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Le putsch de Sarkozy

Publié le 27 octobre 2008 par Careagit
A lire les blogs, écouter les analyses et parcourir les éditoriaux, il flotte comme une odeur de sang. Une sorte de triomphalisme vengeur, le désir enfin assouvi de tout nos gauchistes favoris de prouver au monde entier à quel point ils avaient raison à contre courant. Au centre, on demeure entre deux eaux. Ces doux rêveurs croient dur comme fer en la naissance d'un nouveau système destiné à remplacer ce bon vieux capitalisme qui toussote.
La vérité est ailleurs. La gauche ne criait pas à l'anti capitalisme lorsqu'elle surfa sur la vague de croissance de la bulle internet au début de ce siècle, elle joue pourtant aujourd'hui au visionnaire, limite religieux. Les centristes n'auront pas leurs nouveaux monde de bisounours mais ils continueront à y croire. A droite, les discours ne sont pas moins consternants. En première ligne, le président Sarkozy, qui surfe sur la vague de remise en cause d'un système qui n'a pourtant faillit que sur une toute partie de son fonctionnement, sa partie financière.
Lors de mes dernières vacances estivales, un bouquin m'avait particulièrement intéressé: "L'économie ne ment pas" de Guy Sorman, auteur classé comme "libéral". Sur le blog du bonhomme, je questionnais pourtant en Juillet dernier:
"A la dernière page de votre livre je suis resté quelque peu sur ma faim sur un point. Permettez moi donc de poursuivre le débat ici. J'aurais aimé connaître votre avis sur ce qui est appelé communément la financiarisation de l'économie. Dans un court passage, vous vous réjouissez de la mondialisation et de la flexibilité des marchés d'aujourd'hui qui permettent aux entreprises de se financer plus aisément et par ce biais, d'investir.
Je persiste à penser de mon côté que la financiarisation à l'extrême - et je dis bien à l'extrême - du système (le profit pour l'actionnaire plutôt que pour l'investissement, la recherche ou les salaires) tend à fausser le cercle vertueux du système capitaliste.
C'est ainsi que je me demande si le système actuel relève encore du capitalisme tendance libérale comme l'imaginaient tous les penseurs cités dans votre ouvrage.
"
Là est le point majeur de la crise actuelle. L'affolement des bourses, le sauvetage des politiques, le glissement de la notion de la récompense du risque justement pris à celui du "too big to fail" débouchent sur une aisance toute particulière à jeter le bébé avec l'eau du bain. Ne nous y trompons pas. Ce n'est pas le système capitaliste qui est défiant mais sa verrue financière qui s'est peu à peu complexifiée au point de s'autoalimenter. D'ailleurs, les sceptiques devront se faire à l'idée de voir le système rebondir. Car le capitalisme c'est à la fois des périodes de croissance folle et de crises plus ou moins profondes...
Sur un plan purement politique, Sarkozy de son côté s'est placé dans le sens du vent espérant visiblement tirer de cette crise un regain de poids de la France dans les responsabilités économiques européennes et mondiales. Européen dans l'âme c'est ainsi qu'il n'hésite pas engager la France et l'Union dans des tractations globales qui se tiendront sûrement encore longtemps après que la France ait abandonné les reines de l'UE à la République Tchèque. Et visiblement, cette incursion dans l'agenda Tchèque fait grincer quelques dents à Prague et pose concrètement la question d'une gouvernance stable et durable dans le temps à la tête de l'Union.
Au niveau français, il faut dire que le VRP Sarkozy joue plutôt bien des coudes pour imposer l'avis de la France dans les moindres recoins des nouvelles tractations mondiales, quitte à apparaître trop perso aux yeux des Allemands entre autre. Reste que les solutions proposées ne manque pas de piment. Du Sarkozy ultra libéral de Mai 2007 (selon les observateurs), nous voici désormais en présence du Sarkozy convertit à l'interventionnisme massif, parfois même outrageux. De plus, les agissements Français ou continentaux manquent cruellement d'explications et de communication à tel point que toutes les populations les moins formées aux rouages économiques et financiers ne comprennent ni les maux, ni les médicaments administrés... et encore moins la provenance de tous ces milliards annoncés.
"Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" doit se dire El présidente... au risque de faire voler en éclat la (plus ou moins) belle cohésion européenne face à la crise, cohésion qui pourrait déboucher à terme sur des accords politiques et institutionnels prépondérants.
Pour être franc, je crois qu'une fois aux affaires je me serais posé la même question. N'est il pas prépondérant d'encadrer quelque peu la future présidence Tchéque pour éviter que l'euroscepticisme plutôt solide la bàs ne soit encore plus destructeur ? Vos avis* ?
* On est Lundi alors partageons le travail un peu...

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