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Une nouvelle plateforme science-politique pour aider à placer la biodiversité en tête de l’agenda politique mondial

Publié le 08 novembre 2008 par Sequovia

Un nouveau système de diffusion de l’information scientifique relative à la diversité du vivant sur la planète Terre et à son importance pour les Humains, pourrait propulser la biodiversité comme question prioritaire dans l’agenda politique mondial au même titre que le changement climatique, selon trois ministres français, Jean Louis BORLOO, ministre d’État ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du développement durable et de l’Aménagement du Territoire, Valérie PECRESSE, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et Alain JOYANDET, secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie qui poussent à la mise en place d’un tel système.

Une conférence se tiendra à Putrajaya, Malaisie, du 10 au 12 novembre 2008 pour débattre de la mise en place d’une plateforme science-politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES : Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Elle sera conçue pour fournir à l’ensemble des décideurs à travers le monde, une information fiable et sûre sur les changements affectant les processus naturels dont dépendent tant les sociétés que leur économie - de la fertilisation des sols au contrôle des ravageurs des cultures et des maladies.

La conférence a été convoquée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et rassemblera des représentants de gouvernements, des institutions de recherche, des organisations non gouvernementales et les conventions internationales relatives à la biodiversité et à l’environnement.

Cette initiative fait suite à l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millennium Ecosystem Assessment - MA)2, qui en 2005 a principalement conclu que les objectifs de réduction de la pauvreté seraient compromis par la dégradation de services écosystémiques clefs, notamment les pêcheries, l’approvisionnement en eau potable et la protection contre les risques naturels.

Elle fait également à la suite d’une consultation internationale, initiée par le gouvernement français, qui a impliqué plus de 300 participants et 40 organisations internationales et régionales de plus de 70 pays, sur le besoin, les champs d’action et les options pour unMécanisme International d’Expertise Scientifique sur la Biodiversité (IMoSEB).

Selon une note de principe du PNUE1, utilisée comme base de discussion à la réunion en Malaisie, la plateforme aurait pour objectif principal de compléter l’action des structures existantes, notamment des conventions relatives à l’environnement, et non de dupliquer leurs actions. Ses domaines de compétences suggérés seraient :

Signaux précoces, leçons précoces : outre la diffusion d’analyses scientifiques rapides sur les menaces naissantes, il s’agira de réaliser un suivi des tendances et des nouveaux résultats scientifiques et d’alerter d’avance les organisations et les gouvernements au sujet des questions et des menaces émergentes pour leur permettre de réagir en temps voulu.

Catalyser les connaissances : outre la préparation des éléments nécessaires à une deuxième évaluation mondiale, il s’agira d’entreprendre régulièrement des évaluations intégrées indépendantes sur les changements affectant la biodiversité et les services écosystémiques ou d’informer d’autres processus d’évaluation menés dans ce domaine.

Soutien politique et communication : il s’agira d’appuyer les partenaires concernés en leur fournissant les informations scientifiques requises :

Pour mieux comprendre les changements survenus dans la biodiversité et les services écosystémiques et leurs implications sur le bien-être humain ; Pour faciliter le suivi de l’évolution de la biodiversité et des services écosystémiques, et l’établissement de rapports en la matière ; Pour regrouper et diffuser les informations scientifiques de façon à répondre aux besoins des partenaires concernés.

Les partisans d’un IPBES pensent que cette plateforme permettrait de placer la biodiversité et les services écosystémiques au cœur des décisions, de la même manière que cela a été fait pour le changement climatique grâce, en grande partie, au travail mené par le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat /Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC), qui mène depuis 1987 une évaluation rigoureuse et une présentation efficace des savoirs scientifiques sur le changement climatique.

Jean Louis BORLOO, ministre d’État ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a précisé sur ce point : « Qu’il s’agisse de lutte contre le changement climatique ou de protection de la biodiversité, nous faisons face, dans les deux cas, à une menace commune, nécessitant une implication de tous les Etats, sur la base de données scientifiques fiables. Le GIEC est une vraie réussite car il permet aux Gouvernements de fonder leur décision sur un diagnostic objectif. Il n’y aucune raison pour que nous ne soyons pas capables de faire la même chose en matière de biodiversité ».

Valérie PECRESSE, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a ajouté : « tout le long du processus consultatif, il y a eu une demande de plus en plus forte pour une expertise sur la biodiversité, qui soit indépendante, intergouvernementale, non prescriptive, impliquant l’ensemble des parties prenantes et qui présenterait aux décideurs des résultats pertinents. Ce futur IPBES devrait pouvoir combiner ces caractéristiques pour être capable de placer la biodiversité en tête de l’agenda politique comme nous le souhaitons tous fortement ».

Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, insiste sur l’importance de la biodiversité pour le développement et la lutte contre la pauvreté : « Il s’agit d’intégrer plus efficacement la biodiversité dans toutes les politiques de développement. Cessons de la penser uniquement à travers ses emblèmes animaliers (gorilles, tigres) ou conceptuels (bien public mondial) pour la considérer avant tout comme l’ensemble des ressources naturelles essentielles pour la survie de l’humanité. Engageons nous pour que la biodiversité soit créatrice de richesses pour les communautés locales dans un souci de croissance partagée. A ces égards, l’IPBES sera capable de développer la même capacité d’alerte, de proposition et de décision que le GIEC. »

La conférence de Putrajaya devrait produire des recommandations sur IPBES qui seraient soumises à décision lors du conseil d’administration du PNUE en février 2009.

Source : MEEDAT


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