Magazine Humeur

:: Brève revue du mouvement social # 2 ::

Publié le 27 octobre 2008 par Prinkipo
C'est une bonne nouvelle : tandis que la capitalisme mène le monde à sa perte, les travailleurs continuent la lutte. Recriweb le montre en rassemblant ici, chaque semaine, les articles présents sur la toile francophone quitémoignent de la réalité du mouvement social (en France et dans le reste du monde).
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Sur le site du Nouvel Obs, on trouve une dépêche de l'AP qui informe que "quelque 200 à 300 salariés de Renault ont bloqué vendredi matin les entrées de l'usine de Sandouville (Seine-Maritime), empêchant les véhicules d'entrer mais pas leurs collègues se rendant à pied à leur poste de travail. Les salariés du site, ajoute la dépêche, qui sont déjà contraints à un chômage technique de deux semaines par mois entraînant une perte de salaire de 400 euros par mois, protestent également contre un plan de 1.000 suppressions d'emplois -via des "départs volontaires"- sur les 3.700 que compte le site et des mesures de chômage technique entraînées par les mauvaises ventes de la Laguna. Au plan national, Renault avait annoncé en juillet un total de 5.000 suppressions d'emplois".
Dans Lutte Ouvrière , on peut lire sur un mouvement à la CAF : "Les employés des sites de la CAF du Val-de-Marne (650 en tout) se sont mis en grève à trois reprises les 9, 10 et 13 octobre. 55 minutes à chaque fois, car les clauses anti-grève imposent une perte d'une demi-journée de salaire pour une heure de grève. La direction refusant de céder, ils ont décidé une demi-journée de grève, menace devant laquelle la direction a préféré reculer. (...) une nouvelle négociation a eu lieu la veille, le 20 octobre. Et là, comme par miracle, la direction a accordé à peu près tout ce que les employés demandaient. Certains métiers qui devaient être supprimés ne le seront plus. Certaines tâches obligatoires seront proposées au volontariat, etc."
Dans l'industrie automobile, à l'usine Citroën d'Aulnay, qui produit les voitures C2 et C3, la direction a voulu jouer de son arme favorite : la sanction. Mais LO raconte : "Le 14 octobre, une quarantaine d'ouvriers de l'équipe d'après-midi, au Montage, ont débrayé pendant quarante minutes pour accompagner un ouvrier convoqué pour une sanction - sous un prétexte bidon". Le lendemain, un débrayage a entrainé "plus de la moitié des ouvriers de l'équipe de nuit. Les ouvriers ont débrayé, explique LO, pour défendre des camarades menacés de sanction et protester contre les nouvelles augmentations de cadences ou de charges de travail que la direction veut imposer". On apprend, en outre, dans cet article qu' "à l'initiative de militants de l'usine, des petits réseaux d'ouvriers se sont créés sur les différents secteurs, pour discuter, s'informer, se prévenir les uns les autres. Des réunions se sont déroulées, entraînant à chaque fois plusieurs dizaines d'ouvriers dans les trois équipes, permettant à chacun de s'exprimer et de raconter ce qui se passe dans son secteur. Des travailleurs, individuellement, vont voir les chefs pour leur dire sans ménagement ce qu'ils pensent de la nouvelle répartition. Lors de prises de parole organisées par les militants syndicaux pendant les pauses, l'affluence est plus importante que d'habitude, et les travailleurs ne craignent pas de dépasser le temps de pause pour écouter jusqu'au bout ce que les militants ont à leur dire". Toujours dans LO, mais cette fois dans le bâtiment : "'l'entreprise Peretti, située au Puy-en-Velay et à Ambert, a racheté en janvier dernier l'entreprise Manaranche de Clermont-Ferrand. Le PDG, Hugues Hortefeux, frère de l'actuel ministre de l'Immigration, tente de revenir sur les conditions de travail et les droits élémentaires de ses salariés". Résultat : "65 travailleurs sur les 70 de Clermont-Ferrand se mirent immédiatement en grève" : les grévistes se sont installés dans l'entreprise avec drapeaux rouges et banderole. Les médias locaux parlent d'eux. Ils tiennent bon, convaincus qu'ils feront céder ce patron".
A noter aussi, dans la presse régionale, un mouvement de grève dans le Pas-de-Calais des
sapeurs-pompiers. Ils revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail et une augmentation de leur salaire...

Mauvaise nouvelle, en revanche, en provenance de Météo France : "La suspension de ce mouvement a été votée très largement vendredi en fin de matinée puis dans l'après-midi sur l'ensemble des sites nationaux de Météo France", a précisé la déléguée centrale du syndicat Solidaires à Météo France. "Certes, nous n'avons pas obtenu ce que nous voulions. Mais notre direction a fait quelques concessions", a-t-elle ajouté.
Autre mauvaise nouvelle, peut-on lire dans
Le Parisien : "Le mouvement social qui se poursuit aujourd’hui dans les grands magasins du boulevard Haussmann a fait une victime. Une vendeuse de jeans, gréviste, a été licenciée. La nouvelle est tombée sur son répondeur alors qu’elle manifestait vendredi avec le personnel des Galeries Lafayette et du Printemps"...
Dans le reste du monde : la grève des enseignants se poursuit au Gabon. En Belgique, à Bruxelles, le Centre de tri est en grève depuis une semaine. Dans les magasins Carrefour de d'Auderghem (sud de Bruxelles) et des Grands Prés (Mons), le patron a envoyé des huissiers de justice contre les piquets de grève. Dans la presse canadienne, on peut lire que les affrontements furent violents en Grèce entre police et manifestants pendant la grève générale d'il y a quatre jours. Cette grève, apprend-on, "contre la politique du gouvernement conservateur, à l'appel de la GSEE (Confédération générale des travailleurs grecs), principale confédération syndicale de Grèce, et de l'ADEDY, qui rassemble les syndicats de la fonction publique, atteignait 90% dans certains secteurs, selon Efstathios Anestis, porte-parole du GSEE".
Enfin, je vous conseille des liens sur
Bellaciao, à propos du conflit social qui s'intensifient en Colombie (source : Coordination Populaire Colombienne à Paris) :
  • La Justice en Grève : 34.000 travailleurs du secteur colombien de la Justice ont commencé début septembre une grève nationale indéfinie pour réclamer un rééquilibrage des salaires (prévu par la loi 4 de 1992) et le respect de l’indépendance de la Justice.
  • La Grève des Coupeurs de canne à sucre : Depuis le 15 septembre 2008, près de 18.000 travailleurs des entreprises sucrières du Valle del Cauca ont arrêté le travail : Ils exigent des salaires et des conditions de travail décents, et surtout, la fin des pseudo-coopératives de travail associé.
  • La Minga de Résistance Indigène et Populaire : Depuis le samedi 11 octobre, les indigènes colombiens ont commencé une marche nationale de résistance. Dans toutes les régions du pays, ils se mobilisent en affirmant : "Que l’Etat d’Exception n’éteigne pas la voix des peuples et le cri de la mère terre".
  • L’état de "commotion intérieure" (Etat d’exception) a été décrété par le président Uribe le jeudi 9 octobre.
  • 23 octobre 2008 : Le mouvement syndical répond par une Grève Nationale de 24h à l’appel de la CUT (Centrale Unitaire des Travailleurs) et des organisations sociales et politiques d’opposition pour manifester le rejet à l’état d’exception décrété par le gouvernement
Au Maroc, grève mardi 28 octobre dans les chemins de fer, et grève mercredi 29 dans l'éducation

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