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L’enjeu de la vice-présidence

Publié le 27 octobre 2008 par Lbouvet

Lorsqu’il s’agit de choisir un colistier qui pourrait être son vice-président, le candidat à l’élection présidentielle américaine se pose en général une seule question : qui va me rapporter le plus de voix ? Il sélectionne alors une personnalité susceptible de faire basculer dans son camp son Etat d’origine – surtout s’il est l’un de ces fameux swing States où se joue l’élection – ou bien quelqu’un en mesure d’apporter au ticket qu’ils vont former, des qualités complémentaires des siennes.


C’est ce qui s’est passé cette année. Barack Obama, nouveau venu sur la scène politique et faiblement expérimenté en relations internationales, a choisi Joe Biden, sénateur démocrate à la longue expérience en matière d’affaires étrangères et de défense, et figure bien connue du Tout-Washington. Alors que le vétéran John McCain a créé la surprise en désignant Sarah Palin, la jeune et quasi-inconnue gouverneur ultraconservatrice d’Alaska. Si le choix d’Obama était relativement attendu, celui de McCain a immédiatement déchaîné les médias. D’abord en faveur de cette mère de famille nombreuse proche des couches populaires dont elle est issue ; puis, à mesure qu’elle se montrait particulièrement maladroite et inconsistante, contre cette tenante d’un populisme extrême que l’on ne rencontre que dans l’Amérique profonde.

Les pouvoirs constitutionnels du vice-président sont très réduits : il préside avec voix déterminante en cas d’égalité le Sénat, mais surtout il remplace le président en cas d’empêchement et lui succède en cas de décès. L’enjeu est donc de taille cette année puisque McCain à 72 ans, serait, s’il était élu, le président le plus âgé à prendre ses fonctions. Et comme il a déjà eu, il y a quelques années, un cancer, les Américains se montrent particulièrement inquiets. Si jamais il ne terminait pas son mandat, ce serait Palin qui serait désignée présidente ! Or en moins d’un mois, tout le monde a pu se rendre compte qu’elle n’était pas du tout à la hauteur de la tâche. Le joker de McCain s’est alors transformé en boulet. Un de plus pour sa campagne.

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