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De la théorie de la relativité générale socialiste....

Publié le 13 novembre 2008 par Dagrouik

Les débats actuels au PS peuvent paraître abscons à ceux qui ne sont pas encartés, en effet certains comportements ne sont pas cohérents, et les paroles des uns peuvent apparaitre contraires à leurs propres actes. Tout ceci s'explique par la théorie de la relativité générale socialiste. Nul besoin d'être doué en physique pour la comprendre, il suffit de 5 minutes.

Les évènements socialistes montrent un phénomène étrange:  Certains ont des référentiels variables. Ce qui est blanc localement, peut être gris, noir, jaune ou bleu ailleurs. Et ses dimensions peuvent changer, même l'espace et le temps changent. Tout cela est sans doute impacté par la déformation locale de la gravité (des débats) que provoque les éléphants et autres amas d'apparatchiks en goguette.

De même l'indignation des socialistes est-elle aussi soumise à ces référentiels variables, qui font qu'une remarque dans un sens prendra 1000 fois plus d'importance dans un autre. Tout dépend de l'observateur. Il modifie la perception de l'espace et du temps autour de lui !
Voici donc l'explication de plusieurs axiomes du théorème de la relativité générale socialiste.


les enjeux locaux ne sont pas les mêmes que les enjeux nationaux


Premier exemple de relativité et de variance des référentiels. Ici l'univers socialiste est tellement courbé par la masse de l'éléphant ou des apparatchik que tout est déformé. Ce qui est valable localement, ne l'est pas au niveau national. Mais cela implique qu'on n'en revienne au modèle "classique" du PS : 80 000 élus locaux, 40 000 candidats et 40 000 militants dépendants d'un élu local .. Cela fait en gros 160 000 membres, qui servent des intérêts locaux . Une sorte de SFIO municipales, avec quelques exceptions, des trous "blancs" ou la chose SFIOesque est expulsée de l'univers local. On appelle cela le syndrome "ORLY". C'est une exception à l'axiome.
Dans tous les cas, les enjeux locaux sont bien plus importants pour le petit chef local: Il a une troupe à entretenir et celle-ci assure en retour son contrôle de la chose socialiste locale. Chose plus compliquée au National, la cour des comptes veille. Localement, les référentiels de contrôle sont eux aussi impactés par la masse du gros truc. La presse locale n'est pas la presse nationale par exemple, voilà une preuve de la véracité de l'axiome, vous ne pensez pas ? Tout ça lui permet de maintenir son petit système local dans un état stable, avec comme effet de bord, le bétonnage de la démocratie locale.
Donc au local on accepte de s'allier au MoDEM, mais pas au national. Ceci permet de garder dans ce référentiel une pureté de gauche tout relative, mais elle peut faire illusion dans l'univers socialiste. Le diable local Modem est éloigné du paradis socialiste national.
Dans certains cas, la masse de l'éléphant est telle qu'on assiste à l'apparition d'un trou noir socialiste, zone où les élus perdent partie de leurs attributs tout en respectant le dogme. C'est ainsi que dans les Landes, le maire de Mont de Marsan proche du trou noir Emmanueli a perdu son "cumul des mandats" grâce aux électeurs. Ceci est un effet de bord du trou noir Socialiste : il purifie les socialistes des alentours, et élimine les scories néfastes mais peut être dangereux. le changement de spin du cadre socialiste provoque en effet des émissions de radiations dangereuses pouvant provoquer des réactions secondaires au niveau des électeurs: diminution de la participations, défaites imprévues alors que les autres gagnent...
Mais bien sûr les défaites nationales font le succès local. C'est une conséquence du premier axiome. On gagne localement, avec un enjeu local, et on perd au niveau national. Tout cela dans la joie et l'allégresse. Cela permet par exemple à certaines fédérations locales d'offrir 17 000 euros de petits fours et vins lors d'un congrès fédéral... avec les économies des précédentes élections nationales.

On propose d'appeler les démocrates et les républicains de progrès à nous rejoindre, pas à gouverner avec eux


"Rejoindre"  à pour synonyme "réunir" dans votre dictionnaire, mais n'a pas le même sens dans l'univers socialiste.
Ce n'est pas grave, les démocrates et les républicains de progrès  vont se réunir avec les gloires socialistes localement, ils vont réclamer au moins une C6 de fonction et un titre quelconque. Ça se passe toujours comme ça au niveau Local. Mais en vertu du premier axiome, le national ne se comporte pas de la même façon: Ils servent juste pour gagner l'élection, on ne partagera rien avec eux une fois l'élection gagnée. Cela implique bien sûr de raisonner en terme de vote au canon national: En un seul claquement de doigt, la masse des bisounours se trouve attirée par la star nationale du PS, et il n'y a plus aucun trou noir socialiste . Tout le monde est content, youplaboum, les lendemains qui chantent etc... L'univers socialiste devient stable. Du moins en théorie. Il implique de prendre pour des cons un gros groupe d'électeurs: Votez pour nous, merci et à bientôt. Le plus drôle, c'est que cela peut vous être expliqué par des experts en communication politique qui vous expliquent par ailleurs qu'il faut parler à l'intelligence des electeurs.
Nous, les vilains adeptes d'une vision alternative,  on propose d'y aller de manière plus fine. On les mets devant le fait accompli, pour provoquer le débat et donc captiver l'attention de leurs électeurs et les convaincre. Et on prend le même processus pour les Alter et NPA, et le conglomérat Vert-Alter qui va apparaitre à l'occasion des européennes et des régionales. Et ce truc là va bien faire chier le PS , ça je vous l'annonce.  Ça va être comme Tapie du temps où Mitterrand voulait la peau de Rocard, sauf que là ils seront en roue libre.
On nous reproche la sortie de Peillon sur le contrat de gouvernement. ( qui ferait un très bon premier secrétaire pour ceux qui nous reproche cette histoire d'alliance, voilà un bon exemple de cohérence non ? ). Celui ci propose de faire au national ce que d'autres font localement. Pour partir par exemple des réussites locales et les transformer nationalement sur la base de notre programme .

