Agé de 32 ans, Ludovic Bernard est diplômé en sciences politiques, se définit comme «patriote français qui se sent aussi européen» et travaille depuis plus de 5 ans au sein des institutions européennes, notamment au Parlement européen, dont il a pu analyser le fonctionnement – et les véritables ambitions de ceux qui y siègent.
"A quelques mois des élections européennes, je me suis interrogé sur l’avenir de l’Europe et de ses peuples. Je ne suis convaincu, ni par le souverainisme étroit, ni par le fédéralisme à vocation mondialiste. N’ayant trouvé aucune réponse claire, j’ai cherché la mienne en souhaitant partager une vision, exprimer une sensibilité, en tant que Français et en tant qu’Européen évoluant parmi d’autres Européens. Loin de vouloir créer une utopie, j’ai souhaité donner une raison constructive à ma propre opposition au fédéralisme européen tout en souhaitant l’Europe, cette “autre Europe“ parfois évoquée, jamais définie.»Son Manifeste pour une Confédération européenne est fort d’une vingtaine de pages incluant un «Projet pour une renaissance européenne» qui n’est rien d’autre qu’un «Traité refondateur». Pour lui, la confédération est « un compromis nécessaire » dans la mesure où «en bien des domaines, les Européens sont préoccupés par les mêmes soucis socio-économiques et menacés par les mêmes dangers internationaux».
«Il ne s’agit pas de faire de l’Europe une forteresse, il s’agit d’abord d’empêcher la destruction culturelle, économique, spirituelle et politique de notre continent et de ses peuples. Il s’agit surtout d’insuffler aux peuples européens la volonté de rester dignes et de reprendre confiance en leur permettant de rester libres et maîtres de soi.»Pour relever le « défi d’une grande Europe qui puisse emporter l’adhésion collective », il propose «une association libre d’Etats nations européens» dans le cadre d’une Europe «fondée sur des frontières naturelles, géographiques et civilisationnelles» – ce qui en exclut la Turquie – et où «l’identité et la spiritualité européenne» seraient prises en compte. Il serait aussi possible d’en sortir sur décision référendaire de tel ou tel peuple.
Concrètement, c’en serait fini de la Commission européenne détachée de toute subordination nationale: elle serait dissoute. Et le pouvoir de décision reviendrait au Conseil des ministres, « statuant à l’unanimité seule », et au Parlement des nations, l’ensemble étant coiffé par un Conseil confédéral européen composé des chefs d’Etat ou de gouvernement, statuant lui aussi à l’unanimité. Et les domaines de «compétence partagée» seraient extrêmement réduits.
Michel Janva (via Minute)
