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Patricia Laranco : réflexions.

Par Ananda
Pauvres de nos vies, qui oscillent sans discontinuer entre l'enflure de l'ego et le doute (légitime) quant à l'importance que nous pouvons avoir !


La vie se passe à essayer de se convaincre que l'on est important. Qu'après notre disparition, le monde gardera souvenir de nous.


La chair ? C'est elle qui pourrira. C'est elle qui aura le dernier mot.
Pouvons-nous le lui pardonner ?


Bons moments ou moments moins bons ?
Qu'importe, ils ne sauraient durer.
Alors, je conserve ma méfiance.


Rien n'a d'importance. Tout se vaut.
C'est nous qui avons besoin de donner de l'importance à ceci, ou à cela.
C'est nous, surtout, qui avons besoin de nous conférer une importance.
Ainsi l'auteur. Qui s'imagine que le verbe lui donnera plus de corps. Qu'il lui confèrera, en quelque sorte, un surcroit de présence. Il fait le pari que cela marchera, que cela réussira.


Il vient un moment où l'on comprend.
Et où l'on se découvre fatigué.
Il vient un moment où l'on SAIT que l'ombre n'est jamais très loin.
Que le temps s'accélère sous nos yeux et à l'intérieur de nous.
Qu'il ne se départira jamais de sa fragilité sans merci, de sa mobilité qui efface tout. Parce que c'est dans sa nature.


L'être veut persévérer dans son être mais s'use.
A partir du moment où il est, il décline.
Il doit sans cesse contrecarrer le déclin, lutter contre sa progression irrésistible.
Et finalement, n'ayant pas le choix, il se résout à exaucer les desseins d'une entité à plus grande échelle que lui : la Vie.


Je hais le déni. C'est à cause de lui que des milliers d'êtres souffrent.
Pour sauvegarder le confort moral d'une poignée de gens.


La poésie viserait-elle en fin de compte à produire du non-mot ?
A prouver que, comme l'anti-matière, le non - mot existe ?


L'être est peut-être à lui-même son créateur.
Ainsi dieu ne serait-il pas transcendant, mais immanent.
Il existerait parce qu'il y a quelque chose au lieu de rien. Quelque chose pour, finalement, penser, suggérer l'idée de dieu.


Ne posons plus de questions. Le vivre est, en soi, la réponse.


Je ne sais si l'homme est fait à l'image de dieu, mais ce que je serais, en revanche, encline à penser, c'est qu'il aspire à s'affranchir de la nature qui est en lui. Tout être humain, je le pense, porte en lui (ou au fin fond de lui, à son insu) le rêve d'un monde humain où les pulsions basiques et la brutalité ne seraient plus que souvenirs. L'homme est posédé par un rêve de créativité, de liberté. Son cerveau a sécrété sa conscience, qui le lui suggère. Pourquoi ? Quel sens donner à tout ceci ? Je l'ignore, bien sûr. La violence, le sexe et l'esprit de domination sont les grands problèmes de l'homme. Il reste parasité par leurs encombrantes, dégradantes tyrannies. L'éducation vise à leur contrôle, à leur canalisation. La loi sociale leur substitue les idées de respact, de justice qu'elle tend à défendre. Pourtant, violence, brutalité sexuelle et avidité dominatrice demeurent bien présentes, bien vivaces.
Tout cela fait de l'homme un être hybride, qui ne voit pas très clair en lui-même.


Nous menons tous, en fait, trois vies : celle, classique, de l'éveil, celle du rêve et celle de l'imaginaire.
Et elles s'interpénètrent. Bien plus qu'on ne le croit généralement.
Etrange état d'homme, où nous vivons sur tant de plans différents, cependant soigneusement superposés !
De sorte qu'en étant là, je suis toujours, en même temps, ailleurs. Je suis, en quelque sorte, pourvue d'une manière d'ubiquité oblique.
Mon espace physique est parasité par mes espaces mentaux.
Je revendique comme "de ma vraie vie" le rêve nocturne et l'imaginaire. Ils possèdent une densité même, voire plus grande, que mon inscription matérielle dans le monde externe.


Pour moi, le mot n'est jamais fermé. Il s'ouvre toujours sur d'autres mots.


Les âmes fortes sont celles qui savent regarder le vide en face.
Elles n'ont pas besoin qu'on les rassure en leur parlant d'un "dieu d'amour" qui chercherait à les sauver, ou s'intéresserait à elles.


Le problème des gens ignorants, ce n'est pas tant leur ignorance. C'est, par dessus tout, leur fierté.
Ils ne savent pas à quel point apprendre nécessite de modestie.


P.L

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