Sous réserve de sortir de l’ambiguïté et en déclinant ses bonnes intentions en propositions concrètes. Lorsqu’il dit : il faut « une Europe indépendante et forte », veut-il réguler la mondialisation ? Il se déclare favorable à un développement économique soutenable fondé sur l’intelligence, la recherche et l’éducation, et à une répartition la plus juste possible des richesses.(..)
Si l’on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement.De quoi former un nouveau camp des progressistes, attaché notamment aux progrès démocratiques, économiques et sociaux dans un pays où la pauvreté augmente, où les protections sont mises à l’encan et où les services publics, comme la Poste, sont durement attaqués.


Il s'agit donc de mettre le MoDEM devant le fait accompli, et parler à leurs électeurs en même temps. Je rappelle que Bayrou a obtenu les votes de 6 millions d'électeurs au premier tour en 2007, alors que Jospin n'avait convaincu que 4,2 Millions d'électeurs en 2002. Ces 6 millions là, il faudra aller les chercher un par un, et donc commencer le plus rapidement possible et en même temps rassembler la gauche , les verts... d'ailleurs ces derniers sont en phase de mutation ( cf ce que j'ai écrit plus haut).
Ca va être extrêmement complexe. Comme une d'entre elle l'explique facilement, le modem c'est des ex-UDF, des Cap21, des ex-adhérents PS, des ex-adhérents verts, des ex-non encartés, des associatifs ... Alors oui, effrayez les 6 millions de bisounours, et préparez vous un à 2nd tour Bayrou-Sarkozy pour vous habituer à porter à nouveau une pince à linge. A défaut de ne pas savoir les charmer, ils se vengeront des comportements de certains.  Ça sera le bordel dans l'univers socialiste, les trous noirs et trous blanc se rejoindront dans une explosion de militants. Une sorte de big-Bang Rocardien 20 ans plus tard, sauf que là le corps électoral a évolué dans un sens pas du tout prévu par nos experts es-élections socialistes....
Le problème supplémentaire c'est qu'expliquer cette conception aux adeptes de la théorie de la relativité socialiste générale , vous transforme aussitôt en fou. C'est presque comme les Monty Python, on invente une façon de transformer n'importe qui en sorcière ou cinglé. Il suffit de l'accuser de vendre les bijoux de famille socialiste au MoDEM.

La cohérence en politique, la faille !

Oui, c'est bien ce que je disait : Il y a des référentiels variables pour l'indignation et les valeurs politiques ou alliances.
Les électeurs ne sont pas cons, ou plutôt , de moins en moins. Ils demandant de la cohérence, vous savez le gros mot qui exaspère les experts de la politique quand on les met face à leur contradictions. On va démontrer que la cohérence dans le système , permet de démonter complètement la relativité générale socialiste... En gros de le faire turbuler, et de le réduire à un tas de concepts fumeux.
Vous vous souvenez aussi du truc qu'on a entendu de nombreuses fois après 2002 : vous annoncez des trucs et une fois élus vous faites le contraire. Et oui l'électeur moyen a compris la relativité du discours socialiste dans le temps, et la relativité des actions.
Pour justifier à l'époque un vote non-Jospin au premier tour, combien d'électeurs ont voté Taubira, Chevenement, Vert ( je sais plus le nom du candidat , il a changé en cours), Facteur ou Arlette... par ce que la cohérence du projet Jospin ne leur semblait pas évidente, le même Jospin pouvait lui même être incohérent et expliquer à haute altitude que Chirac était vieux usé et fatigué, et expliquer le contraire au sol. La relativité socialiste est en effet valable dans l'univers classique, le comportement de l'éléphant n'est pas le même au sol, à 4000 m d'altitude ou à 3 m de hauteur dans un meeting.
De nos jours, on a le même problème de non-cohérence des élus PS qui à Paris dénoncent le capitalisme financier qui étrangle tout le monde.. et qui dans leurs collectivités locales ont placé le fric de la ville dans des produits dérivés. On ne va pas donner de noms pour ne pas énerver X, Y ou Z, mais beaucoup en ont croqué, y compris des maires communistes.
Je me souviens avoir entendu Maxime Pisano, expliquer à Ségolène Royal, qu'il regrettait que les expériences des collectivités locales n'étaient pas prise en compte dans le projet du Parti Socialiste, et parlait de laboratoire local. La vidéo est toujours en ligne.  Mais cela revient à faire exploser la théorie de la relativité générale socialiste : les expériences locales peuvent être étendues au niveau national alors ?


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