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Sundar Singh

Publié le 29 octobre 2008 par Mystique

Sundar Singh est un Hindou converti au christianisme et qui exerce actuellement son activité apostolique non seulement parmi les populations non chrétiennes de I'Inde, mais par toute la terre. Il nous a paru intéressant de résumer la vie et l'enseignement d'un apôtre chrétien appartenant à une des races qui semblent le plus constitutionnellement incapables de saisir l'idée de la divinité absolue de Jésus-Christ (1).

Sundar Singh (2) est né le 3 septembre 1889 à Rampur, dans l'Etat de Patiala, au Nord de l'Inde; il appartient à la race des Sikhs; il est le dernier fils du Sirdar Sher Singh, homme riche et considéré, qui l'éleva dans le luxe et lui fit donner une solide instruction. Sa mère, qui est morte lorsqu'il avait quatorze ans et pour qui il conserve un véritable culte, lui avait fait connaître les livres sacrés hindous, notamment la Bhagavad-Gita (3) et l'Adi-Granth (4). A seize ans, il connaissait les Upanishads et le Coran. Il fut mis en contact avec l'Evangile par des missionnaires presbytériens américains à l'école desquels il avait été envoyé; l'enseignement qu'il reçut là bouleversait tout ce qu'il avait appris jusqu'alors, aussi lui fut-il dès l'abord profondément hostile; il déchira et brûla une Bible qui lui avait été offerte. Mais le trouble persistait en lui ; il avait soif d'une certitude ; un soir de décembre 1904 il résolut de mettre un terme à ses luttes intérieures et de trouver la paix immédiatement ou dans la mort. Il se mit à prier dans sa chambre, décidé, s'il ne trouvait pas le repos du cœur, à mettre sa tête sur le rail du chemin de fer, au fond du jardin paternel, où l'express de Ludhiana passait à cinq heures du matin. A quatre heures et demie il vit une grande lumière et dans cette lumière la forme du Christ et il entendit une voix qui lui disait : « Jusqu'à quand me persécuteras-tu? je suis mort pour toi, je suis le Sauveur du monde. » Alors il comprit que le Christ est vivant, pensée qui lui paraissait jusqu'alors inadmissible, et la paix entra en lui.

Sa famille n'accepta pas qu'il voulut abandonner la religion des ancêtres pour embrasser celle de Jésus. Son père lui représenta la honte qui rejaillirait sur tous les siens s'il persistait dans sa résolution; un oncle lui promit toutes ses richesses - qui étaient considérables - s'il demeurait avec eux. Rien n'y fit. Alors son père le déshérita et le déclara « hors caste », ce qui, pour un Hindou, est la déchéance suprême; l'école chrétienne persécutée dut quitter le pays, laissant Sundar seul avec un camarade Sikh qui avait aussi embrassé la foi du Christ. En signe de rupture définitive avec sa race, il coupa sa chevelure, pratique que le Granth interdit aux Sikhs. On lui servit ses repas hors de la maison comme à un paria, puis il fut chassé du foyer paternel après avoir été empoisonné dans le dernier repas qui lui fut donné. Son ami fut également empoisonné par les siens et mourut. Sundar se réfugia à Ropur chez des chrétiens qui le soignèrent. Son père fit une suprême tentative pour le reprendre; il lui parla avec tendresse, évoqua le Souvenir de sa mère ; mais le jeune homme demeura inébranlable dans sa résolution de servir le Christ tout le temps qu'il lui resterait à vivre.

Le jour anniversaire de ses seize ans, le 3 septembre 1905, il fut baptisé à Simla, dans l'Himalaya. Trente-trois jours après, il résolut de vivre en sâdhou. Le sâdhou porte une robe couleur safran, costume consacré par les siècles, et s'en va, sans foyer et sans argent, vivant d'austérités et d'aumônes ; son costume lui ouvre la porte de toutes les castes et de toutes les classes, même celle des zénanas ou gynécées où il a pu à maintes reprises parler du Christ aux grandes dames du pays. Sur la terre glacée du Tibet comme sur le sol torride de Ceylan il marche pieds nus et conserve le même vêtement et les mêmes habitudes de pauvreté ; il n'emporte avec lui que son Nouveau Testament en langue ourdou.

