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Dita Von Teese : Profession pin-up

Publié le 10 novembre 2008 par Ttiger

Le véritable sadisme selon elle ? Faire croire que la perfection peut être naturelle. Or Dita Von Teese est une bonne fille. Elle n’a pas honte de clamer qu’être belle et pimpante en permanence lui demande beaucoup de travail, ni qu’elle doit son admirable poitrine à un chirurgien. La sincérité paie : ce genre de confession n’a pas empêché la strip-teaseuse-performeuse, qui s’effeuille dans les soirées les plus chics de la planète sans jamais perdre son mystère, d’acquérir le statut de célébrité culte. Ni même aujourd’hui de devenir le mannequin et la styliste de la marque Wonderbra, le temps d’une collection à son image : raffinée, craquante, délicate.

Dita Von Teese la brune aux cheveux de jais est née blonde avec des taches de rousseur et un nom, Heather Sweet, qui ressemblait déjà à un pseudonyme. La future jet-setteuse, qui réalise aujourd’hui ses shows dans le monde entier, voit le jour en 1972 dans la ville très paumée de West Branch, dans le Michigan, d’un père mécanicien et d’une mère manucure. « J’étais beaucoup moins jolie que mes sœurs et que ma mère », raconte-t-elle, selon la classique fable du vilain petit canard.

A ce stade de l’histoire, normalement, les actrices ou mannequins adeptes de ce récit de leur enfance embraient sur les changements formidables de la puberté, ou sur la beauté, la vraie, qui est intérieure… Pas Dita, qui jure devoir tout au maquillage, à la teinture capillaire, au sport… et à la collection de « Playboy » – cachée sous le lit de son père. Dans le journal de Hugh Hefner, elle découvre la magie des bas et des porte-jarretelles. A 14 ans, quand ses copines achètent encore des brassières sans trop comprendre ce qui leur arrive, elle travaille dans une boutique de lingerie. A 17, elle a réuni assez d’argent pour acquérir son premier corset. Dans la foulée, elle découvre la personnalité de Bettie Page, idole des années 50 à la frange bombée et aux cheveux presque bleus à force d’être noirs. Elle a trouvé le modèle de sa vie, qu’elle s’applique à reproduire avec beaucoup d’intelligence, en gardant bien en tête sa volonté d’être unique.

A 18 ans, devenue maquilleuse, la voilà prête à devenir strip-teaseuse. Dans un bar, elle assiste à la démonstration d’une jeune femme blonde beaucoup trop bronzée, nue avant même que le show ait commencé. La jeune Heather promet au patron qu’elle a quelque chose de différent à lui proposer. Le lendemain, elle monte sur scène avec une robe à crinoline et un corset, et se lance dans un spectacle mutin et sexy. Le public adore.

A l’orée des années 90 et du grunge, une pin-up est officiellement née. Elle n’arrêtera jamais de prendre son époque à rebours, ni de connaître le succès.

La fan des « Ziegfeld Follies » de Vincente Minnelli améliore sans arrêt son spectacle, ses costumes et ses coiffures aujourd’hui encore, c’est elle qui s’occupe de tout, se met à poser, enserrée dans des liens très complexes, pour des revues fétichistes, joue dans des films pornographiques qu’elle trouve cohérents avec son image. Loin d’en avoir honte, cette fine mouche et femme d’affaires les vend aujourd’hui sur son site Internet.

En 2002, elle fait la couverture de « Playboy » pour la première fois. Consécration de son style que l’on dit « burlesque » aux Etats-Unis mélange de cabaret et de vaudeville à connotation sexuelle et début de la cour effrénée que lui livre l’Antéchrist en personne. Le chanteur Marilyn Manson, improbable créature aux allures de démon, est amoureux d’elle. Elle se méfie puis finit par céder à ce garçon « adorable et romantique », dit-elle, qui passe au moins autant de temps qu’elle à se maquiller et s’est lui aussi inventé un nom. Elle a emprunté son prénom à l’actrice des années 30 Dita Parlo et pioché le patronyme dans l’annuaire, quand lui s’est inspiré de Marilyn Monroe et du gourou du crime Charles Manson. Leur mariage, célébré en Irlande en décembre 2005, ne durera qu’un an. « Différends irréconciliables », disent les communiqués. Si ce divorce fait beaucoup souffrir Dita, son ancienne alliance avec la Bête a fait de cette Belle une star absolue aux Etats-Unis. Dans le même temps, la population de ses fans change. Les femmes deviennent presque majoritaires à venir l’applaudir. Son discours de franchise a quelque chose de rafraîchissant pour les simples mortelles fascinées par cette déesse.

Il est pourtant un domaine où elle semble croire encore qu’il faut respecter l’ordre des choses. Très éprise d’un beau Français depuis six mois, elle interroge des astrologues sur la compatibilité de leurs signes. Et si ça n’était pas le cas ? Elle se rebellerait, une fois de plus, contre la nature. Jusqu’à présent, ça lui a plutôt réussi.

Par Raphaëlle Leyris/Paris Match


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