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C'est par où?

Par Pandora

Un soir comme tant d’autres, je suis seule près du téléphone et j’attends. La télé en fond sonore avec l’émission la roue de la fortune et sa pin up déshabillée, ses couleurs kitsch, ses cris du public et la bêtise de ses candidats. Un soir comme tant d’autre où je me demande ce que je veux faire de ma vie et si je prends bien la bonne direction. Mais pas de panneaux indicateurs pour cela. J’ai beau savoir que la mousse au pied des arbres indique la direction Nord, cela ne m’aide pas beaucoup, je suis complètement perdue. C’est par où bon sang ?

Je casse un cookie’s fortune et déplie le petit billet : « les moustaches du chat frétillent dans le grand vent »… Que celui qui arrive à savoir de quoi son avenir sera fait à partir de ces indications me le dise, c’est vraiment du chinois ! J’ai beau m’être enfilée tout le paquet de gateaux, je n’ai toujours aucune idée de par où aller et je crains le contresens dans mes interprétations. Je me sens coincée dans le rond point comme l’automobiliste du sketch de Raymond Devos.
Et pas beaucoup d’aide à attendre non plus de mon horoscope dont les versions se contredisent selon les magazines, dire que certains croient que l’astrologie est une science exacte. Quoi faire alors ? Un oui-non avec mon pouce et mon auriculaire, sur le grand mur du salon, en laissant reposer le choix de la direction à prendre sur l’espacement entre mes doigts et la longueur du mur ? Une partie de démineur en décidant que si j’arrive à gagner je le quitte ? Ou le contraire, si je gagne je reste avec lui ? Me dire que si la femme blonde gagne à la roue de la fortune, je l’appelle, et que sinon j’attends qu’il me téléphone…

J’effeuille la rose qu’il m’a apportée hier soir. Il m’aime…Un peu… Beaucoup… A la folie… Pas du tout… Merde ! De toute façon, ça ne compte pas vraiment, ça ne marche qu’avec les marguerites !

La sonnerie du téléphone m’interrompt heureusement avant que la déraison ne me gagne complètement. Une voix d’homme pour essayer de me vendre une encyclopédie. Je raccroche très excitée (pas par ses encyclopédies, non), je l’ai enfin mon signe. Un homme m’a appelée, donc « Il » va me rappeler. C’est bien l’homme de ma vie, je le savais, nous allons vivre une magnifique histoire d’Amour… D’ailleurs c’est l’homme brun qui a gagné à la roue de la fortune, brun comme lui.
Les brumes se dégagent sur mon chemin, je sais quelle voie prendre.
Mais pour être complètement sûre, je vais quand même faire une partie de démineur avant de l’appeler …
[Exercice d'écriture pour les impromptus littéraires]


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