Il commença à prêcher l'Evangile dans son village natal, puis dans les autres bourgs de sa province du Penjab; ensuite il alla vers l'Afghanistan, le Béloutchistan et le Cachemire. Mais il n'était pas préparé à cette existence itinérante et il souffrit beaucoup du froid et des privations, sans parler de douloureuses mortifications; il connut de terribles luttes intérieures, notamment la tentation de retourner vivre dans la maison paternelle l'existence d'un homme de son rang; mais il ne se laissa jamais détourner de son apostolat.

En 1906 il rencontra un Américain, M. Stokes, qui, pendant un an, se joignit à lui et lui fit connaître saint François d'Assise pour qui il avait une grande vénération bientôt partagée par le Sâdhou. Ils prêchèrent l'Evangile aux lépreux de Sabathu et aux pestiférés de Lahore. Resté seul, Sundar fit en 1908 un premier voyage au Tibet (5). Puis il voulut parfaire sa préparation et fit deux ans d'études au collège Saint-Jean à Lahore (1909-1910).

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Il refusa toujours les titres qu'on lui proposa; il ne voulut être qu'un témoin du Christ. Il renvoya à l'évêque anglican la licence de prêcher que celui-ci lui avait donnée, expliquant qu'il voulait annoncer l'Evangile là où Dieu l'enverrait. En 1912 il parcourut le Bengale. Il résolut alors de jeûner pendant quarante jours et quarante nuits; il se retira dans la jungle et passa ce temps à converser avec le Christ. A mesure que ses forces physiques déclinaient, son esprit se trouvait vivifié et sa dépendance vis-à-vis de Dieu lui fut révélée, chassant à jamais les doutes qui avaient pu l'assaillir. Des forestiers le rencontrèrent complètement épuisé et le transportèrent à Dehra Dun puis à Annfield où il fut soigné.

En 1913 et 1914 il parcourut le Sikkim, le Bhutan, le Népal où il fut supplicié (6). Puis il retourna au Tibet. Là il fut persécuté, emprisonné. A Rasar, après lui avoir cassé le bras gauche pour qu'il ne puisse pas s'enfuir, on le jeta dans un puits desséché profond de quarante pieds, dont le couvercle métallique fut cadenassé ; il resta couché sur des cadavres en putréfaction, attendant lui aussi la mort. La troisième nuit, il fut retiré de sa prison sans pouvoir même apercevoir son sauveteur. Lorsqu'il fut dehors, il se rendit compte que son bras était guéri ; arrêté, il fut reconduit devant le lama qui l'avait condamné et celui-ci retrouva dans sa propre ceinture l'unique clé fermant le couvercle de la basse-fosse. Effrayé, il pria alors le Sâdhou de quitter la ville.

Ensuite Sundar prêcha dans le Sud de l'Inde, à Ceylan, en Birmanie, en Chine, au Japon. En 1918 il visita l'Amérique et l'Europe. En octobre 1919 il retourna à Rampur ; il y avait quatorze ans qu'il n'avait pas revu son père ; celui-ci le convertit et Sundar le baptisa.

En 1920 Sundar Singh alla en Angleterre où le directeur du Collège missionnaire de Selly Oak a dit de lui : « Il n'est pas seulement au-dessus des nationalités, mais aussi au-dessus des églises; il ne trouve aucun intérêt à tous nos ismes. » En mars il s'arrêta à Paris, puis visita l'Irlande et l'Ecosse; à Londres il parla à l'Albert Hall devant 10.000 personnes; il alla ensuite aux Etats-Unis, en Australie, en Palestine où il avait souvent désiré de se rendre. En 1922 il parcourut la Suisse, l'Allemagne, la Suède. Actuellement il poursuit aux Indes ses pérégrinations apostoliques.

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