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Que sont-ils devenus ?

Publié le 28 octobre 2008 par Christophe Foraison
Depuis quelques temps, je n'arrête pas de recevoir des nouvelles d'anciens élèves par le biais des réseaux sociaux. Je suis sur Facebook mais aussi sur "copains d'avant" ^^.

J'apprécie particulièrement la lecture de leur fiche qui raconte leur parcours après la sortie du lycée.

Les chemins suivis sont très différents, il y a eu des "détours", des "chemins de traverse"...

Mais au bout du compte, ils obtiennent des situations professionnelles que l'on ne pouvait pas soupçonner lorsqu'ils étaient lycéens.

Ce qui me questionne sur nos pratiques d'évaluation et nos jugements concernant l'orientation.

J'aimais bien cette publicité des années 1980 ^^






J'ai voulu obtenir une approche plus "scientifique" -osons le terme - sur ces parcours.

Evidemment, le web me donne des éléments de réponse (oui, je sais, ce n'est pas le web mais mes compétences intellectuelles nombreuses comme vous le savez ^^)


Le CEREQ vient de publier son étude sur les jeunes de la génération 2004.
Que sont devenus ceux qui sont sortis de la formation initiale ?

J'ai réalisé une carte mentale avec mind manager sur le sujet.

Je vous présente la vue globale, mais comme elle n'est pas très visible, je vous détaille chacune des branches



Que sont-ils devenus ?


Voici d'abord les 4 questions essentielles

Comme je le répète souvent : "il faut toujours commencer par ce qui est le plus important et non les détails")



Que sont-ils devenus ?

Première question et premières réponses.

Quel est leur niveau de formation initiale ?

On remarque le poids élevé des 120 000 jeunes sur 700 000 qui sortent sans diplôme.

Je rappelle par ailleurs l'objectif fixé par l'Union Européenne (et la stratégie de Lisbonne): 50 % d'une classe d'âge au niveau des études supérieures.


Que sont-ils devenus ?

Comment ces jeunes ont-ils évolué de 2004 à 2007 ?

On s'aperçoit que l'emploi stable (en CDI) progresse de façon évidente puisque la part des jeunes embauchés en contrat à durée indéterminée à doublé entre 2004 et 2007.

De même, leur salaire médian (tel que 50 % des jeunes gagnent plus que ce salaire médian et 50 % se situent en dessous) a augmenté de 18 %
.

Ceci est d'autant plus remarquable que la conjoncture économique n'était pas vraiment florissante...

Que sont-ils devenus ?


Passons maintenant aux inégalités entre ces jeunes issus de la génération 2004.


D'abord, les inégalités par rapport aux diplômes:

On s'aperçoit que le diplôme reste encore une protection contre le chômage, permet une meilleure insertion dans l'emploi (beaucoup plus de CDI et un salaire mensuel plus élevé)


Que sont-ils devenus ?
Quels sont les écarts entre hommes et femmes ?

Si les écarts en termes de taux de chômage sont quasi-inexistants, en revanche ils sont sensibles en termes de salaires médians (plus 4 % pour les hommes) et surtout ils sont importants en termes de conditions d'emploi puisque les femmes sont beaucoup plus victimes du temps partiel contraint (écart de 10 pts).

On retrouve alors des tendances déjà repérées concernant la place des femmes. Ce qui surprend un peu, c'est qu'elles sont déjà en place dès la sortie de la formation initiale. On se doute qu'après l'installation dans la vie de couple, la situation ne va pas s'améliorer.

A noter que les inégalités hommes / femmes sont particulièrement élevées si on rajoute l'effet diplôme (les écarts sont plus élevés lorsqu'on prend les hommes / femmes sans diplôme et les hommes / femmes diplômés d'études supérieures à bac + 4 ou 5 !)


Que sont-ils devenus ?
Il est intéressant de comparer les jeunes de la génération 2004 avec ceux des générations précédentes (le CEREQ a réalisé des études sur la génération 1998 et 2001).

Le contexte économique est plus difficile en 2004 qu'en 1998. Cela va se traduire par:

- un taux de chômage plus élevé que pour la génération qui a connu l'embellie économique de la fin des années 1990.

- une reprise d'étude ou de formation plus importante étant donné les difficultés à s'insérer sur le marché du travail

- des conditions d'emploi moins favorables: plus de CDD et de temps partiel contraint (on connait la place des jeunes sur le marché du travail, ils servent hélas de "variable d'ajustement")

- mais le salaire médian a progressé de 7 % par rapport à la génération 1998 (en termes de pouvoir d'achat, la hausse est de 1.6 %).


Que sont-ils devenus ?

C'est donc une vision tout en nuance, beaucoup moins dramatique que celles que l'on peut voir dans les médias.
En effet, regardez moi ce clip ...



ON SERA TOUS AU RMI
par chezwat

Sans parler de cette chanson...


Découvrez Sat!

A la demande de Casy et de Bertaga, je remets donc le jingle au goût du jour. Au sens propre comme au sens figuré puisque ce jingle ne ressemble pas aux chansons précédentes que les jeunes appellent pudiquement "vieillotes" (pour ne pas dire plus^^).

Pour prolonger, on peut toujours relire:

- zoom sur les inégalités de salaire

- Homme, femme: mode d'avenir

-
il remonte l'ascenseur social ? Ah bon


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