)

Au Costa Rica, des centaines d'hectares de forêt sont détruits chaque année au profit de complexes touristiques, c'est pitoyable mais impulsé par un gouvernement qui se veut leader du développement durable aux yeux du monde. Ce petit pays tropical, proie des investisseurs étrangers (surtout américains), reflète parfaitement la manipulation industrielle. Autrefois recouverte de forêt dense, la cote pacifique se meurt dans les serres de l'industrie touristique. Ce pays, comme tous les autres, condamne ses côtes et son exubérante biodiversité au détriment de condominiums, hôtels et villas de luxe. Non seulement, ce développement touristique a un impact irreversible sur l'environnement, mais il se fait en plus au détriment des populations locales. 

Saviez-vous que des villageois expropriés depuis des années pour faire place à des hôtels certifiés, ne sont toujours pas relogés ?

Saviez-vous que des complexes ont été construits sur des cimetières indigènes ?

Saviez-vous que de nombreux hôtels certifiés renvoient leurs eaux usées à la mer ?

Saviez-vous que des villageois sont privés d'eau pour les besoins des hôtels ?

Le touriste se demande t-il ce qu'adviennent les déchets qu'il occasionne tout au long de son séjour ?

Jeter une pile, par exemple, en occident et jeter une pile au Costa Rica (où les déchets sont enterrés) sont deux gestes bien distincts.

Un exemple près de chez moi : 

une personne mal intentionnée mais à l'aspect eco-certifié a détruit 20 hectares de pure forêt tropicale pour y construire un condominium dissimulé derrière un projet écologique "Selva Encantada" (forêt enchantée). L'achat d'une maison de vacances permettra de préserver les 20 autres hectares que ce spéculateur a daigné épargner. C'est fort, mais malheureusement, certains tomberont dans le panneau.

Le concept de tourisme durable ne sert qu'à sensibiliser le voyageur sur sa responsabilité dans les phénomènes environnementaux et sociaux. Bien sûr, ce concept n'a pas échappé à l'industrie qui l'exploite grandement aujourd'hui. Il nous revient donc la responsabilité d'ouvrir bien grand nos yeux, de ne pas mettre nos neurones en vacances, d'admettre qu'aucune industrie ne peut se vanter d'une économie durable et équitable et de boycotter les grandes structures touristiques, sans oublier de bouder leur représentant légal, l'OMT (Organisation mondiale du tourisme). Encore une fois, l'industrie parait puissante mais elle ne dépend que du bon vouloir des consommateurs.

René Bickel

Les charlatans du tourisme vert par Anne Vigna

Tourisme durable, tourisme solidaire

Fiche Conseil Tourisme durable - Réseau eco-consommation

Passeport Vert

Vacances à l'étranger / Trucs Verts

Pour un développement local durable

Cancún: Denuncian depredación hotelera (en espagnol)

Carton rouge au tourisme : «Les impacts du tourisme ne sont guère documentés mais quand un investisseur touristique repère une plage, une forêt ou une cascade, la communauté locale peut trembler car son environnement naturel et social va radicalement changer. Pour que le tourisme ne soit plus synonyme de pollution et de prostitution, de bas salaires et de privatisation des ressources naturelles… Informez-vous sur les dégâts du tourisme classique et sur la fausse utilisation de la dénomination " écotourisme".»

Du luxe chez les pauvres : La compagnie d'architecture A-CERO prévoit de construire un complexe touristique et un complexe résidentiel de luxe sur 1400 hectares dans en bord de mer, à Cumayasa en République Dominicaine. Le projet prévoit 3000 villas de luxe, 3 hôtels, 4 camps de golf, une marina, des terrains de tennis et centres de sports aquatiques, et bien sûr des activités d'écotourisme. J'espère au moins que la population locale bénéficiera de ce méga-projet, à l'inverse de l'environnement, mais j'en doute fort.

Cumayasa complex, A-cero, world architecture news (en anglais)

Joaquín Torres realiza un complejo de lujo en Cumayasa (en espagnol)

Lorsque l'inacceptable devient une attraction touristique :

Las Vegas Attractions - Mirage Hotel

  


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Sophie 221 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte