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Mais où sont passées les dents de M. Sarkozy ?

Publié le 27 octobre 2008 par Jfa

L’homme qui devait “aller chercher la croissance avec les dents” serait-il devenu mou de la mâchoire?

Si l’on en juge par ce que l’on voit, un Cac 40 qui va passer sous les 3 000 points, la vertigineuse hausse du nombre des faillites, les licenciements et lock-out, la chute forte et durable du niveau de  vie, la hausse du chômage, … Ce qui signifie que les pauvres et les classes moyennes vont encore plus se serrer la ceinture et que notre économie va osciller non plus entre la comique “croissance négative” et la récession “technique” mais entre la franche récession et la dépression, seconde hypothèse que je privilégie. La récession n’avait d’ailleurs pas attendue la “crise” pour se profiler en France.

Et tout ce que notre Président trouve à dire est que ceux qui manifestent ne se rendent pas compte de la situation… Quels irresponsables ces travailleurs pauvres, et ceux qui ne veulent pas voir l’école accroître ses penchants ségrégationnistes..! Pendant le même temps, il rembourse actuellement quelques dizaines de millions d’€ aux nantis du “bouclier” fiscal alors que la dette publique court et que le déficit budgétaire aussi. Qui est le plus irresponsable ?

Ceci dit, pendant le krach, les soldes continuent et les nantis ont des raisons d’espérer. L’UMP vient de voter au Parlement de nouvelles niches fiscales (Libération). Les banques, le Medef ont réussi à obtenir de l’état les moyens d’éponger cette crise sans que, contrairement à l’Angleterre, l’état ne rentre dans leurs Conseils d’Administration… Et les marchands de coffres-forts se frottent les mains.

Alors, certes, il n’est pas dans mon intention de lui faire porter la responsabilité des crédits pourris d’outre-Atlantique. Mais de simplement re-signaler que Sarkozy “l’américain”, comme il se surnommait, voulait les importer chez nous. Je ne lui fais pas porter la responsabilité du refus de toute régulation, mais d’avoir fait toute sa campagne sur les “dérégulations” nécessaires. Même actuellement, il prête aux banques en difficulté avec infiniment moins de garantie et de contrôle que n’en obtient G. Brown.

Je ne nie pas la responsabilité de GW Bush, mais j’en veux à notre Président d’avoir, depuis ces élections, persisté à vouloir en copier l’idéologie pénale. En bref, je lui reproche simplement d’avoir, jusqu’à ces derniers temps, été le hérault de tous les abus financiers, l’apôtre de l’enrichissement des plus riches, et de continuer à vouloir mettre en place, chez nous, le modèle social US. Sans parler du fait qu’il a, avec le “bouclier” fiscal, réussi le tour de force à la fois d’enrichir les plus riches et d’instaurer une mesure qui accroît mécaniquement le chômage tout en vidant les caisses de l’état, accroissant la dette publique et nous laissant sans marge de manoeuvre budgétaire.

Je lui reproche aussi, alors qu’il n’a maintenant pas de mots assez durs pour fustiger le libéralisme économique, d’avoir réussi l’escroquerie démocratique du Traité Constitutionnel européen simplifié qui sanctifie un néo-libéralisme qui laisse les états impuissants face aux spéculateurs.

Alors, que reste-t-il quand on est devenu mou de la mâchoire et que toutes les promesses du “Président du pouvoir d’achat”, de celui qui allait faire disparaître le chômage, explosent en vol ? Le spectacle: parler, marteler et se mettre en scène, partout, du matin au soir. A organiser de savantes mises en scènes dans lesquelles les ouvriers de telle ou telle usine lui serrent la main. A faire semblant de brûler aujourd’hui ce qu’il continue à adorer. A s’agiter dans tous les sens parce que cela lui assure une couverture médiatique, à continuer à proposer des boucs émissaires en s’abstenant, hormis en tribune, de s’attaquer aux causes réelles de cette crise: les mécanismes de la dérégulation du Consensus de Washington et les paradis fiscaux européens pour lesquels le Traité constitutionnel simplifié est tricoté sur mesure…

Nous sommes en train de vivre un changement sournois de régime et de passer d’une démocratie française, certes imparfaite, à une démocratie berlusconienne mâtinée de  Second Empire, dans laquelle le pouvoir est porté par des médias aux ordres et où les quelques médias neutres qui persistent sont financièrement asphyxiés.  Un pays dans lequel la Justice est instrumentalisée, où les “Hommes du Président” sont quotidiennement nommés aux plus hauts postes de responsabilité. Mais, plus grave, dans lequel les libertés sont quotidiennement attaquées, où la Présidence poursuit pénalement en 18 mois de règne, davantage que tous les Présidents de la Vème République réunis.

Mais, sans réelle opposition  politique, pourquoi se gênerait-il ?

- Le Luxembourg, paradis fiscal ? Sur le blog Déchiffrages. Crise ? La faute à Mme Ginette ? Sur le blog Des bouteilles à la mer. Crise dure et longue, repéré sur le blog Monde en question, les sérieuses réflexions de J. Sapir.

“Banlieues, l’état d’urgence demeure”. Le Monde.

- Sagesse ? Désir d’écrire ? Comportements farfelus ? A voir sur Le Temps.

- André Tosel, qui a longtemps enseigné la philo à l’université de Nice-Sophia Antipolis vient de publier “Un monde en abîme ? Essai sur la mondialisation capitaliste”. Paris, Editions Kimé, 345 pages, 29 euros. Il le dédicacera mercredi 26 Novembre (17-19h) à la librairie Masséna, à Nice.

- Propagande- En ces temps de restrictions budgétaires et de récession économique, le gouvernement s’apprête à dépenser quelques millions d’€ pour sa propagande télévisée. Reuters/Le Monde. Comme les manifestants, ils ne se rendent pas compte de la situation ?


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