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Flagrante révérence

Par Deathpoe
Il y a bien encore des jours où la volonté singulière se devrait d’exploser, à la surface des peaux griffées et des coups dans les murs. Je la regarde de dos et ne puis empêcher des élans cordiaux, dénaturés de toute logique, sans limites. Inhumains ? Presque. Cette rage, cette manière de se mettre en colère sans aucune retenue, voilà, exactement. Il y a là un échos à cette fureur que j’évoquais récemment. Je n’avais cependant pas avancé qu’elle constituait l’un de mes carburants favoris, comme une clef de voûte osseuse, pouvant supporter des autoroutes de sensations électriques. Voilà, crie plus fort, laisse-toi aller. Oui, bon Dieu, oui !
Là, je le sens bien : elle pourrait être seule contre tous qu’elle les réduirait au silence d’un seul regard. Les larmes qui avaient empli ses yeux quelques minutes auparavant n’étaient plus que des armes destructrices, et ce sans que le rapprochement phonétique, certes des plus faciles, y soit pour quelque chose. Je laisse mon corps gésir sur le lit tandis que tous mes sens sont en alerte. Et quelle fierté de la voir se dresser contre des murs de béton personnifiés, comme si d’anciennes rancoeurs avaient été versées dans le vin, et des barbelés cousus sur les écharpes.
Depuis toujours il me semble que l’individu n’est vrai que dans le sexe et la colère. Ses doigts se font ivoire et n’ont besoin d’aucun joyau. A cet instant, ils pourraient arracher les étoiles à la croupe sale du ciel et les balancer au fond d’une poche, monnaie de ce qui est dû depuis trop d’années. Jeter toutes les tables sur le comptoir et renverser les procédures familiales.
Oui, nous pouvons à présent nous porter à bout de bras chacun à notre tour et faire des bras d’honneur à qui ne voudra pas les voir. Sans doutes beaucoup se sont déjà pris auparavant pour les rois d’un monde qui leur aurait appartenu, il n’y a cependant pas à tergiverser longtemps : sans ces explosions de sentiments, certainement les meilleurs mobiles de tout à chacun, rien n’est possible.
Alors je me retrouve là, assis dans le couloir du train, en queue de wagon et juste devant la porte des toilettes. Un abruti a mis quelques secondes de trop pour parvenir à en ouvrir la porte et espère sans doutes que personne ne l’a vu. Je jette un œil distrait sur ses chaussures à talons, remonte vers ses jambes et la déshabille derrière mes paupières.
Arrivés à destination, tout est à commencer.


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