Magazine Chaussures

Rencontre avec Annabel Winship

Publié le 07 novembre 2008 par Cecile Berthelon @walinette

Ce billet fait donc suite à celui-ci. Où comment j'essaie de vous retranscrire tout ce qu'on a pu se raconter lors de notre entretien téléphonique.

Annabel Winship donc, après avoir fait l'école Duperré, s'être spécialisée dans le textile et travaillé 8 ans avec Stella Cadente, un jour revient bredouille d'une chasse à la pompe qui va bien (comprendre simple, confortable, mais colorée et féminine en même temps) dans les grands magasins, et a l'illumination suivante : "mais pourquoi tu ne les fais pas toi même ??"
Elle n'a aucune expérience du travail du cuir, mais sait comment monter une collection et plus important : comment faire passer l'idée du dessin au modéliste.

Walinette : Comment se lance-t-on dans la création de chaussures ?
Annabel : On voit beaucoup de nouveaux créateurs se lancer dans les vêtements, les accessoires et les bijoux, beaucoup moins pour les chaussures. Même si je savais ce que je voulais, j'étais complètement à l'ouest en ce qui concernait les difficultés techniques. Il y a le problème du confort, de l'ergonomie et on part directement dans un processus industriel (une paire passe dans une quarantaine de mains à l'usine), même pour un truc simple. Il faut gérer un nombre de tailles plus important, commander de suite un minimum de paires...

W : et comment tu t'en es sortie ?
A : Lors d'un salon professionnel, par le bouche à oreille ! Je recherchais un fabricant et je suis tombée sur une jeune femme qui m'a aiguillée vers une usine en Espagne. Je m'y suis rendue avec mes dessins et un sac plein de chaussures que j'aimais bien (pour leur talon, leur forme...). J'ai appris des astuces, comme dessiner l'arrondi qui me plaisait directement sur le pied. De là ils m'ont envoyé des prototypes.
La première collection a pris forme en février 2007, fortement inspirée du Magicien d'Oz, d'ailleurs le modèle d'escarpins rouges devait s'appeler "Dorothy" (NDLR : hiiiii, c'est ma paire, elle est collector...)

W : et actuellement tu travailles sur quoi ?
A : Je finis de vendre la collection été 2009 sur les salons et elle va partir en production sous peu. Puis je vais me mettre à travailler sur l'hiver suivant. J'ai déjà une idée d'ambiance générale, la gamme de couleur, un petit mix dans ma tête.
Ce n'est pas évident de vendre aux grossistes, ils ne commandent pas forcément ce qu'il y a de mieux et restent un peu frileux, par exemple la première saison, les boots métalisées rose et rouge : pas un client ne les a commandées, alors que toutes mes copines en voulaient ! J'en ai commandé un petit stock que j'ai vendu en direct et c'est devenu un best-seller, du coup Sarenza les a rajoutées à son catalogue la saison suivante.

Et voici quelques modèles de cette fameuse collection 2009 ! Je ne sais pas vous, mais je sais que la paire open-toes bleue Union Jack sera mon prochain achat chez elle ;-)

W : Parlons un peu mode, tu aimes t'habiller comment ?
A : Très simple ! un jean Levi's, un pull noir... et de très belles chaussures ! Mais j'aime aussi Paul Smith, qui est chic sans se prendre au sérieux, Sonia Rykiel pour ses formes simples, Cacharel mais ça dépend - le liberty bien sûr - mais surtout les touches d'humour en trompe l'oeil. Elsa Schiaparelli. En bref, tous ceux qui ne prennent pas la mode trop au sérieux. Et Stella Cadente bien sûr !

W : Tu avoues des infidélités à tes modèles niveau chaussures ?
A : La plus grosse ce sont... les baskets ! Converse, Adidas, Spring Court. Aussi des ballerines Repetto, mais de moins en moins. J'aime aussi beaucoup les chaussures anglaises pour enfant Start Rite, que je porte depuis toute petite, j'ai la chance de ne chausser que du 37, pointure à laquelle la gamme s'arrête.

On aurait pu papoter des heures, mais il faut bien travailler un peu !
Pour conclure voici quelques modèles de la collection en cours :

Boots "Crazy" LE modèle signature de la marque

Collection Rita Hayworth, modèle Canette

Bottines à boutons, modèle Crack

Et du modèle que je me suis procuré : les Richelieu Chatine en gris. Détail qu'on ne voit pas bien : les talons sont métallisés, un peu la marque de fabrique d'Annabel. Chic, confortables et originales à la fois ;-)
Et le petit plus ? toutes les chaussures ont leur petit pochon en tissus liberty joint dans la boite... Ce n'est pas grand chose mais c'est le genre de petit détail qui fait craquer.

Où la trouver ?
Au Bon Marché, Chez Franck et Fils ou encore chez Garrice à Paris... liste des points de vente sur le site
Sur le net :
Chez Sarenza ou sur le Bazar Parisien
En la contactant directement : et oui, on peut lui commander la paire de nos rêves si elle l'a toujours en stock, il suffit de lui demander gentillement par mail : annabel (at) annabelwinship.com, elle a même déjà fait des envois à l'étranger ;-). Elle aimerait ouvrir sa propre boutique, mais je ne vous apprends rien en vous disant que c'est hors de prix...

A propos de la mini-collection pour André et du désarroi des bordelaises, dans la liste des magasins avec les codes postaux j'ai un : "St Projet : 33000", je ne connais pas tous les numéros de départments par coeur, mais tout de même, ça m'a bien l'air chez vous ça non ?

Goodie Bag : aujourd'hui une vente "spéciale Bump" sur We-love avec les bonnets, gants et chaussons de la marque "Quand j'étais grand".
C'est fait de manière éthique, à la main, par des artisans bosniaques, et ça a un petit côté rétro à croquer.
Entre les chaussons "animaux" et les chaussons et écharpes - bonnets en jacquart, mon coeur balance :

Mais je crois bien que The Bump sera chaussé de poussins en cuir pour ses premiers pas
Info Bonux : 10% de réduction sur votre commande avec le code "beautylove"
(et j'ai demandé, c'est 100% laine mais on m'a dit que ça ne grattait pas...)

Goodie Bag 2 : suite au reportage sur la 6 hier midi, j'ai même droit à un petit article... où ils s'obstinent à m'appeler Céline... grumpf
Sinon on peut mettre la main sur le podcast du 12:50 du 6 nov donc un peu partout ('tain sérieux, j'étais même dans les grands titres en compagnie d'Obama dites donc)
Le Microbe avait eu droit à ses gros plans filmés, mais la pov' bête a été coupée au montage...


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